Stephan Zweig : des personnages dictés par la passion humaine

Auteur du début du XXe siècle, Zweig décrit dans ses nouvelles, des sentiments humains exacerbés, des personnalités fortes qui survivent à leurs émotions.

Que ce soit 24 heures dans la vie d’une femme , Brûlant secret ou encore Conte crépusculaire , dans tous ces romans, les passions se déchainent et conduisent à l’irréparable. Où se situe la limite dans les sentiments que l’on éprouve ? Faut-il se contrôler ? Les personnages de Zweig tentent de résister mais en sont bien souvent incapables.

Zweig et la société au début du XXe siècle

Zweig, juif autrichien a fuit le nazisme toute sa vie. Soucieux de voir la montée fulgurante de Hitler au pouvoir, il s’exile au Brésil où il met fin à ses jours emportant sa femme avec lui. Dans ses nouvelles, Zweig préfère parler des sentiments, du désir d’harmonie et décrit avec finesse et précision les profondeurs de l’âme humaine, ce que cache au fond d’eux ces personnages qu’il met en scène. Rentier, Zweig passe sa jeunesse à lire les plus grands auteurs, à découvrir le monde et les gens. Sa propre sensibilité le pousse vers des êtres qui souffrent, qui ont été « cassés » par la vie et c’est donc naturellement d’eux dont il va parler dans ses livres. Un esthète rêveur d’un monde nouveau ?

Des personnages passionnés

Une vieille femme qui se remémore sa folie d’autrefois pour un inconnu rencontré dans un casino, une jeune maman qui se laisse déborder par les avances d’un dandy ou un jeune adolescent qui découvre les délices de l’amour physique, tels sont les personnages de Zweig. Tous ont ce même point commun : une vie rangée et sûre qui vient un jour être chamboulée par une rencontre. Leur raison dit non mais leur cœur dit oui.. Cette passion nouvelle les anime, les bouleverse et les rend fiévreux au fil des pages. Le lecteur ne se détache plus de son livre et se laisse lui aussi envahir par ces émotions dévorantes qu’il finit par vivre et ressentir à travers les personnages enflammés.

Une fin tragique

Jusqu’à ce qu’arrive le dénouement tant attendu, le lecteur se demande quelle conduite va finir par choisir son personnage. Il a envie de choisir pour lui…mais Zweig ne lui en laisse pas le temps. La fin tragique surgit comme a surgit la passion auparavant. C’est ce bel inconnu qui se suicide, ce fils jaloux qui frappe sa mère et fait une fugue ou cet adolescent déçu qui finit par renoncer à l’amour et aux femmes. En quelques pages, les personnages ont grandit, ils ont changé leur destin pour toujours.

Face aux douleurs de la vie, Zweig nous fait comprendre qu’il faut garder une part de rêve, ce sentiment que l’humain peut changer lui-même pour pouvoir changer les choses.

« L’homme qui pense est un nain, l’homme qui rêve est un géant » (Hölderlin)

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