Les promesses de la viande artificielle

Un nouveau rapport met en lumière les avantages écologiques de la recherche sur la viande obtenue en laboratoire
22 Juil

La méthode est simple en apparence : on prélève quelques cellules vivantes sur un porc – les myolastes – , on les dépose dans une boîte de Petri au milieu d'une solution nutritive, un solution de produits dérivés du sang de fœtus d'animaux – les chercheurs voudraient mettre au point une solution synthétique –, on place la boîte dans une étuve à 37° et on obtient de la viande de porc... En réalité, bien sûr, les choses sont un peu plus compliquées, mais la recherche avance à grand pas.

Nourrir 9 milliards d'habitants

Le magazine allemand Süddeutsche Zeitung a consacré un article récent à la viande artificielle, en mettant en lumière les travaux dans ce domaine de l'université d'Endhoven. Mais le Sunday Times avait déjà évoqué les travaux du professeur Mark Post de cette université dans un article de novembre 2009. La recherche pense obtenir des résultats satisfaisants vers 2015/2016, et la viande artificiellement obtenue devrait faire partie de notre quotidien alimentaire dans une quinzaine d'années. Sachant que les besoins en viande de la planète devraient doubler d'ici 2050, on peut comprendre l'intérêt de la recherche. Et si le journal anglais The Gardian évoque de nouveau ces avancées, c'est parce qu'un récent rapport – que seul Le monde.fr semble avoir repris dans un de ses blogs, comme si la presse française attendait des résultats plus probants –, émanant des université d'Oxford et Amsterdam, met en avant tous les autres intérêts, notamment écologiques, d'une viande obtenue en laboratoire.

Réduire les gaz à effet de serre

À l'origine, donc, il s'agissait de lutter contre la faim dans le monde et de nourrir une planète de neuf milliards d'habitants en 2050, en limitant les élevages massifs et les massacres d'animaux. Il apparaît aujourd'hui que la production de viande artificielle présente de nombreux avantages sur le plan écologique, selon le rapport cité plus haut :

  • les élevages produisent des gaz à effet de serre que le recours à la recherche permettra de réduire de 96% ;
  • ils utilisent une très grande quantité d'eau qui pourrait être désormais économisée ;
  • ils sont source de pollution des sols et des nappes phréatiques.
New Harvest

Le futur arrive dans nos assiettes

Du côté des végétariens, on se réjouit qu'il puisse être mis fin au massacre des animaux, mais on aimerait que le consommateur soit averti de l'origine de la viande qui lui est présentée. Bruxelles encourage le travail des laboratoires en avançant des arguments humanitaires sur lesquels certains, comme Marianne2.fr , émettent des doutes ...

Quoi qu'il en soit, la recherche se poursuit, sous l'œil bienveillant de l'industrie alimentaire : à Eindhoven, les fonds pour la recherche sont venus en partie d'une firme hollandaise produisant des saucisses.

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