CV : partir à l'étranger... ou pas ?

Quitter la France pour étudier à l'étranger permet, en général, de garnir son CV. Ce n'est cependant pas l'avis de tous les recruteurs.
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Expérience hors de la France = vacances ? Contrairement aux idées reçues, les têtes pensantes du recrutement français associent bel et bien les deux parties de l'équation. Car, c'est bien l'étiquette de « l'étudiant vacancier » que certains directeurs de ressources humaines collent à celles et ceux accumulant ces expériences à l'étranger. Beaucoup d'étudiants, comme David, ont cru bon de mentionner l'une d'elles dans leur curriculum. « Lors de mon entretien d'embauche, le patron m'a fait comprendre que mon année en Australie n'était pas forcément un gage de réussite. Pour lui, j'avais passé une année sabbatique. Et je n'ai pas été pris... ». Alors, partir à l'étranger n'est-il pas compatible avec son CV ? Rassurez-vous, la réponse est « bien sûr que si » !

Une fermeture d'esprit minoritaire

Curriculum vitae signifie « parcours de la vie » en latin. Il représente donc un document incluant ses expériences professionnelles, scolaires ET personnelles. Quelques recruteurs peu ouverts d'esprit semblent donc oublier qu'un CV n'est pas qu'un listing de tâches effectuées dans telle ou telle entreprise. Cela peut expliquer ce qu'on appelle « la fuite des cerveaux » vers l'extérieur. Dans L'étudiant.fr, Isabelle Grevez, spécialiste du recrutement, réaffirme l'importance d'une expérience internationale y compris si ce sont des petits jobs. « Toute expérience à l'international, même courte, doit être valorisée dans un CV ».

Partir à l'étranger ? Tout bénef pour le CV !

Selon une étude relayée par La Provence, les étudiants partis une ou deux années à l'étranger disposent d'un avantage sur les autres dans la mesure où il est indispensable de maîtriser une ou plusieurs langues étrangères aujourd'hui. A 22 ans, Marion a quitté l'hexagone pour une expérience comme jeune fille au pair près de New York. Et la jeune française n'hésite pas à critiquer l'attitude de ces recruteurs. « Comment les patrons peuvent être aussi réducteur ? On ne grandit pas en restant chez soi, partir à l'étranger permet de prendre en maturité, devenir plus indépendant mais aussi de découvrir une autre culture ».

En finir avec les clichés...

Alors, trop frileux les recruteurs français ? Pas tous bien évidemment. Mais, même s'ils ne représentent qu'une minorité, il serait bon de rappeler aux principaux concernés que l'équation « expérience à l'étranger = étudiant vacancier » demeure un dangereux amalgame pour une classe d'âge qui, doit, de plus en plus, trouver les meilleurs moyens possibles d'étoffer leur « parcours de la vie ».

Sources :

« Le syndrome du CV cocotier », Damien Bouhours, http://www.armees.com/retour-en-france-le-syndrome-du-cv-cocotier,38629.html .

« Qu'apporte une formation internationale? », Isabelle Tourné, http://www.letudiant.fr/etudes/international/formations-internationales.html

« Etudiez à l'étranger et prenez une longueur d'avance », La Provence, http://www.laprovence.com/article/orientation-formation/etudiez-a-letranger-et-prenez-une-longueur-davance

« Curriculum vitae: Les expériences à l'étranger sont-elle vraiment un plus ? », Céline Masfrand, http://www.20minutes.fr/article/759938/curriculum-vitae-experiences-etranger-sont-elles-vraiment-plus#commentaires

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