Italo Zilioli: le Poulidor Italien

Retour sur la carrière d'un cycliste Italien parmi les plus brillants de sa génération.

Né le 24 septembre 1941, Italo Zilioli passe professionnel en 1962. Il enchaîne rapidement les victoires, suscitant l'intérêt de nombreux observateurs, jusqu'à devenir l'idole des tifosi qui voient en lui le nouveau Fausto Coppi.

Une première année prometteuse

En l'espace de quelques mois, il réalise une première dans son pays en s'adjugeant quatre victoires de rang dans des semi-classiques italiennes (Tour des Apennins, Trois Vallées Varesines, Tour de Vénétie, Tout d'Émilie). À cette époque, il court pour la formation Carpano, célèbre équipe italienne où ont évolués d'autres grands noms du cyclisme, comme Ercole Baldini ou Coppi lui-même.

En plus de ses victoires, Italo Zilioli termine 2e du Tour du Piémont ainsi que du Tour du Tessin, 5e du Tour de Lombardie et 6e du Tour de Suisse. Par son style particulier et ses grandes facilités de grimpeur, Zilioli, le nouvel espoir Italien, rappelle le campionissimo.

L'éternel abonné aux places d'honneur

En 1964, toujours au sein de la même formation, Italo Zilioli s'adjuge quelques belles victoires sur le Tour de Vénétie, le Grand Prix de Monaco, le Critérium de Rennes et la Coppa Agostoni.

Physiquement prêt à s'attaquer à un grand Tour, c'est tout naturellement qu'il va évoluer sur le Giro d'Italie afin de se frotter aux plus grands et ainsi faire ses preuves. Durant l'épreuve, Zilioli confirme les espoirs placés en lui et se classe dans les dix premiers au cours des dix étapes les plus difficiles. Il terminera finalement second au général, derrière un certain Jacques Anquetil, qui dira plus tard avoir vécu son mois le plus difficile sur le sol Italien. La performance du jeune sportif transalpin l'amène à seulement 1'22'' du Français au classement final, constituant l'un des plus petits écarts jamais enregistré, dans une épreuve officielle, entre un vainqueur et son dauphin.

Cette même année 1964, Italo Zilioli cumule d'autres places d'honneur. Il termine deuxième de Milan-Turin et du Tour de Campanie. Il réalise un très bon Tour de Suisse, se classant troisième et se positionnant fréquemment sur le podium de plusieurs étapes. Il termine également 5e des championnats du monde à Sallanches, 5e du Tour de Lombardie et 5e du championnat d'Italie.

L'année suivante, il évolue au sein de la formation Sanson. L'Italien, sur qui les espoirs deviennent de plus en plus pressants, continue d'engranger les bons résultats. Parmi ceux-ci, on retient une 3e place sur le Paris-Nice, en ayant terminé à sept reprises dans les dix premiers d'étapes. Le jeune Italien va confirmer sa très belle prestation de l'annnée précédente sur le Tour d'Italie, se classant à nouveau second de l'épreuve en 1965, derrière Vittorio Adorni. Il remporte au passage la 18e étape.

En 1966, il est second du championnat d'Italie et se rend une nouvelle fois sur le Giro pour rompre la malchance, mais rien n'y fait. Malgré des attaques incessantes, de belles performances en montagne et une bonne vision de la course, il se classe une nouvelle fois... deuxième! Cette fois-ci, c'est Gianni Motta, autre grand espoir, qui lui chipe la vedette.

L'Italie a trouvé son Poulidor.

Du leader au second rôle

En 1967, Italo Zilioli s'engage avec la Salvarani pour devenir l'équipier de luxe de Felice Gimondi. Il devient le compagnon de route idéal du champion Italien.

En 1968, il rentre dans l'effectif de la Filotex afin de seconder son leader, Franco Bitossi. Mais Zilioli est bien décidé à ne pas être seulement un second rôle., comme le montre sa victoire sur les routes du Tour de Campanie. hélas, il se classe une nouvelle fois 2e de la Tirreno-Adriatico, puis du Tour de Sardaigne. Il participe au Tour d'Italie, remporte la 5e étape mais échoue au pied du podium. Le grand vainqueur cette année-là est un certain Eddy Merckx.

L'année suivante, il termine 3e du Championnat national. Même classement au Giro, dont il remporte la 19e étape. Felice Gimondi conservera son maillot rose sur le podium final.

En 1970, Italo Zilioli devient le chef de file privilégié du Cannibale Eddy Merckx. Il commence sa saison avec une très belle victoire dans la Semaine Catalane, damant le pion, au passage, au Français Raymond Poulidor et à l'Espagnol Luis Ocana. L'Italien semble avoir retrouvé la confiance et accumule les victoires au tour du Piémont, au Tour des Marches et au Critérium de Sarlat.

Toutefois, en tant qu'équipier du meilleur cycliste de l'époque, il doit se cantonner à son rôle de second, ce qui lui vaudra de passer certainement à côté de belles victoires.

Durant cette saison, il termine encore 2e de la Tirreno-Adriatico et 4e de Milan San Remo. Il est classé 5e du Giro ( terminant en tête de la 10e étape) en ayant été un coéquipier exemplaire pour Eddy Merckx, vainqueur cette année-là. Il termine également 5e du Tour d'Espagne, remporté par Luis Ocana, en gagnant la 2e étape.

Un champion malchanceux

Zilioli dira plus tard que la plus belle récompense de sa carrière fut ce maillot jaune du Tour de France acquis lors du deuxième jour de l'épreuve, à Angers. Ce jour-là, il avait dépossédé de sa tunique son leader Merckx. Cette victoire, sa plus belle, s'accompagne sûrement d'une grande désillusion inavouée puisque son équipe ne défendra jamais sa première place. Le Belge reprendra finalement ses aises tout en haut du classement et Zilioli retournera à son rôle d'équipier, terminant 13e de l'épreuve.

Durant les années qui suivent, Italo Zilioli remporte encore quelques courses à étapes et monte fréquemment sur différents podiums de semi-classiques.

Il met un terme à sa carrière sportive en 1976 et sera quelques temps directeur sportif.

Malgré un palmarès riche de 62 victoires, Italo Zilioli n'a jamais pu surmonter l'énorme pression qui reposait sur ses épaules. Trop vite comparé au géant Fausto Coppi, ses directeurs sportifs l'ont rapidement entraîné sur les plus grandes courses, l'empêchant probablement d'évoluer comme l'immense champion qu'il aurait dû devenir. Durant sa carrière, l'Italien a su troquer sa cape de leader pour celle d'équipier modèle, laissant probablement filer ses plus belles victoires.

Peu après sa retraite sportive, Italo Zilioli est devenu journaliste à la Gazzetta Dello Sport. Une course cycliste Italienne porte aujourd'hui son nom.

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