Rome

Rome comme vous ne le l'avez encore jamais vu sur le petit écran - devenu décidément très audacieux - et servie magnifiquement en version originale.

Bien que le paysage cinématographique s'anime à nouveau cette semaine, arrêtons-nous un instant sur cette série inédite (de 2005), en provenance de la bien aimée HBO et diffusée ces dernières semaines par la bien nommée ARTE.

Jules César

En 49 avant J.C, Jules César est définitivement le vainqueur de la Gaules. Pro-consulaire avec le non moins puissant Pompée , appelé aussi Magnus le Grand , il entend bien prolonger son mandat alors même qu'il est en campagne militaire perpétuelle. Le Sénat refuse, César franchit alors le Rubicon et déclenche la guerre civile.

C'est à Pompée qu'est confié la conduite de ce conflit pour sauver la République. César l'emporte évidemment. Personnalité fascinante, génie de stratège militaire, sa largeur de vue et sa clémence envers ses conspirateurs, lui valent une admiration quasi-universelle.

César l ' Imperator, débarrassé de ses rivaux politiques et acclamé par la plèbe, est nommé dictateur ad vitam aeternam alors même que la charge extraordinaire est accordée pour une durée maximale de six mois. Il concentre désormais tous les pouvoirs de la république et nomme lui-même les gouverneurs des provinces.

Lucius Vorenus

Profondeur de champs sidérante de cette série réaliste au point de flirter avec les genres interdits au moins de 18 ans. Le spectacle, n'est plus seulement le combat musclé des Gladiateurs, ni des soldats sur les champs de batailles - celles-ci d'ailleurs sont le plus souvent traitées en ellipses - mais le quotidien des rue malfamées de Rome où le sang coule à flot. Les us et coutumes de la société Romaine cruellement hiérarchisée, dans laquelle pour les femmes il valait mieux être riches, nobles ou vestales, voire bien mariées. Même les hommes désargentés devaient lutter pour ne pas sombrer dans l'esclavage, alors qu'une simple défaite au combat pouvait y conduire. Les Romains étaient de fiers guerriers qui pensaient avec leur corps, parfois avec leur coeur et avaient néanmoins le sens de l'honneur. Sur la colline de l' Aventin , c'est Lucius Vorenus simple plébéien mais soldat émérite, qui est nommé magistrat, un privilège et un titre que lui accorde César , héritier direct de droit divin d' Enée et de venus .

Rome centre de l'occident, Rome berceau de notre civilisation.

Alors que les Chrétiens fustigeaient les Romains et leurs moeurs païennes de vaste " lupanar ", ceux-ci étaient cependant libres de penser ce qu'ils voulaient, du moment qu'ils pratiquaient le rituel : On invoque Junon et Jupiter , on pratique le sacrifice dont on partage l'offrande, sauf pour les dieux de l'enfer, dont la victime est entièrement brûlée : C'est l'Holocauste. Il est très bien vu d'ailleurs de noter comme les codes et signes ostentatoires de la Rome impériale dans sa volonté de puissance, ont été récupérés par le nazisme et le fascisme.

Auguste

Finalement en 44 av. JC, César est lâchement assassiné à coups de couteaux par les sénateurs, qui croient reconnaître en lui, une volonté de transformer leur République en une monarchie hellénistique. Déclarant officiellement une amnistie pour ne pas sombrer dans le chaos, le testament de César fait autorité : Octave son neveu est son seul héritier.

C'est sur le sacre d 'Octave , devenu Auguste , le premier empereur d'une longue dynastie que se termine malheureusement la seconde et dernière saison - un tournage dans les studios de Cinecittà étant très onéreux. Octave évince enfin Marc-antoine gouverneur de la Rome orientale, au côté de Cléôpatre reine d'Egypte, avec laquelle il vit une passion sulfureuse nimbée des vapeurs du chanvre et de l'ambroisie .. un tantinet décadent aux yeux du Principat d 'Octave, dont le but est de restaurer la République et ses valeurs fondamentales : La moralité publique, le travail, la famille, le mariage et la natalité.

Mais sous le Principat, tout reste question d'apparence … Rome berceau de notre civilisation.

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