Le monde fou fou fou de Nicola Sirkis

Après la sortie de "L'Indo Live" en 1997, un chapitre se clôt. Un autre peut alors commencer avec "Les Mauvaises nouvelles", premier livre de Nicola Sirkis.
29 Août
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Fort du succès de l' Indo Live , le chanteur-leader du groupe Indochine publie son recueil de nouvelles en 1998. Il s'agit des Mauvaises nouvelles .

Première histoire, La chambre 9 , c'est le peintre Egon Schiele qui inspire Nicola. Ses personnages se nomment Alice et Julien, frère et soeur, fuyards amoureux dans la chambre nuptiale de leurs parents. Il y a la couette rouge sur le grand lit, les draps plus tellement blancs avec l'âge, qui sentent le propre, les vieux volets en bois. Une délicatesse qui saute aux yeux, un amour trouble. L'ouverture se fait en douceur.

Pour la suite, China Daily , humour au fer rouge (sans mauvais jeu de mots).

Mais où veut donc en venir Nicola Sirkis ?

Le monde fou fou fou de Nicola Sirkis

Décor planté : un couple prend l'avion. Décalage horaire entre Paris et Pékin et somnifère qui fait son effet avec un wagon de retard. Le lecteur imagine d'ores et déjà que ce gentil couple va en voir de toutes les couleurs (surtout du rouge, en fait).

Un peu plus tard, le jeune homme se réveille. Le voyage de rêve tourne définitivement au cauchemar. Véritable périple à travers tout Pékin, un saut par l'ambassade suisse, et surtout recherche d'un article exclusivement féminin.

A partir de la troisième nouvelle, délire total. On reconnaît mieux là Nicola et ses idées décalées. Le titre parle d'ailleurs de lui-même : Peep show . Non, ce n'est pas vraiment ce que l'on pourrait imaginer mais. Le sexe fait son entrée, la machine est en marche, terminus dix stations plus loin (pour la version augmentée du livre). L'histoire pourrait paraître tordue. A la première lecture du tout, me voilà surprise par l'inattendue réalité qui perd pied.

Justine (à l'heure dite) ne fait pas non plus dans la dentelle et continue sur cette voie oppressante. Vite, une grande bouffée d'air frais avant de reprendre la lecture.

Viêt-nam Glam , souffle de 1993, Un jour dans notre vie . La fin est non prévisible.

Le reste se suit et ne se ressemble pas.

Suicidal Tendencies se fait violemment textuelle. Elle tire sa force de cette animosité humaine qui fait le monde. Quant au Président Total Killer , elle dénonce les prémices de la real tv et autres Star Academy sans langue de bois.

Pour conclure

Les Mauvaises nouvelles , passeport pour l'univers déjanté de Nicola Sirkis. Un moyen pour lui de s'épancher longuement sur ses angoisses d'enfant et d'adulte qui comprend que le monde détruit le monde à coups d'américanisme, de mépris et de violence. L'auteur laisse libre cours à ses fantasmes, oscillant joyeusement entre l'érotisme et la pornographie. Tous les coups sont permis mais il ne parle pas de sexe pour parler de sexe. Il aborde la folie humaine, les souffrances adolescentes...

Bienvenue dans le côté obscur de Nicola Sirkis, mort obsessionnelle, solitude omniprésente. Il attend de vous que vous savouriez le noir.

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