« Super 8 » de J. J. Abrams : un E.T. sous extasy

J. J. Abrams fait revivre les années 70 sous l'œil de son maître Spielberg
28 Juil

Tout comme les héros de son film, qui se déroule en 1979, Abrams a commencé à tourner des petits films en super 8 dès l'âge de 8 ans. À 15 ans, il en a présenté un, tourné avec son copain d'enfance, Matt Reeves (devenu réalisateur lui aussi) à un festival de films en super 8, et Kathleen Kennedy, l'assistante de Spielberg , a bien aimé leur travail. Elle leur a demandé de restaurer les films que Spielberg avait tournés, enfant, dans le même format. Abrams et Reeves ont évidemment accepté.

Dans son dernier film, Abrams – qui depuis a réalisé de nombreux films et séries, comme Lost – a voulu rendre hommage à tous ces jeunes qui tournaient comme lui, avec une caméra empruntée à leur père, des petits films, en espérant trouver assez de copains pour accepter de porter le matériel et de jouer un petit rôle, et ne pas être envoyés par leurs parents durant toutes les vacances d'été réviser leurs maths dans un camp pour ados... Spielberg a accepté de produire le film, et il a tenu à participer à son écriture et à la préparation du tournage.

Les belles années de la Super 8

Le héros de l'histoire, Joe Lamb, est un jeune ado qui vit dans une petite ville industrielle de l' Ohio , aux États-Unis. Sa mère vient de mourir brutalement, et il se retrouve seul avec son père, sherif-adjoint. Heureusement, il a un copain apprenti-cinéaste qui a constitué une bande autour de lui pour réaliser un petit film en super 8 sur des zombies... Une nuit, ils se rendent tous au bord d'une voie ferrée pour profiter du passage d'un train qui rendrait une de leur scène plus attrayante, et ils assistent au déraillement spectaculaire d'un train de marchandises. Sous le choc, ils réalisent que ce n'est pas un accident, c'est leur professeur de biologie qui a provoqué le déraillement. Celui-ci demande aux jeunes gens de ne parler à personne de ce qu'ils ont vu, car ils mettraient ainsi leur vie en danger.

L'armée intervient pour remettre de l'ordre, et tient la police locale à distance. Mais des incidents très inquiétants se produisent dans la petite ville jusque là si tranquille. Des objets métalliques volent puis disparaissent, des chiens disparaissent à leur tour, puis certains habitants. Le courant électrique est perturbé. Joe Lamb et ses amis voudraient bien trouver le fin mot de l'histoire, mais l'armée les en empêche.

Alien plutôt qu' E.T.

Sans tout révéler, il y a derrière tout cela une histoire d'extra-terrestre comme Spielberg les aime. Mais la «créature» de Super 8 n'a pas grand chose à voir avec le gentil E.T. qui guérissait les plaies, redonnait vie aux plantes et promettait à Eliott de rester toujours avec lui (mais non, il n'a pas marché sur l'eau...). La guerre en Irak est passée par là... Joe et ses copains sont par contre assez proches d'Eliott, ils se déplacent à vélo, font preuve d'une certaine inconscience et tiennent tête à l'autorité (l'armée américaine, dont on peut dire qu'elle en prend - une nouvelle fois - "pour son grade", si on peut dire...). D'autres scènes ne sont pas sans rappeler Indiana Jones ou La guerre des mondes, dont Spielberg tourna une nouvelle version en 2005. On notera par ailleurs que l'action se situe dans l'Ohio, comme c'était le cas pour Rencontres du 3e type , film dans lequel le passage d'un OVNI entraînait déjà des phénomènes inexplicables.

Ceci dit, si les effets spéciaux sont très réussis (Spielberg a fait appel à Dennis Muren , qui avait déjà travaillé sur E.T., Indiana Jones et le Temple maudit, Jurassic Park, La guerre des mondes ... et qui a reçu 6 Oscars pour ses réalisations), l'écriture n'a pas été négligée pour autant, ni le casting, et les jeunes acteurs, notamment Joel Courtney (Joe) et Elle Fanning (que l'on a pu voir dans Somewhere de Sofia Coppola ou dans L'étrange histoire de Benjamin Button , de David Fincher, et qui n'est autre que la petite sœur de Dakota Fanning, qui jouait dans La guerre des mondes , tient ici le rôle de la seule fille de la bande, Alice) savent faire passer les sentiments dans un simple échange de regards.

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