Flavie et Matthieu Demay, ingénieurs, sont devenus arboriculteurs

D'ingénieurs à arboriculteurs, il n'y a qu'un pas. A Beugnies, Flavie et Matthieu Demay l'ont franchi et ont repris les rênes de La Pommeraie.
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Juillet 2007. Flavie et Matthieu Demay posent leurs valises à Beugnies, dans l’avesnois. Une nouvelle aventure commence pour ce couple qui succède à Noëlla et Richard Lefèvre à la tête de La Pommeraie du Courtil. Ingénieurs de formation, Flavie et Matthieu concrétisent surtout un projet qui leur plaît à « tous les deux. La production m’intéressait. Flavie, elle était plutôt attirée par le contact avec les clients ». Anciens salariés de la Cité de l’agriculture, l’aboutissement de ce projet résulte aussi de longues heures de réflexion : « On a regardé les exploitations à céder. On ne connaissait pas l’avesnois. Ça ressemble au Pas-de-Calais. C’est bocager. Il y a des côtés similaires. Ce verger était très bien entretenu. En gros, nous n’avions que les valises à poser.» La jolie histoire narrée par

Matthieu Demay pourrait s’arrêter là. Et se conclure par l’épilogue typique des contes de fées.

Renouer le contact avec le consommateur

Les choix de ce couple font que l’histoire ne peut se terminer de façon aussi simpliste. Tout d’abord, dès son installation, Matthieu et Flavie se diversifient en proposant également à la vente des fraises. Puis, ouvre en 2009, un magasin afin de proposer à la vente des produits de terroirs. Ce nouveau pas leur permet de rejoindre le Réseau des Boutiques de l’Avesnois. Un choix dicté davantage par la raison que par le hasard. Leurs précédentes expériences leur ont dévoilé ce qui marchait ou pas. Tout simplement… Une décision qui a un autre avantage : renouer le lien entre le consommateur et le producteur. Nul doute pour ce Président des Jeunes agriculteurs du canton d’Avesnes-sur-Helpe : «Les agriculteurs ont perdu la destination de leurs produits. On produit et on confie le produit avant récupérer sa valeur. Les agriculteurs doivent être formés pour avoir une vision plus globale de l’entreprise. Un œil critique, ça sera vraiment une condition pour rendre viable l’exploitation (...) Il faut renouer le dialogue. Le but est qu’on arrive à redonner confiance (…) Les efforts des agriculteurs ne sont pas faciles à valoriser. Chaque action de promotion menée par les JA a pour but de démontrer notre dynamisme et [notre souhait, ndlr] d’avoir une vue ouverte sur le monde.»

Le bio, une voie envisagée

Au menu, aucun bouleversement majeur n’est programmé. Le verger comptera peut-être un hectare supplémentaire, pas plus. Une partie de la production sera «si possible en Bio» . Au-delà, le système de commercialisation à mettre en place serait différent. Ils ne le souhaitent pas. Une reprise qui s’inscrit aussi dans la tradition puisque «le but n’est pas de révolutionner un système qui marchait bien.» Matthieu Demay envisage simplement des modifications d’ici « trois à quatre ans. Parce qu’on a des bagages et qu’on a un œil critique dedans ». Des diplômes et des expériences professionnelles qui ont joué au moment de l’acceptation du dossier, leur ont donné de « l’assurance » auprès de leur clientèle et leur ont fait connaître « une méthode de travail afin de gérer une entreprise de façon globale (...)Peu d’ingénieurs finissent agriculteurs. Même ceux qui avaient un projet. »

"Il faut croire en son projet, être motivé et le porter"

Le parcours de Flavie et Matthieu fait rêver. Il n’en a pour autant été simple. « C’est un parcours compliqué. On le connaissait. Il faut croire en son projet, être motivé et le porter. Une fois installé, il faut rester ouvert sur le monde et pas enfermé chez soi pour avoir un œil critique sur son travail, » précise-t-il avant d’ajouter que les moments les plus importants sont l’arrivée de son enfant et son mariage. « Continuer comme ça » dans sa vie personnelle est le souhait de ce professionnel. On ne peut que l’y encourager.

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