Responsabilité des intellectuels dans le débat public

La récente sortie malencontreuse de Luc Ferry pose la question de la responsabilité médiatique des intellectuels en France.

Une phrase, une bombe. C'est ainsi que l'on pourrait décrire les propos de Luc Ferry sur le plateau du Grand journal , ce premier lundi du mois de juin 2011. En racontant cet épisode qu'on lui aurait raconté "d'un ancien ministre qui s'est fait poissé à Marrakech avec des petits garçons", le philosophe a provoqué un tollé général. Mais est-ce le fait que l'ancien ministre se base sur les dires du Figaro Magazine ou d'un Premier ministre ou la possibilité que cela puisse être vrai qui choque l'opinion publique?

Une responsabilité intellectuelle

De par sa médiatisation, l'intellectuel jouit d'une très grande responsabilité à l'égard du débat public. Il ne peut pas dire n'importe quoi, n'importe où, car c'est la figure de l'autorité. Certains diront même qu'il représente davantage la société face à la connivence entre les journalistes et le pouvoir politique. Ainsi, tous les espoirs se portent sur ces hommes et ces femmes apparentés neutres. L'exemple de Luc Ferry répondant aux questions du remplaçant de Michel Denisot, Ali Baddou, est tellement représentatif de cette responsabilité qu'elle semble parfois devenir un lourd fardeau. Ainsi, tous les commentateurs sont tombés sur le philosophe en pointant du doigt sa fonction de "sage" balbutiée. Alors, l'obligation de ne pas faire de vagues à la télévision peut-elle empêcher des intellectuels de renom à réfléchir moins ?

Le danger de la médiatisation

La médiatisation des intellectuels ne signifie pas que ces derniers ont cessé de penser et qu'ils ont accepté la dictature de l'audimat et de la télévision. Aujourd'hui, être présent dans les librairies n'est plus aussi essentiel et efficace. Pour être visible, la télévision mêlée à la radio est indispensable. Si un intellectuel veut que les téléspectateurs viennent acheter son livre, il se trouvera dans l'obligation d'en faire la promotion sur petit écran. Car, le bouche-à-oreille ne fonctionne plus non plus hormis quelques rares exceptions comme le livre Indignez-vous de Stéphane Hessel.

Même si l'on peut aisément comprendre le fait que les intellectuels contemporains soient présents sur les plateaux de télévision, cela les obligent à être encore davantage proches du peuple, que ce soit dans la posture ou dans les idées. Et en pleine affaire DSK, il semble bien que les journaux et l'opinion soient très sensibles ces derniers temps. Au grand dam de Luc Ferry piégé par le tourbillon médiatique.

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