Pierre Ogoudjobi ou la passion des arts martiaux

Il aurait pu poursuivre son périple dans l'enseignement ou dans la technique industrielle en Côte d'Ivoire. Mais le destin en a décidé autrement.
07 Jan
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Alors Directeur Technique de la Fédération béninoise de Taekwondo , Maître Pierre Ogoudjobi est l’un des rares Africains à se ménager une place de choix dans la cour des grands. Jamais un Béninois n’a autant passionnément adoré un sport au point d’en faire une religion. Et pour cause : le taekwondo a imprimé à ce sportif de haut rang un rythme et une manière de vivre tout particulier de sorte qu’il y consacre le plus clair de son temps. Son parcours est très élogieux et marqué d’une multitude de distinctions.

L’homme et ses honneurs

Né le 20 avril 1949, le plus « Coréen des Béninois » porte ses 65 kg avec aisance et enseigne les techniques de la discipline du haut de ses 169 cm. Expert de la Fédération mondiale de Taekwondo et Maître référencé depuis 1998, Pierre est ceinture noire 6è Dan en taekwondo et ceinture noir 4è Dan en judo. Il est aussi Maître principal de l’ Union africaine de taekwondo (Uat) . Il est aussi instructeur international première classe et arbitre international 2ème classe.

Son expérience et son entière disponibilité à promouvoir le taekwondo lui ont valu une pléiade de distinctions tant sur dans son pays que le sur plan international. Dans son pays natal, le Bénin, neuf ministres des Sports et autant de Chefs d’Etat major des forces armées lui ont témoigné leur reconnaissance en lui adressant chacun une lettre de félicitations pour sa contribution inestimable à la bonne marche de cette discipline sportive. En août 2000, il a été répertorié parmi les 40 personnalités qui ont marqué les 40 ans d’indépendance de son pays avant d’être élevé au rang d’officier dans l’ordre de mérite. En Afrique et en Côte d’Ivoire notamment, cet éminent sportif a été gratifié d’une décoration au titre d’officier de l’ordre de mérite sportif par feu le Président Félix Houphouët-Boigny .

Le continent noir n’a pas été le seul à reconnaître les mérites de l’homme. Ainsi, deux décorations lui ont été également décernées par les Nations Unies avec agrafe pour les méritants et loyaux services d’encadrement et de formation tant civile que policière rendus en Haïti. Le Comité international olympique (Cio) et l’ Unesco ne sont pas restés insensibles aux qualités exceptionnelles du Maître qui s’est vu délivrer un diplôme d’honneur, une médaille et une distinction internationale par la première institution dont la raison se justifie par des services éminents rendus à l’éducation physique et au sport pour tous et pour la vulgarisation du taekwondo et du judo en faveur des jeunes. Quant à la deuxième institution, elle l’a élu parmi les cinq dirigeants du siècle (1900-2000).

A l’origine était un homme

L’on ne saurait évoquer l’historique du taekwondo au Bénin sans se référer à Maître Ogoudjobi qui en est le véritable pionnier. Cet ancien élève et assistant du Maître Coréen Kim Young Tae (10ème Dan) a fait de cette discipline ce qu’il est aujourd’hui, non seulement en l’introduisant au Bénin mais aussi et surtout en se battant pour assurer son enracinement et son rayonnement. Ses premières actions ont été d’ouvrir des clubs de taekwondo et de judo en se fixant pour objectif la formation d’une élite digne de ce nom. Puis, lui est venu l’idée de la décentralisation de l’art avec la création et l’animation des clubs annexes dans chaque département et qu’il a appuyés financièrement et matériellement. Par la suite, il a envisagé d’organiser des compétitions, parfois sur fonds propres.

Elu cumulativement président des fédérations béninoises du taekwondo et du judo en 1986, Pierre déposa le tablier par deux fois avant de réussir à structurer le taekwondo et à le doter de huit ligues. Avec sa reconnaissance comme sport universel lors des jeux olympiques de Séoul, cet art a été admis à l’Institut national des sports du Bénin en 1988-1989 où Pierre dispense les cours dans les domaines du savoir théorique et du savoir-faire (pratique). Mieux, il encadre et enseigne le self-control à l’école de police et de gendarmerie nationale du Bénin depuis que cette discipline a connu un démarrage effectif au sein des composantes des forces armées béninoises.

Avec la création de son institut sis au centre de promotion artisanal, il promeut la pratique de ce sport chez les femmes à partir de 1995 en ouvrant le premier club féminin bénévole avec, en prime, la prise en charge des matériels et équipements et sans aucune contrainte financière. Chaque année, et de façon régulière, la fédération organise les différentes activités dont les championnats nationaux, la coupe du Bénin, les championnats des jeunes talents, les diverses coupes, les diverses compétitions internationales, des stages de perfectionnement des gradés et des arbitres et des examens de passage de grades.

Autant dire que Pierre est pour le taekwondo au Bénin ce que l’Américain David Barish est pour le parapente surtout que c’est grâce à lui que cette discipline a été la première au Bénin à être qualifiée aux jeux olympiques de Sydney en 2000. Pourvu que Stanislas et Moloïse , deux de ses fils, puissent vaillamment lui emboîter le pas afin qu’ils puissent dignement s’identifier par leur géniteur.

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