Concentration : doper son cerveau sans médicament

Face aux psychostimulants de l'industrie pharmaceutique, il existe des techniques simples et sans danger.
21 Août
80

La plupart des psychiatres sont désormais d'accord : les psychostimulants tels que les amphétamines, la Ritaline ou le Modafinil ont des résultats bien peu intéressants au regard des effets secondaires (risque de dépression et de dépendance notamment) qu'ils peuvent entraîner. La chaîne franco-allemande Arte propose actuellement un reportage intéressant sur le dopage du cerveau qui parvient finalement à cette conclusion : pour un effet rapide et sûr, mieux vaut un bon café qu'un psychostimulant prescrit par son médecin...

Pas de médicament sans effet secondaire

Le Dr Klaus Lieb , psychiatre aux universités d'Ulm, Tübingen et Los Angeles, a fait une expérience sur des joueurs d'échecs, à qui il a fait prendre des amphétamines. Loin d'améliorer les résultats des grands joueurs, ces médicaments ont entraîné une baisse de leurs résultats. Car le jeu d'échecs fait intervenir le savoir mais aussi la créativité. Celle-ci peut-elle réellement être améliorée par des médicaments ? Certains, comme le Dr Allan Snyder , de l'université de Sidney, le pensent, mais les recherches sur ce point n'en sont qu'à leur début.

En réalité les psychostimulants agissent au niveau des synapses, zones de contact entre les neurones. La dopamine est un neurotransmetteur, une molécule chargée de transmettre l'information entre les neurones via les synapses. Elle intervient dans les sensations de désir et de plaisir (ce qui peut expliquer le risque d'addiction quand sa sécrétion est augmentée par les amphétamines). Le but des chercheurs est d'améliorer la transmission des signaux en augmentant le passage de la dopamine.

Les médicaments ne sont pas le seul moyen d'y parvenir, heureusement. On a pu ainsi démontrer que des techniques comme la méditation permettaient de développer de nouvelles connexions ou synapses entre les neurones existants : les ramifications neuronales sont ainsi plus diversifiées, et la «matière grise» est alors augmentée.

La méditation augmente la dopamine dans le cerveau

L'entraînement régulier à une technique (méditation, violon, jonglage...) entraîne un épaississement de la matière grise qui peut être mesurée par une IRM. En ce qui concerne la méditation, un entraînement régulier conduit à une modification de la matière grise au bout de six semaines seulement, comme l'a démontré le Dr Ulrich Ott , de l'université de Giessen, spécialiste de la question.

Les moines bouddhistes n'ont pas besoin d'une image en 3D pour être convaincus des bienfaits de la méditation.

Il existe plusieurs méthodes de méditation, la plus simple et la plus accessible consistant simplement à répéter un mot ou une pensée unique (paix, équilibre, etc.) dans un lieu calme à l'écart de l'agitation. C'est ce qu'on appelle la méditation-relaxation. Chasser les autres idées qui pourraient se présenter, se reconcentrer sur la première fait aussi partie de l'exercice. Peu à peu le cerveau se détend et se débarrasse des détails qui peuvent entraîner un stress même léger. On peut commencer par dix minutes par jour, l'idéal étant d'atteindre une trentaine de minutes par jour. Il existe aussi une méditation des pleurs, pour faire sortir sa tristesse, mais on peut lui préférer la méditation du rire , excellente pour entamer une bonne nuit (et on ne dira jamais assez l'importance du sommeil sur la concentration) !

Sur le même sujet