Manuel Valls, la surprise des primaires socialistes ?

Au cours du 2e débat diffusé ce mercredi sur I-Télé et LCP, Manuel Valls s'est montré à son aise même si ses chances de l'emporter restent minimes.

Il n'a rien à perdre. A l'instar d'Arnaud Montebourg, Manuel Valls souhaite profiter de ces primaires socialistes pour se montrer, plus que pour l'emporter. Objectif 2017, donc. Car, comme son collègue, il reste dans l'ombre du grand favori, François Hollande, de la secrétaire nationale du Parti socialiste, Martine Aubry, et de la perdante de la dernière présidentielle, Ségolène Royal. Seul moyen de se démarquer de ses « amis » socialistes, les débats télévisés.

Une étiquette à droite du PS, sa principale faiblesse

Crédité de quelque 5% des intentions de vote par les sondages, le maire d’Évry voit sa cote grimper grâce à ses récentes prestations face aux téléspectateurs. « Je vais préparer de manière très concentrée ce second débat », avait-il prévenu avant la tenue de cette 2e confrontation. Étiqueté à droite du PS et spécialiste de la sécurité, le natif de Barcelone s'est montré, comme à son habitude, très offensif. Il n'hésite pas à rappeler aujourd'hui qu'il « partage les mêmes valeurs que ses camarades » avant que son rival Montebourg ne le titille sur sa prétendue proximité politique avec le gouvernement actuel. « Tu n'as pas le monopole de la gauche, Arnaud ! », rétorque-t-il.

Un discours offensif et prudent à la fois

L'une des particularités de Manuel Valls, c'est sa manière de ne pas faire fi du contexte économique actuel, tranchant grandement avec les promesses de certains autres candidats. « On ne pourra pas dépenser un euro supplémentaire sans que ce soit au détriment d'une autre politique publique», assène t-il d'emblée lors du débat. Prônant une augmentation des prélèvements obligatoires, il considère que le « désendettement est la première priorité ». Suffisant pour convaincre ?

Ses atouts : la sécurité et l'immigration

Dans un débat bien plus animé que le premier, le M. Sécurité du PS a livré une belle confrontation avec Arnaud Montebourg dans la partie économique et notamment sur la proposition de TVA sociale, volonté de Valls. Droit dans ses bottes, il marche sur du velours lorsque le débat se dirige sur les thèmes de la sécurité et de l'immigration, ses sujets de prédilections. Tout en fustigeant le mauvais fonctionnement de l'intégration sous Nicolas Sarkozy, Manuel Valls souhaite « réorganiser l'immigration » et veut des « critères plus nets ». Pour conclure ce débat, le candidat reste dans sa ligne en défendant des idées axées sur le désendettement et une restructuration de la politique de la sécurité.

Un passé original au service d'un avenir tracé ?

Fan du FC Barcelone, Manuel Valls demeure l'un des rares hommes politiques français à avoir obtenu la nationalité française avec Eva Joly, notamment. Né en 1962, il adhère au Parti socialiste dès ses 17 ans en soutenant Michel Rocard. Chargé de la communication sous Lionel Jospin (1997-2002), il se fait élire maire d’Évry en 2001. Dans une phase ascendante depuis, l'outsider ne veut pas griller les étapes. Promis à un bel avenir, il sort son petit livre rouge « L'énergie du changement » dans lequel il apporte des idées de changement pour la Gauche française. La suite nous dira s'il deviendra bientôt la machine à gagner du PS. Comme son club favori en football.

Sources :

I-Télévision

La Chaîne Parlementaire

Europe 1

www.leparisien.fr

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