Quand pirates et capitalisme naviguaient sur le même navire

2012, les pirates ne parcourent plus les mers mais surfent sur le Web. Pour autant, l'univers de Jack Sparrow et consorts continue de nous transporter dans

« Tous les trésors ne sont pas tous d’or et d’argent », Jack Sparrow. La formule a de quoi faire sourire, elle reflète pourtant la réalité autant dans le passé que dans le présent, y compris dans la fiction. Néanmoins, lorsque l’on parle de trésor, l’image d’une montagne de pièces d’or nous vient directement à l’esprit. Des aventures rocambolesques et héroïques à la recherche de ces trésors, les pirates en ont fait leur fond de commerce . Et ce, dès le XVIe siècle …

Le système pirate, un exemple évident de société capitaliste

À l’abordage ! Pirates, bandits sans scrupules, individualistes… Et capitalistes ! Il suffit de fouiller dans les livres d’histoire pour se rendre compte de cet étrange mariage maritime. Il faut dire que la piraterie fût un système très lucratif . Au XVIe siècle, l’Angleterre dû faire face à l’opposition grandissante des pirates jusqu’à les chasser des mers. Et pour s’y faire, des lois qui feraient passer nos plans de rigueur pour des régimes de trois jours imposèrent maints sacrifices sous peine de se voir condamner à mort. Dans un article aiguisé, Sylvain Lapoix pour owni nous explique que la Royal Navy imposa un « diktat du capitaine imperator » dans l’enceinte du bateau « ne répondant qu’aux ordres des actionnaires de sa compagnie ». Pour contrer ce système, les pirates nommèrent un chef démocratiquement . Ainsi, les butins « étaient répartis en parts égales redistribuées selon une charte fixée dans chaque bateau : une par marin, une et quart ou une et demi pour les officiers subalternes et une et demi à deux pour le capitaine et le quartier-maître ». Le duel fit rage mais certains surent profiter des avantages de ces pilleurs aquatiques.

L’Angleterre tira profit des méthodes pirates

L’épée entre les dents, les pirates britanniques attaquaient régulièrement et efficacement les navires espagnols revenant du Nouveau Monde plein d’or. Ce qui donna une idée à certaines sociétés anonymes britanniques qui investirent de l’argent sur tel navire et tel chef pirate. L’Angleterre a également bien compris que le business était juteux. Le pays engagea alors des pirates pour attaquer les bateaux ennemis, notamment à l’époque d’Isabelle II. Mais, ces pirates n’en étaient pas. Car, en réalité, ils n’oeuvraient pas pour leur propre compte mais pour celui de Sa Majesté . On les appelait les corsaires . Et les pièces d’or tombaient à l’eau et dans les poches de tout le monde. La capitalisme maritime connut sa première heure de gloire et tout le monde y trouva son compte.

La piraterie toujours à flots

De nos jours, les pirates existent toujours. Mais ils font un peu moins rêver. En 2009, l’International Maritime Bureau, l’IMB , a compté quelques 153 navires attaqués et 406 incidents. C’est plus que les années précédentes. Les actes de pirateries se focalisent sur la zone du Nord Est de l’Afrique mais aussi dans l’Océan indien et sur les côtes de la Somalie. Cette fois, ce ne sont plus les trésors et l’argent qui poussent ces hommes à piller les bateaux qu’ils croisent, mais plutôt la faim .

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