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ANNE MOREL

Publié dans : Les articles Politique Société & Médias de Anne Morel

L'afffaire le Couviour en appel le 14 mai 2013

Deux des accusés, condamnés à de lourdes peines pour un cambriolage qui aurait mal tourné, font appel.

En avril 2009, Annette Le Couviour, 75 ans, épouse du multimillionnaire Eugène Le Couviour, nonagénaire, trouvait la mort par étouffement dans sa maison de Grand-Champ (Morbihan) au cours de ce qui apparaissait au premier abord comme un cambriolage ayant mal tourné.

Rapidement, deux hommes étaient arrêtés: Wencesla Lecerf, un chauffeur routier qui exerçait aussi la profession de portier de nuit, et Guénolé Madé, un titulaire d'un CAP de menuiserie vivant de petits boulots. Ceux-ci avouaient un assassinat commandité par Josiane Le Couviour, belle-fille de la victime, par l'intermédiaire de son jardinier, Loïc Dugué, avant de revenir sur leurs aveux pour évoquer finalement la thèse d'un cambriolage qui aurait viré au drame.

À l'issue d'un procès qui a tenu en haleine toute la région - Eugène Le Couviour est un enfant du pays qui, issu d'un milieu modeste, s'est enrichi dans les affaires, a été maire de sa commune et conseiller général -, les quatre accusés ont été condamnés par la cour d'assises du Morbihan à des peines de huit à dix-huit ans d'emprisonnement, bien que la thèse de l'assassinat ait été définitivement écartée.

Un cambriolage qui aurait mal tourné

Josiane Le Couviour et Guénolé Madé, condamnés chacun à 15 ans de prison, ont fait appel de la décision afin que ces peines soient revues, car elles apparaissent en effet très lourdes au regard de la qualification finalement retenue.

Revenons sur les faits: dans la nuit du 9 au 10 avril 2009, Eugène Le Couviour et sa femme sont agressés chez eux. Annette Le Couviour est retrouvée bâillonnée, le visage couvert de scotch, elle a cessé de respirer. La police n'a aucune piste, mais un homme qui s'est montré un peu trop bavard est dénoncé par ses proches et rapidement arrêté, ainsi que son complice. Avec les aveux de Lecerf et Madé, la police remonte jusqu'à Josiane Le Couviour, 60 ans, épouse du fils aîné d'Eugène Le Couviour.

Celle-ci prétend qu'elle ne voulait que s'emparer de documents testamentaires de ses beaux-parents, afin de connaître les intentions d'Eugène concernant sa succession.

Eugène est riche, très riche. Il a fait fortune en mettant au point les premiers lits médicalisés. En 1991, il a vendu sa société à une firme américaine, Hillebrand Ind., pour 58 millions d'euros. Il a immédiatement fait cadeau à chacun de ses trois enfants de 15 millions d'euros.

Mais Eugène Le Couviour a divorcé pour épouser en 1983 son amour de jeunesse, Annette, qui a elle-même des enfants. Les deux fils et la fille d'Eugène s'inquiètent de savoir si leur belle-mère ne serait pas susceptible de capter l'héritage d'Eugène en faveur de ses propres enfants. Les deux aînés ont travaillé aux côtés de leur père, ils estiment avoir leur part dans la réussite de la société. Les discussions autour de la succession s'enveniment, Eugène rompt les contacts avec ses enfants en 2006.

Des peines très lourdes pour la qualification retenue

Josiane Le Couviour aurait alors imaginé s'emparer des documents testamentaires et se serait adressée à son jardinier afin de trouver des "hommes de main".

Elle n'aimait pas sa belle-mère et ne s'en cachait pas. Elle désapprouvait ses dépenses et sa façon de vivre. Mais elle a toujours affirmé n'avoir pas eu l'intention de la tuer.

Mais alors pourquoi n'avoir pas profité d'une absence des ses beaux-parents? Josiane Le Couviour prétend qu'elle ne savait pas qu'ils étaient présents le soir du 9 avril 2009, mais il aurait été facile de le vérifier. Et pourquoi voler des documents testamentaires puisque, une fois le cambriolage découvert, les dispositions auraient probablement été changées?

Maître Dupond-Moretti, avocat des enfants d'Annette Le Couviour, n'a pas manqué de le souligner: le projet de Josiane Le Couviour "n'avait de sens que si Annette mourrait".

«Nous allons en appel pour contester la sévérité de la peine et le chef de complicité de séquestration», justifie Me Fillion, l'avocat de Josiane Le Couviour.

À propos de l'auteur

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ANNE MOREL

Correctrice-rédactrice avec une formation initiale en droit
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