Les infidèles

La bande à Dujardin défraye la chronique depuis le premier jour de sa promo. Cependant à la vison du film, on se dit que c'est beaucoup de bruits pour rien.

Rien de très original d'aller voir du côté des infidèles, c'est à dire du côté de Jean Dujardin. Notre fierté nationale accueillie telle Marylin Monroe à l'aéroport, par une foule hystérique. Grand gagnant de la mécanique marketing Hollywoodienne, il semble paradoxalement perdre en épaisseur, depuis sa campagne américaine. D'autant que son acolyte lui colle aux basques : Gilles Lellouche parti buller à ses côtés pour le soutenir (est-ce vraiment nécessaire ?). Sait-on jamais, de là que Martin Scorsese remarque l'acteur charismatique, sous l'apparente beauferie . Mais c'est vrai que c'est un phénomène quand même le Jean ! D'un gars, une fille, il vole la vedette à Brad Pitt. Du coup nous le retrouvons à son retour de Los Angeles bien dans son jus. Auteur d'un film à sketches co-écrit par son acolyte toujours (et d'autres copains), avec en ligne de mire la fourberie toute masculine.

Il Sorpasso

Décidément la comédie italienne a le vent en poupe en ce moment. Comme une envie d'en découdre avec l'hypocrisie bien pensante et ses sentences moralisantes. De libérer la parole de son carcan de bons sentiments. D'être insolent et carrément grossier, juste pour rire, soyons désinvoltes ! A ce beau projet les compères ont décidé de joindre un portrait au vitriol de l'infidélité (compulsive semble-t-il) dans le couple, du "sexe fort". Beau programme. Quand la fiction rejoint la réalité, nos deux queutards, du moins les personnages qu'ils incarnent, ont des rêves d'Amérique eux aussi. Ils ont décidé de lâcher les chiens à Las Vegas, en prétextant auprès de leur femme respective un voyage gagné sur internet. C'est marrant comme les deux se mettent en scène : Ils chaussent les santiags dans le désert et se bagarrent dans les poubelles. Et puis ils sont les rois de la roulette et du black jack entourés de bimbos , ils enchainent les succès et les coïts, jusqu'à celui pressenti (puisqu'ils jouissent ensemble depuis longtemps), d'un coït entre bons copains. Nous regrettons que ce geste (osé quand même et troublant pour la gente masculine présent dans la salle) ne soit complètement assumé et vire immédiatement à la parodie potache. Ainsi cette audace est immédiatement balayée d'un revers de main, car ces chers compères préfèrent bien sûr la bouffonnerie mille fois vue et manquent une occasion au demeurant bien intéressante, de parler de sexe sans tabous, dommage.

Les petits mouchoirs

D'autant que ce sketch est le seul avec celui d'Alexandre Courtès, à revendiquer le ton de la comédie. On se demande ce qu'a bien pu concocter Jan Kounen pour être censuré illico, et de ce fait nous regrettons qu'il le soit, car malheureusement celui de Lartigau et ce personnage interprété par Lellouche, qui se prend un démon de midi en pleine poire, bascule rapidement dans le pathétique - pourtant c'était bien parti avec Nicole Croisille . Le manque d'humour crescendo de la mise en scène n'apporte rien. Pourquoi ne pas rire de ce comportement ridicule ? Bref, idem pour celui de Bercot, aussi très sérieux et grinçant, qui a cependant le mérite de nous révéler Alexandra Lamy comme nous ne l'avons jamais vu. Sûrement parce que c'est une femme qui pose son regard sur une autre femme. Un regard d'ailleurs globalement absent de cette petite série, qui à la longue se contente d'accumuler les poncifs. Quant à Michel Hazanavicius, il confie encore une fois à son acteur fétiche un rôle sur mesure. Le sourcil qui joint les deux bouts à la Frida Kahlo , Jean Dujardin incarne un cadre moyen en séminaire dans un novotel de la banlieue de St Etienne. Réjouissance au programme et regard lubrique, l'épisode est plutôt réussi malgré quelques lourdeurs dans le scénario. Enfin, rien de très neuf du côté de la comédie française qui ne risque pas, elle, de s'exporter outre-atlantique.

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