« Cook surfing » : les « Césarines » italiennes à la pointe

Elles servent chez elles des plats typiques italiens dans le cadre de l'association Home Food
26 Juil

Vous partez pour l'Italie et avez envie de goûter un plat typiquement romain, ou toscan, ou sicilien... Bien sûr, les guides vous recommandent des restaurants aux menus tous plus alléchants les uns que les autres, mais vous rêvez d'authenticité, de traditions, d'ingrédients choisis avec soin. Pourquoi ne pas recourir au «cook surfing» (comme d'autres recourent au «couch surfing» pour se loger chez l'habitant) et aller dîner chez une Césarine ? Il vous suffit de vous rendre sur le site de l'association Home Food *, d'aller sur la page des Cesarine (prononcer «tchézariné»), d'entrer le nom d'un plat, ou de la région dans laquelle vous comptez vous rendre, pour trouver «votre» Césarine.

Des recettes transmises de mère en fille

Si vous tapez «crostini», par exemple, le site vous proposera de vous rendre dans le Lazio, en Toscane ou en Sicile. Les « crostini » ce sont ces petites tranches de pain grillé servies à l'apéritif avec différentes variétés de fromages, de viandes ou de légumes, un peu d'huile d'olive et des herbes aromatiques. En Toscane ils sont servis généralement avec du pâté de foies de volailles assaisonné avec des câpres ou des anchois. Pour une cuisine plus raffinée, une Césarine choisira de diminuer la quantité de câpres pour introduire un peu de Marsala ou du vin blanc au moment de la cuisson de la viande. Dans le Lazio, à Rome, on ajoutera au pâté du vin blanc, du parmesan et de la noix muscade. En Sicile, le pain sera plutôt recouvert de l'équivalent de notre tapenade...

Toutes les régions d'Italie ont leurs Césarines

Si vous connaissez déjà votre destination, vous pouvez trouver l'adresse de votre Césarine en fonction de la région puis de la province dans laquelle vous comptez vous rendre, par exemple, en Toscane, à Sienne, vous pourrez goûter la « panzanella », un plat extrêmement simple mais délicieux, à base de pain et d'huile d'olive, d'oignons rouges et de basilic frais, puis des pâtes aux courgettes et un lapin au fenouil sauvage... À moins que vous ne préfériez le « maiale ubriaco » («cochon ivre mort»...), plat typique de la région de Sienne, puisque la viande est braisée au Chianti et l'animal fourni par le descendant d'une célèbre «dynastie» d'éleveurs de porcs de la région.

Car l'avantage de ce type de restauration réside aussi dans le choix des produits –locaux, artisanaux, régionaux–, par des cuisinières dont le savoir a été transmis par une mère, une grand-mère ou une tante et qui ont gardé à jamais les goûts et les odeurs de la cuisine de leur enfance. C'est une des conditions pour devenir une hôtesse. L'autre condition étant de passer avec succès l'entretien et le test proposés par l'association et de régler une cotisation annuelle de 35 euros.

Des produits élaborés puis choisis avec amour

La cotisation est la même pour le client, qui doit lui aussi devenir membre de Home Food. Pour le repas, il faudra compter environ 40 euros par personne. L'association a déjà 7 ans d'existence et compte environ 500 adhérents. Elle attire beaucoup d'Italiens qui souhaitent mieux connaître leur patrimoine culinaire, les Japonais et les Américains sont aussi très tentés par la formule proposée, mais les Français ne représentent que 5% des étrangers**, peut-être parce qu'ils pensent avoir la meilleure cuisine du monde...

L'association est fière de son succès et présente sur son site des vidéos de reportages du monde entier. Les Césarines ont accepté de donner quelques recettes, sachant parfaitement que nul ne saura les réussir comme elles...

* L'association est soutenue dans sa démarche par le ministère italien de l'Agriculture et l'université de Bologne.

** Chiffres tirés de l'émission Carnets du monde sur Europe1.

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