iPad, FnacBook, Nook et Cie: la déferlante des tablettes

Jusqu'à la commercialisation de l'iPad, le créneau des tablettes électroniques stagnait. Depuis, les produits affluent, notamment pour les ebooks.

En septembre 2007, Les Échos tentait de vendre une version électronique du journal sur tablette. Contre un tarif plutôt élevé (plus de 600 euros), le lecteur avait droit à un abonnement d'un an au quotidien économique, à un fil AFP, aux mises à jour en temps réel de l’édition du jour, à des livres numérisés et à une liseuse électronique, soit celle de Ganaxa, soit l'Iliad de iRex Technologies. Résultat? Un échec commercial.

En septembre 2008, la Fnac s’associait à Hachette pour vendre des livres numérisés de l’éditeur sur la tablette électronique de Sony, le Sony Reader. Résultat? Échec également.

Puis, début 2010, est arrivé l’iPad, et l’on s'est remis à croire aux liseuses et aux livres électroniques. Avec cette ambiguïté: la tablette tactile d’Apple donne peut-être accès à une boutique en ligne de livres numérisés, l’iBookstore, ce n’est absolument pas une liseuse. L'iPad est très peu pratique pour lire des livres (rétroéclairage, écran brillant, etc.). Pourtant, il semble avoir relancé le marché.

FnacBook contre Oyo

Le 19 novembre 2010, la Fnac s’y remettait en lançant une tablette à elle, le FnacBook. Cet appareil est une liseuse en même temps qu’une application d’achat de livres numériques (l'application existe aussi pour iPad et iPhone). Pour 199 euros, la tablette (conçu par Sagem) dispose d’un accès WiFi et 3G sans que l’acheteur ait besoin de souscrire un abonnement chez un opérateur.

Cette connexion ne permet en fait que d’accéder au site d’achat de livres et à Fnac.com. Car FnacBook est bel est bien une liseuse, plus concurrente du Kindle d’Amazon que de l’iPad. Comme toutes les vraies liseuses, elle utilise une technologie d’encre électronique restituant le confort de lecture du livre papier, sans rétroéclairage et sans reflet sur l’écran.

Du coup, dans la foulée, la librairie en ligne Chapitre.com et France Loisirs annonçaient leur propre projet: l’Oyo. Cette tablette à 149 euros est équipée d’une connexion WiFi permettant de se connecter au site Chapitre.com (voir ici ). Elle est vendue en ligne, mais aussi dans le réseau de boutiques France Loisirs et dans les librairies partenaires de Chapitre. Là encore, par d’accès à Internet au-delà de ça.

Kindle vs Nook

Le Kindle d’Amazon, sorti à l'automne 2007 aux États-Unis, est disponible en France depuis 2009 . Mais attention: il s’agit tout bêtement du produit américain, vendu en dollars (pour l’équivalent de 240 euros, taxes et frais de douanes inclus) et expédié depuis les États-Unis. Il ne donne absolument pas accès à des livres numérisés en français, à part ceux disponibles en Amérique.

De plus, contrairement à la plupart des tablettes actuelles, tactiles ou munies d’un stylet, le Kindle arbore un clavier complet sous l’écran. Seul intérêt pour les francophones: il propose de lire Le Monde ou Les Échos . Depuis juillet, il est équipé en 3G et WiFi.

Autre concurrent du Kindle, le Nook est la liseuse lancée par Barnes & Noble en octobre 2009. Équipée d'un double écran, dont l’un sous forme de bandeau permettant d’afficher des publicités ou des couvertures de livres en couleurs, le Nook est disponible tout en couleur depuis octobre 2010. Problème: l'écran est du coup rétroéclairé, donc moins confortable pour la lecture. L'appareil, équipé d'une connexion 3G sous Android, se mue en une tablette multimédia façon iPad. Il disponible seulement pour les Américains.

Le retour de Sony

Après le semi-échec avec la Fnac, Sony est revenu à la charge. Le constructeur propose une tablette tactile, le PRS 600 Reader Touch Edition, pour 300 euros. Son écran de 15 centimètres de diagonale est l’un des plus grands du marché. Lui aussi utilise de l’encre électronique et accepte les cartes mémoires SD jusqu’à 16 Go! Autant dire que vous allez pouvoir en stocker, des livres!

Cybook, le petit français

Enfin, souvent oublié car faisant figure d’outsider, le Cybook de la société française Booken tente de trouver un nouveau souffle avec sa nouvelle version, l'Opus. Cette tablette est la moins chère du marché, à 180 euros. Doté d’une mémoire interne de 1Go, d’une technologie d’encre électronique, elle n’est pas tactile. L’écran tactile a en effet l’inconvénient technique d’imposer une surcouche brillante qui peut nuire à la lecture en créant des reflets. La navigation s’opère donc via quelques touches et un pavé directionnel.

Si les équipements sont là, l’enjeu est désormais ailleurs, du côté des éditeurs. À eux de numériser en masse leurs catalogues, rapidement, afin de doter les boutiques en ligne d’un choix conséquent. Afin d’éviter ce qui est arrivé à la musique et que l’on appelle le piratage. Cela dit, ce dernier a commencé depuis longtemps, mais peut-être avec moins d’ampleur; simplement parce qu’un livre est plus long à pirater qu’un fichier musical. Pour l'instant...

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