user_images/288042_fr_img_07212c.jpg

ARIELLE KECH

Publié dans : Les articles Religions & Ésotérisme de Arielle KECH

ALEXANDRA DAVID-NEEL - LA LIBERTÉ AVANT TOUT

Biographie d'Alexandra DAVID-NEEL, cantatrice, aventurière, polyglotte, orientaliste, écrivaine, femme d'esprit à la recherche de Bouddha.

Alexandra DAVID-NEEL, la Chrysalide

Sa mère voulait un garçon. Elle sera fille unique !

Née à Saint-Mandé le 24 octobre 1868, Alexandra est destinée à une vie hors du commun. Ses premières fugues sont précoces. Veut-elle échapper au manque d’affection de ses parents ?

Elle grandit à Ixelles, au sud de Bruxelles. De ses séjours en pension, elle gardera son côté indomptable.

Adolescente, elle part à Londres, s’initie à l’anglais et y découvre les philosophies orientales.

De retour à Paris, en 1889, elle se rapproche d’érudits et fréquente certains cercles dont celui de la franc-maçonnerie.

Militante active pour la condition féminine, elle publie un ouvrage resté confidentiel.

Une femme en quête d’absolu ou le papillon qui rêvait être….

Trop indépendante Alexandra s’est toujours opposée au mariage –fût-ce pour Jean HAUSTONT, jeune compositeur- et en collaboration duquel elle écrit un opéra : Lydia ; Projet resté sans suite.

Elle refuse l’idée d’être une épouse soumise et corvéable à merci. Elle ne veut pas d’enfant. Est-ce par conviction intrinsèque ou contextuelle ? Enfanter pour la patrie, peu lui chaut !

A Paris, elle fréquente assidûment le musée Guimet. C’est LA RÉVÉLATION. Ses idées, son projet de vie sont bien arrêtés. Rester seule ou tout au plus en concubinage, apprendre, voyager.

Elle optimise son temps, étudie à la Sorbonne puis au Collège de France et son poursuit son activité de cantatrice.

C’est à Tunis, au terme de ces huit années d’activité, qu’elle rencontre en 1900 un homme fringant : Philippe NEEL.

Elle a 36 ans. Est-ce pour elle l’âge de raison ? Quoi qu’il en soit elle accepte le mariage au grand étonnement de son père qui décèdera quelques mois plus tard, sans qu’il y eût de lien de cause à effet !

Alexandra se lasse rapidement de son nouveau statut d’épouse. Philippe ne veut que son bonheur. Ses tentatives pour la retenir, concrétisées par quelques croisières à bord de son voilier et excursions dans les déserts africains resteront vaines. « Une hirondelle », nom donné à son bateau, « ne fait pas le printemps » !

Un parcours hors norme….L’envol

Août 1911. Alexandra fuit sa claustrophobie. Elle gagne les Indes. Ce n’est pas un voyage inaugural. Elle s’y était rendue 20 ans auparavant. Subvention reçue, elle part pour 18 mois d’études.

Fin 1912, elle rencontre le Maharaja du Népal qui subvient à ses besoins. La voici partie à la tête d’une caravane composée de yacks et de porteurs.

C’est au Sikkim, petit état himalayen au sud du Tibet, qu’elle se lie d’amitié au souverain : Sidkéong Tulku. Il lui confie le jeune moine Aphur YONGDEN, âgé de 14 ans. Sa présence facilitera sa progression.

Pendant deux ans et demi, elle séjourne à près de 4000 mètres d’altitude, dans une caverne quasiment inaccessible. Son but : s’initier aux pratiques des yogis et recevoir les enseignements d’un maître spirituel, un Gomchen. Séjour clandestin, suivi d’une expulsion en bonne et due forme en Septembre 1916 !

Après 3 ans de vie autarcique, elle se retrouve momentanément au Japon, avec le fidèle YONGDEN puis retourne en Chine après un bref séjour En Corée.

Elle entreprend la traversée de la Chine, met son corps et son esprit à l’épreuve et ignore les dangers encourus, qu’ils soient d’ordre géographiques, climatiques, politiques.

Entre 1916 et 1928, Les rivalités de factions militaires de la République de Chine et la succession de 34 chefs de gouvernements symbolisent le chaos.

Les conditions sanitaires sont éprouvantes et la peste sévit.

Qu’importe ! L’absolutisme d’Alexandra guide ses pas à travers le Gobi, la Mongolie. Aux portes du Tibet, elle passe deux ans et demi à étudier dans le monastère de Kum Bum.

Et son mari dans tout cela ? Faute d’être charnelle, leur relation est épistolière, Alexandra n’hésitant pas à lui réclamer des avances de fonds pour poursuivre son périple.

Comment résister à une telle passion –pût-elle paraître fantasque pour certains ?-

Traverser les frontières du Tibet est une véritable gageure. Alexandra a déjà essuyé 3 échecs. Désespérée ? Pensez-vous ! Elle abandonne sa caravane, trop repérable, suit les conseils d’Ekai KAWAGUCHI rencontré quelques années plus tôt, et comme lui, précédemment, se déguise –non pas en moine Chinois -à chacun son subterfuge !- mais en mendiante.

En février 1924, elle pose devant la cité de Lhassa, avec YONGDEN et un autre moine qui l’a accompagnée. Elle a 56 ans.

Son époux relaye l’information qui, par presse interposée, fait le tour du monde.

Sereine, puisque ayant atteint son but, Alexandra regagne l’occident.

Dès 1928, elle se réfugie à Samten Dzong, à Digne-les-bains où elle rédige la majeure partie son œuvre, profonde, brillante, et pleine d’humour.

Pendant neuf ans, elle partage son temps entre écriture et conférences européennes. Puis part de nouveau en Chine ; Voyage qui sera prétendument écourté en raison de ses 69 ans.

Mais la guerre civile qui ravage la Chine succède au conflit qui l’a opposée au Japon. S’ensuit le début de la 2e guerre mondiale. Impossible de rentrer !

Son mari décède en 1941 au terme d’un soutien indéfectible.

Les hostilités prennent fin 4 ans plus tard.

Le retour aux sources

De retour en France, Alexandra reprend le rythme effréné de ses conférences. Elle écrit à raison de 18 heures par jour.

La perte brutale de son fils adoptif YONGDEN, la plonge à 86 ans dans un profond désarroi.

4 ans plus tard, elle rencontre fortuitement Marie-Madeleine PEYRONNET, qui deviendra son amie et ne la quittera plus.

D’une vitalité sans borne, Alexandra fait renouveler son passeport à l’âge de 100 ans et demi ! Mais bientôt rattrapée par la finitude de la condition humaine, ses rhumatismes la paralysent.

Elle décède le huit Septembre 1969, à l’approche de ses 101 ans.

Le 28 février 1973, Marie-Madeleine PEYRONNET, remet ses cendres et celles de YONGDEN à la fluidité du Gange.

Priscilla TELMON, jeune exploratrice, a suivi les pas d’Alexandra DAVID-NEEL au rythme de la lecture d’ Une parisienne à Lhassa.

À propos de l'auteur

user_images/288042_fr_img_07212c.jpg

ARIELLE KECH

J'essaie de créer une certaine alchimie entre mes recherches internet et
  • 14

    Articles
  • 8

    Séries
  • 0

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!