L'Agence

En adaptant une nouvelle de Philip K.Dick : The Adjustment Team, George Nolfi arbitre une partie de cache-cache élégante, et jongle avec les références

On ne sait trop quoi penser à la vue de ce film, dont les deux acteurs sur l'improbable affiche sont l'attraction principale : Matt Damon, bankable oblige et à son bras la pétillante et britannique Emily Blunt, nouvelle reine de Hollywood après son passage très remarqué dans le diable s'habille en Prada .

Ce couple porte en partie le film, dont le scénario tire les ficelles de ce qui se fait de moins original outre-atlantique.

Coup de foudre à Manhattan

A New-York de nos jours, Matt Damon s'appelle David Norris et campe le candidat démocrate au Sénat. Victime de la malveillance médiatique (quelle surprise), il sort vaincu des élections. Le jour de sa défaite il rencontre Emily Blunt, qui porte le doux prénom d'Elise. La belle est danseuse contemporaine, et le samedi après-midi n'a manifestement rien de mieux à faire que de s'incruster dans des mariages et boire du champagne, planquée dans les toilettes des hommes…Mais belle idée du destin car c'est là qu'ils vont se rencontrer et s'enticher littéralement l'un de l'autre. Ainsi les ennuis commencent et de façon assez grotesque, car tout ce qui suit, gâche un peu cette mise en bouche prometteuse.

Toute l'introduction, fonctionne à merveille : Belle exposition de la galerie des personnages dans un New-York lumineux dans ses reflets, et le duo joliment complice, fait perdurer l'intérêt (quoique difficilement) de les voir se débattre entre déterminisme et libre arbitre.

Mad Men

Mais il faut s'armer de patience, car trop souvent on en peut plus de ce scénario vu et revu, façon Matrix servi à la sauce complot des " M ens in black ", mais classe, à l'échelle du monde (pas mégalo le gars), où des hommes en complet trois pièces et n'oublions pas le chapeau - passe partout indispensable pour traverser les murs - veille au bon déroulement non seulement de la matrice politico-économique - et c'est là que ça coince - mais du destin individuel de chacun. Toute proportion gardée, car pour se faire il manque de gens à l'agence, tu m'étonne..? Non là vraiment, trop c'est trop. Même si la présence de John Slattery de l'agence "Sterling cooper" de la superbe série Mad Men , apporte un petit quelque chose un rien jubilatoire. Mais dommage que le scénario labour lourdement le terrain manichéen aux rebondissements vraiment "inattendus", car malgré cela, un plaisir persiste à la vision de ce cluedo post-libéralisme (c'est qui le boss ?) définitivement enraciné dans le terreau américain. Ainsi, partisans de "l'anti-américanisme primaire" s'abstenir.

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