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AUDREY BACHTER

Publié dans : Les articles Histoire de Audrey Bachter

Madame Elisabeth, une princesse au destin tragique

La prochaine exposition du Château de Versailles met en scène la sœur de Louis XVI, une princesse de caractère souvent oubliée de l'Histoire.

Madame Elisabeth était la soeur du roi Louis XVI. Le Château de Versailles a décidé de lui rendre hommage au travers d'une exposition dans la demeure de la princesse, qui débutera le 27 avril prochain et se terminera le 21 juillet. Portrait de cette princesse oubliée qui pourtant resta jusqu'au bout avec sa famille, au mépris des dangers encourus.

La cadette de la famille royale

Elisabeth est la dernière enfant du couple formé par le dauphin Louis-Ferdinand et Marie-Joseph de Saxe. Née le 3 mai 1764, elle perd son père et sa mère avant ses trois ans. C'est à Marie-Louise de Rohan, connue sous le nom de Madame Marsan, que revient l'éducation de l'enfant. C'est elle qui avait déjà servi de gouvernante aux autres enfants du couple princier. Elisabeth reçoit une solide éducation, mais c'est surtout dans le domaine de la science et des mathématiques.

Talentueuse en dessin, on retrouve certaines de ses œuvres au Château de Versailles.

Privées de parents, c'est vers ses tantes, les sœurs du roi Louis XV, qu'elle se tourne. Elle subit leur influence religieuse sans pour autant perdre son esprit d'indépendance et son caractère dissipé et original. Elle signe certaine de ses lettres "Elisabeth la Folle".

Un grand attachement à Louis XVI et Marie Antoinette

Dès le mariage de son frère Louis-Auguste à l'archiduchesse Marie-Antoinette, la petite Elisabeth se lie d'amitié avec sa belle-sœur. Elisabeth n'a alors que 6 ans et Marie-Antoinette, 15 ans. Leur caractère, libre et indépendant aide sans doute à les rapprocher.

Vers 1777, il est question d'un mariage entre le frère de Marie-Antoinette, l'empereur autrichien Joseph II et la petite princesse. Mais Elisabeth refuse le mariage pour rester auprès de son frère et de sa belle-sœur. Elle ne se mariera jamais.

En 1783, Louis XVI lui offre une maison et un terrain dans le quartier de Montreuil à Versailles (c'est dans ce lieu appelé "domaine de Madame Elisabeth" que va se tenir l'exposition qui lui est consacrée). Encore mineur, Elisabeth n'est pas autorisée à y dormir mais elle s'y évade chaque jour, à l'instar de Marie-Antoinette dans son Trianon, pour échapper aux lourdeurs de l'étiquette versaillaise.

Les bouleversements de la Révolution

C'est par choix qu'elle suit Louis XVI et Marie-Antoinette aux Tuileries alors qu'elle aurait pu suivre ses tantes au Château de Bellevue près de Meudon ou son frère Charles-Philippe, comte d'Artois, parti en exil chercher de l'aide auprès des souverains d'Europe. Elle communique d'ailleurs régulièrement avec lui, prenant part à la politique. Femme de caractère, elle cherche des solutions que le roi ne trouve plus.

Farouchement opposée à la monarchie constitutionnelle, elle n'accepte aucun compromis et n'attend de salut que dans le secours de soutien étranger, comme sa belle-sœur Marie-Antoinette. Elle est consciente de la faiblesse du roi qui se laisse diriger par ses ministres.

En 1791, alors que Mesdames Tantes fuient la France pour les Etats Pontificaux, elle choisit à nouveaux de rester auprès du couple royal. De la fuite à Varennes à la cellule de la prison du temple, Elisabeth garde courage même si, minée par des nuits sans sommeil, elle devient méconnaissable.

A la prison du Temple, elle partage la cellule de Marie-Antoinette et de sa nièce, Marie-Thérèse dite Madame Royale. Lorsqu'elle se sait condamnée, la reine adresse sa dernière lettre à Elisabeth, lui confiant le soin de ses enfants.

Bien qu'elle ne représente aucun danger pour la révolution et la nouvelle république, Elisabeth, considérée comme la sœur d'un tyran est également condamnée à mort et exécutée le 10 mai 1794.

A l'échafaud, elle fait preuve d'autant de courage que son frère et sa belle-sœur. Sa piété, sa charité, ses valeurs monarchiques et sa mort dramatique conduisent les royalistes à faire d'elle une sainte et une figure de proue de la restauration. Son corps, inhumé dans une fosse commune ne fût jamais réellement localisé. Un médaillon la représentant se trouve à la basilique Saint-Denis.

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AUDREY BACHTER

Diplômée en photographie et retouche d'images, j'ai aussi suivi
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