Lancia Stratos, revival des rallyes

Légende des rallyes dans les années 1970, la Lancia Stratos revient plus forte que jamais sous la coupe de Pininfarina.

Après les revival américains des muscle cars tels que la Dodge Challenger, la Ford Mustang ou bien la Chevrolet Camaro, la Lancia Stratos fait son come-back.

Dévoilée au Salon de Turin en 1970, la Stratos de Bertone attire les regards grâce à son design hors du commun pour l'époque. Piero Gobbato (patron de Lancia) et Cesare Fiorio (responsable compétition chez Lancia) décidèrent de concevoir une voiture destinée uniquement aux rallyes, basée sur le concept Stratos.

Extrême en tous points

De 1972 à 1982, la Stratos fut le cauchemar de tous les concurrents en rallye. Cet engin diabolique était surtout très performant dans les virages secs et en épingle. En effet, là où la plupart des voitures perdent de la puissance par manque de couple, la Stratos gardait un couple très élevé, et cela, même en seconde, ce qui lui permettait de bondir dès la sortie du virage. Tout d'abord équipée d'un V6 12 soupapes de 270 chevaux, la Stratos s'est vu offrir un 24 soupapes développant cette fois-ci 285 ch. Au fil des années, la puissance de la Stratos s'est vu augmentée. Lorsqu'un turbocompresseur fut installé, ce ne sont pas moins de 480 chevaux disponibles à 8 000 r/min! Trapue et surpuissante, la furie de Lancia devient "l'ennemi à abattre" dans les diverses compétitions. Une voiture 100% tournée vers le rallye.

Cependant, une modification de la règlementation du Groupe 4 contraint Lancia à produire une série routière de sa Stratos de 500 exemplaires, la Stratos Stradale est née.

Sous une structure en acier monocoque charpentée comme un lutteur géorgien, la Stradale peut paraître brutale. L'allègement de la masse s'est fait par l'utilisation de matières composites telles que la fibre de verre (pour les capots avant et arrière notamment).

Si la Stradale possède les même gênes de vainqueur que sa version rallye, elle en garde également les contraintes.

S'assoir dans une Stratos relève déjà du challenge. Un habitacle bas, un peu comme si l'on descendait dans la cave à vin... une voiture fortement déconseillée aux claustrophobes!

"Confortablement" installé (tout autant qu'une sardine dans sa boîte), vous vous sentez littéralement posé sur la route. Une impression donnée par le pare-brise bombé et d'un long capot plongeant.

La vue arrière est inexistante, l'habitacle est exigu et d'une chaleur intense, vous êtes secoué dans tous les sens à haute vitesse. Bref, la Stratos est bel et bien une voiture sportive, à 7000 tr/min le V6 Dino vous transporte dans une autre dimension, un bruit ahurissant provenant de l'arrière traverse l'habitacle et vous remplit les oreilles.

Si la conduite peut s'avérer difficile, on ne peut que s'incliner face à son extrême maniabilité dans les virages.

Retour vers le futur

Malgré les 38 ans qui la séparent de son aînée, ce revival garde son design extraordinaire. Des lignes taillées, un empattement toujours aussi bas. Seuls les phares non rétractables distinguent la Stratos 2010 de son ancêtre. Une masse de 1250 kg, toujours dans les normes de sa devancière, ce n'est donc pas une mutation, c'est une évolution (réussie).

Made in Ferrari?

Si Ferrari occupait une place importante dans la conception de la Stratos dans les années 1970, il en est de même aujourd'hui. Le V6 de la Dino est remplacé par un monstrueux V8 de 510 chevaux provenant de la F430 Scuderia, autant dire que la sonorité à l'arrière sera plus... bruyante.

Autre détail qui marque son importance, la boîte de vitesse. En effet, si la boîte à 5 rapports (provenant également de la Dino) était assez difficile à utiliser (la première s'enclenche vers le conducteur, une habitude à prendre, mais les calages au démarrage ne sont pas rares), la nouvelle 6 rapports type F1 permet à la Stratos de donner ses meilleures performances. Un 0 à 100 km/h passé en moins de 3 secondes et 274 km/h atteints en vitesse de pointe.

Une série de 25 exemplaires... prévue

Pour le moment, seul un modèle est sorti des usines de production, cependant une rumeur court au sujet d'une minisérie de 25 exemplaires.

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