Végétalisme, le militantisme alimentaire des défenseurs d'animaux

Le végétarien ne mange ni viande ni poisson ni aucune chair animale, le végétalien ou « vegan », exclut également tout élément issu de la production animale

Le végétalien ne mange ni œufs, ni lait, ni fromage ou yaourt. Si en France, le végétalisme est encore peu connu du grand public, il gagne de plus en plus de terrain outre-Atlantique. Paradoxalement, alors que l'obésité bien souvent due à la malnutrition est la première cause de mortalité aux États-Unis, de plus en plus d'Américains se convertissent à cette pratique alimentaire, flanc extrême du régime végétarien.

Les végétaliens dénoncent les pratiques des élevages en batterie

Derrière ce régime alimentaire restrictif, se cache un réel combat pour la cause animale qui dépasse le simple passage à l'abattoir. Aux États-Unis, derrière la production de masse des fermes animalières existent des phénomènes de torture, de maltraitance et de cruauté envers les animaux qui impactent sur la qualité d'hygiène des produits manufacturés. Dans le pays, plus de 99% de la cruauté envers les animaux se fait dans ces élevages en batterie : animaux malades, blessés, battus au visage avec des tuyaux en métal, poignardés avec des fourches, recevant des coups de pied et de poing par les employés que ceux-ci laissent bien souvent se décomposer au milieu des autres.

En choisissant de manger « meat-free », traduire « sans viande » et « dairy-free », traduire « sans produits laitiers », le végétalien dit non à ce genre de vie pour les animaux. Une vie dépourvue de soin, de tendresse et d'amour, mais remplie de confinement intensif, de manipulation abusive, de mutilations douloureuses, de négligence imprudente et d'abattage sans merci.

De plus en plus d'associations se créent, un véritable mouvement apparaît et une communauté se forme. Aujourd'hui, les végétaliens peuvent prendre part à des manifestations pour faire valoir leurs convictions. A New-York ou encore à Chicago, des groupes de discussions interviennent dans les écoles ou dans les entreprises pour sensibiliser la population aux mauvais traitements que subissent les animaux et au moyen de les arrêter : cesser de les consommer. Les militants se battent également pour la mise à disposition de plus de menus végétariens et/ou végétaliens dans les restaurants. Octobre 2010, à New-York, à l'occasion de la semaine mondiale du végétalisme, la « World Vegan Week » des chefs cuisiniers se sont laissés convaincre pour, le temps d'une soirée, proposer exclusivement un menu « vegan ». L'opération ayant eu du succès, de plus en plus de menus affichent désormais des repas alternatifs pour les amis des animaux.

Une cause honorable mais potentiellement dangereuse

Si le combat des végétaliens peut être vu comme honorable et les préserve du problème de l'obésité, le risque de malnutrition n'est pas nul pour autant. En effet, une alimentation équilibrée se voudrait composée de viande, de légumes, de corps gras et de produits laitiers tous les jours, mais en quantité modérée. L'absence totale de viande et de produits laitiers peut provoquer des carences et affaiblir l'organisme, le rendant moins apte à combattre les maladies. En 2010, aux États-Unis, un bébé de six mois est décédé de malnutrition car sa mère, fervente adepte du régime et du mouvement végétalien, ne le nourrissait qu'à base de lait de soja.

En général, ce type de régime reste déconseillé notamment chez l'enfant, ainsi que la femme enceinte. Après tout, l'être humain est un omnivore, sur le long terme il est donc fait pour manger de tout. C'est un régime très contraignant qui peut devenir monotone, et surtout, dégénérer en trouble du comportement alimentaire. Le végétalien contrôle tout ce qu'il mange, sans cesse. Il vérifie l'absence de protéine animale dans chacun de ses aliments, recherche les compléments nutritionnels avec le bon dosage qui lui permettront de couvrir ses besoins nutritionnels quotidiens.

Est-il possible d'être végétalien en France ?

Le concept de ne pas manger de viande ou de produits laitiers peine à s'intégrer dans la culture culinaire française. Les menus adaptés sont quasiment absents des restaurants et cantines d'entreprises et les cantines scolaires fonctionnent sur le principe de faire manger de tout aux enfants sauf raison religieuse ou médicale. Si les phénomènes de l'alimentation bio et la recherche du bien-être rencontrent un franc succès en France, peu de gens sont prêts ou ont envie d'exclure la viande de leur régime et encore moins les produits laitiers.

En effet, des études montrent qu’environ 4 millions de Britanniques sont végétariens, soient presque 15% de la population, contre environ 1 million de végétariens en France. Il existe peu de documentation sur les régimes végétariens ou végétaliens, les seuls relais d'informations sur lesquels peuvent s'appuyer les quelques adeptes sont les blogs et les sites sur Internet ainsi que les réseaux sociaux. Il y a encore beaucoup de préjugés sur ce type de régime alimentaire et le végétarien est souvent vu comme une personne au comportement étrange qui ne fait pas comme les autres, ce qui peut être difficile à assumer. Alors les Français se sentiraient-ils moins concernés que leurs voisins par la condition animale dans les élevages en batterie? Pas forcément!

En France, le grand public est peu informé des pratiques d'élevage. Contrairement aux États-Unis, la masse de population à nourrir est moins conséquente et aucune organisation nationale ne mène d'investigations secrètes ou de grandes campagnes multimédia pour dénoncer l'industrie agroalimentaire. Est-ce parce que les éleveurs français n'ont rien à se reprocher? Ou bien par peur de nuire à la réputation de la France en termes d'excellence gastronomique? Quelles sont les réelles conditions de vie des animaux dans nos élevages? Quelqu'un s'y intéresse-t-il? Si de mauvaises pratiques étaient révélées au grand jour, les Français commenceraient-ils aussi à modifier leur alimentation? La France verrait-elle son nombre de végétariens exploser? L'évolution du marché nous le dira sûrement.

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