Hugo Cabret

Martin Scorsese réalise un vrai conte de Noêl, dédié à l'enfance, l'enfance de l'art et l'enfance du cinéma.

Pour ceux qui hésiteraient encore, il faut accompagner vos enfants et vous précipiter dans les salles pour découvrir les aventures d'Hugo Cabret. Une véritable histoire qui renoue merveilleusement avec la tradition du conte initiatique comme nous n'en avons pas vu depuis longtemps. A cela, Scorsese ajoute la troisième dimension dont l'immersion dans la foule de la gare Montparnasse - microcosme et unique décor des cette aventure - des années 30 agit comme une machine à remonter le temps. Merveille de la technologie, la passion des inventions est aussi une constante du récit, comme un hommage aux grands chercheurs qui ont permis à l'homme d'accomplir ses rêves les plus fous.

Oliver Twist

Hugo Cabret est un jeune orphelin d'une douzaine d'années, qui remonte les horloges de la gare Montparnasse depuis le décès de son père - qui était lui-même un génie de la mécanique et de l'horlogerie. Hugo est livré à lui-même, car il a été recueilli par un oncle alcoolique, méchant comme un ténardier . Il survit parmi les habitués et les commerçants de la gare et tente d'échapper quotidiennement au gardien-brigadier survivant mais handicapé de la grande guerre (Sacha Baron Cohen, décidément jamais là où on l'attend). Il est aigri le brigadier par sa jambe en métal, cependant même s'il rêve d'envoyer Hugo à l'orphelinat, il ne nourrit pas moins l'espoir de séduire un jour mam'zelle Lisette, la jolie fleuriste.

Hugo n'a qu'un seul but, réparer un automate hérité de son père, qui selon lui renferme un message de feu son papa décédé mystérieusement dans un incendie. Malheureusement son carnet dans lequel se trouve la clé du mystère a été confisqué par le propriétaire - non moins taciturne - d'une modeste échoppe. C'est alors qu'il fait la connaissance de sa nièce, Isabelle (orpheline comme lui et férue de romans d'aventures) avec laquelle il va poursuivre la résolution de l'énigme de l'automate.

Le voyage dans le lune

Récit en tiroirs et mise en abyme, de la mécanique des horloges nous voilà face aux origines du cinématographe et de ses inventeurs. Martin Scorsese grâce à la 3D, notre aventure contemporaine (ingénieuse et pertinente utilisation), va faire renaître de ses cendres les dessins de Georges Méliès (Ben Kingsley), s'échappant plus vivant que jamais d'une boîte où ils étaient enfermés depuis de longues années, et ainsi projetés en l'air, il en révèle à nouveau la beauté. De même nous assistons à la première projection au Grand Café du premier film par les frères Lumière. L'entrée en gare de la Ciotat d'un train qui semble bien réel, à tel point que les spectateurs saisis de stupeur en face du spectacle de l'image animée, ont l'impression - comme nous - qu'en sortant du cadre il se dirige droit sur eux, prodigieux.

A travers le destin mythologique d'un orphelin interprété par le jeune Asa Butterfield, intense et magnifique, Martin Scorsese rend un hommage vibrant au cinéma avec la générosité d'un cinéaste comblé par ses propres étoiles. C'est émouvant de sincérité et une invitation aux rêves qui vaut pour tout le monde mais surtout, n'oubliez pas vos enfants.

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