A la Table fermière, passion, histoire et terroir s'entremêlent

Au cœur de l'exploitation de Brigitte et Michel Vainck,à Dourlers (59), la Table fermière jouxte l'exploitation et fait la part belle aux produits locaux...
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Un kiosque. Des ardoises. A quelques encablures de la RN2, au lieu-dit Le Warrens, à Doulers, la ferme de Brigitte et Michel Vainck interpelle. Sa façade est l’archétype des maisons avesnoises d’antan. En pierre bleue. Un matériau utilisé par les plus humbles à une époque pas si lointaine… Les riches privilégiaient eux la brique rouge. Cette ferme a une histoire...

Un lieu chargé d'histoires...

L’habitation date de « plus de deux cents ans ». « Avant, ici, c’était mes grands-parents », précise Michel Vainck, agriculteur, installé en GAEC avec son frère Etienne. Cette partie du corps de ferme n’a pas toujours appartenu au couple. Son rachat date de 2006. « C’est une sœur à mon père qui en a hérité. Elle voulait vendre mais elle voulait le vendre dans la famille », souligne Michel Vainck, quatrième génération d'agriculteurs.

La table fermière jouxte la demeure familiale

Depuis juillet 2007, le 38 rue d’Arouzies est officiellement devenu une Table fermière, ouverte du jeudi au dimanche, d’une capacité de vingt-cinq couverts. Une porte permet à Brigitte et à son époux d’accéder tantôt à l’habitation, tantôt au restaurant. C’est un des éléments ajoutés lors des travaux de rénovation. Le chantier a été confié à des artisans locaux. Brigitte et son mari ont aussi mis la main à la pâte : « J e ne me verse pas de salaire. Les quatre sous que je gagne sont réinvestis. » Avec ce pécule, l’escalier et l’étage ont été remis à neuf. Pour admirer la vue, une fenêtre de toit a été ajoutée à l’étage. Des objets de décoration ont été ajoutés. De vieux meubles ont été remis au goût du jour. « Mes filles passent régulièrement jeter un coup d’œil et enlèvent des objets lorsque c’est trop chargé ».

De vieux objets et meubles remis au goût du jour...

Assurément, à la Table fermière, les objets connaissent une seconde vie. « Pour faire authentique, on a récupéré ». Michel et Brigitte Vainck ont tapé juste. Que ce soit la table, le buffet ou encore les anciens instruments de travail des agriculteurs tels que le billot et la faux. La mise en scène choisie confère au lieu une tonalité familiale, assez proche d'ailleurs de celle d’un estaminet. Seul hic? Faire des emplettes a un coût. Aussi, les achats ont-ils été échelonnés... Et l’huile de coude utilisée! Ne serait-ce que pour donner aux tables l’aspect escompté. Ou encore fabriquer un bar unique en son genre à l'aide de briques et de deux rouleaux utilisés « il y a 50 ans » par les ancêtres de Michel pour dételer les chevaux. Désormais, ces éléments constituent une pièce maîtresse de ce lieu : d'emblée les yeux du visiteur se posent sur cet élément.

Une "métamorphose" en accord avec le lieu

Le couple a particulièrement veillé à respecter les lieux, sous l’œil attentif, précisons-le, de l’ancienne propriétaire. Le lambris a été gardé. Le plafond voûté aussi. Preuve manifeste que cette partie de la ferme a plus de « deux cent cinquante ans ». Dire qu’on ne badine pas avec l’âme de la demeure et l’agencement des pièces est un euphémisme. De là découle l’ambiance qui se veut avant tout conviviale. Une attention qui séduit la clientèle : « Avant de repartir, les gens me disent qu’ils aiment venir chez moi car on se sent comme à la maison . » Celle qui a ouvert ce lieu pour « avoir un complément », « faire quelque chose qui [lui] plaise » et travailler pour elle en est fière. Un seul bémol. L’étroitesse des marches ne permettra pas de proposer des chambres d’hôtes.

Une reconversion mûrement réfléchie

Avant de lancer sa petite entreprise, Brigitte Vainck était comptable. Un retour sur les bancs de l’école s’est donc imposé. Pour décrocher son CAP cuisine, elle a dû faire des stages. Expériences qui lui ont permis « de voir ce que je ne voulais pas faire ». Brigitte Vainck est une femme déterminée. Ses convictions guident naturellement sa conduite. Et l’élaboration de sa carte. « Ma politique, c’est le plus possible local. Les intermédiaires, ce n’est pas bon . » Le jus de pomme est acheté aux établissements Contesse, le fromage à la ferme des Bahardes, la rhubarbe est quant à elle issue de son jardin, etc. Pour elle, ce choix met en exergue un constat : « tout le monde a le droit de manger de bons produits beaux, au juste prix. » Il n’est pas rare que Michel vienne prêter main forte à son épouse et à la serveuse. Une tâche qu’il apprécie : « C’est un échappatoire. On voit des gens. On parle avec les gens. Les agriculteurs sont plus renfermés. Là, on est obligé de parler . »

La Table fermière, rue d'Arouzies à Dourlers, ouvert le jeudi et le vendredi midi (Plat du jour pour 13 euros (plat (deux au choix), fromage et café gourmand)), le samedi soir et le dimanche midi (menu à 32 euros (apéritif et boissons comprises, deux à trois entrées au choix, deux viandes au choix, dessert, café) ). Prière de réserver au : 03 27 57 81 43.

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