Comprendre le suicide et savoir pourquoi il touche nos proches ?

A quoi pense-t-on au moment de se suicider ? Comment en arrive-t-on là ? Et comment aider ceux qui souffrent ?
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Aujourd'hui, dans nos sociétés impitoyables, on se suicide parce qu'il est devenu plus difficile de vivre que de mourir. L'état de détresse pouvant gagner un individu peut être tel qu'il décide de se donner la mort pour ne plus avoir à souffrir. En France, il y a un suicide toutes les cinquante minutes, environ 160 000 tentatives par an, plus de 10 000 morts chaque année et 60 % des personnes ayant fait une tentative de suicide répètent leur geste. Mais que ressent un suicidant ? Comment l'aider ? Peut-on prévenir un tel acte et empêcher qu'il ne se produise ?

Le suicide est considéré comme la seule solution

Pour arriver au point de vouloir en finir avec la vie, c'est qu'aucune autre option sur le moment ne semble efficace pour faire disparaître la douleur et la souffrance. Souvent, l'acte de suicide est un point culminant, c'est le point d'arrivée d'une longue dépression.

La dépression , au sens pathologique du terme, est une véritable maladie. Elle est néanmoins minimalisée car on a tendance à assimiler la vraie souffrance au ressenti physique uniquement. On ne décide pas de se suicider du jour au lendemain, il y a donc un processus qui peut être stoppé s'il est décelé à temps. Avoir envie de se suicider est un acte grave qui bien souvent arrive à la surprise totale de la famille qui ne se doutait de rien. Est-ce par négligence ? Ou par manque d'information ? Avant de passer à l'acte, le suicidant se sent vide, impuissant, faible, fatigué de se battre et triste à en mourir justement. Il a comme un poids sur les épaules qui s'alourdit au fur et à mesure des minutes et qui l'étouffe.

Certains diront que le suicide est un acte égoïste mais il est vrai que durant les quelques minutes qui le précèdent, le sujet ne pense plus à rien qu'à alléger sa peine. Tant pis pour les autres, ou du moins tant mieux pour eux ils seront mieux sans nous. A cet instant, il n'y a pas plus forte envie que d'avoir une main qui se tende vers nous et nous dise : « Ne t'inquiète pas, ça va aller, il y a d'autres solutions, on va t'aider. » Ces mots peuvent sauver la vie de quelqu'un en quelques secondes.

Quels sont les facteurs de risques de suicide ?

Pour les hommes, le mode de suicide le plus répandu est la pendaison, alors que pour les femmes, c'est la prise de médicaments. Le suicide est réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne.

Les causes de suicides sont diverses, elles peuvent être à caractère familial ou affectif (violence, rupture amoureuse, deuil, sentiment d'incompréhension comme pour certains cas d'homosexualité, etc.). L'origine du suicide peut être d'ordre toxique ou psychiatrique (addictions diverses, grave dépression prolongée, isolement, psychose, etc.), ou d'ordre socio-économiques (problèmes professionnels, problèmes d'argent, incarcérations, etc.)

Comment lutter contre le fléau du suicide et briser les tabous ?

Il y a des signes comme la perte de motivation et d'envie pour tout, surtout pour des choses qui auparavant l'incident tenait à cœur à la personne. Extrême sensation de fatigue, renfermement sur soi-même, perte d'appétit, grosse perte de poids sont autant d'autres facteurs qui peuvent alarmer.

Il y a également des mots qui peuvent attirer l'attention comme « j'ai plus envie de vivre » ou « ça ne sert à rien de se battre » ou « je me sens inutile dans ce monde ». Il faut être à l'écoute des gens qui se sentent mal et leur tendre la main sans les juger ou les rabaisser car cela aggraverait le problème.

En France, le suicide reste tabou et la population est ignorante de la situation ou s'en désintéresse.

En mai 2011, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques professionnels a demandé la création d’un observatoire des suicides en France, mais on attend toujours. Il faudra mettre en place plus de numéros d'appels d'urgence comme Allopsy et les cellules d'écoute dans les hôpitaux, multiplier les évaluations psychologiques dans les entreprises et les écoles et surtout que le service public communique en masse comme il fait parfois pour la prévention routière ou les violences conjugales.

Sources : suicide.ecoute.free.fr, infosuicide.org, santepratique.fr, liberation.fr

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