Quelques gestes simples pour réduire nos déchets

La semaine européenne de réduction des déchets permet de rappeler comment chacun peut agir au quotidien en faveur d'un des grands enjeux de société.

L'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) nous alerte déjà depuis quelques années et mène une campagne d'information pour alerter la population sur l'enjeu considérable que représente la gestion des déchets et donc la nécessité de réduire le volume de ceux-ci. Au slogan « Réduisons vite nos déchets, ça déborde », l'Agence rappelle chacun à sa responsabilité individuelle et réaffirme la nécessité de repenser nos modes de consommation en vue de la protection globale de l'environnement.

A l'instar de la devise de l'Agenda 21* qui préconise de « penser global, agir local » et comme le soulignait si justement la campagne télévisuelle lancée en France en 2003, « il n'y a pas de petits gestes lorsque l'on est 65 millions à les faire », la campagne de l'ADEME remet chaque citoyen au centre des préoccupations environnementales. Objetcif: que tous prennent conscience que la protection et l'avenir de la planète ne se jouent pas dans les instances internationales déconnectées de la réalité des citoyens mais au centre de chaque foyer.

Le plastique a récemment été sous le feu des projecteurs du fait de la nocivité avérée du bisphénol-a qui entre dans la composition de nombreux objets du quotidien. C'est un des fléaux de notre société actuelle et notamment pour la pollution générée dans les mers et les océans. Un documentaire choc a été réalisé par Werner Boote** et est sorti en septembre 2010 (sortie prévue en France en mars 2011). Il montre l'impact totalement dévastateur sur les écosystèmes et même sur la santé humaine de ce matériau qui fait partie intégrante de notre quotidien. Terriblement effrayant, car il nous montre que nous ne pourrons pas nous débarrasser du plastique qui envahit les océans et même nos organismes. Mais aussi constructif, car il explore des pistes alternatives pour s'orienter vers d'autres matériaux moins nocifs, ce documentaire souligne à quel point il incombe à chacun de veiller au quotidien à l'impact global de son comportement individuel. Mais alors...

Comment agir au quotidien?

ll est vrai qu'entre le discours qui nous culpabilise et les scènes auxquelles on assiste au quotidien, il y a un certain décalage qui nous révèle que nos dirigeants ne sont ni à une contradiction ni à un paradoxe près.

D'abord nous ne maîtrisons pas les emballages dans lesquels sont conditionnés les produits de consommation que nous utilisons. Certes, il est conseillé d'acheter en vrac, mais dans les supermarchés, bien souvent ceux qui souhaitent s'approvisionner en fruits et légumes issus de l'agriculture biologique se rendent compte à leur dépens que les aliments sont emballés. Comble du paradoxe, et certainement cette déconvenue est arrivée à quelques uns, dans certaines surfaces, les aliments vendus à la pièce sont emballés individuellement dans du plastique. C'est le cas des avocats et des pamplemousses, pour lesquels une quantité exorbitante de plastique est utilisée et qui du même coup sont vendus à des tarifs rédhibitoires.

Ce que chacun peut faire, à son niveau, c'est contourner ces modes de distribution qui confinent à l'absurde. D'abord choisir les conditionnements durables: penser à utiliser les cabas pour ne pas prendre de sacs plastiques. Une enquête révèle que 54% des français utilisent des cabas ou des sacs réutilisables. Ce qui fait encore près de la moitié de la population qui ne se sent pas concernée par ce geste pourtant simple et peu contraignant. Car la durée d'utilisation d'un sac plastique est de quelques secondes une fois les courses déchargées, il repart directement à la poubelle et se retrouvera invariablement dans la nature.

On peut aussi lutter contre les emballages plastiques que l'on nous impose. Qu'a de biologique un fruit importé du bout du monde et emballé dans un emballage plastique qui fait presque son poids? Autant choisir des productions plus locales, peut-être pas labellisées AB mais dont la chaîne de production, de sa culture, à son transport et jusqu'à sa distribution, est bien moins consommatrice d'énergie et de matières non recyclables.

Les marques elles-mêmes s'interrogent sur les pistes à explorer pour réduire les emballages à la source. Ainsi certains yoghourts vendus par quatre sont désormais dépourvus de carton d'emballage, qui n'ont d'autre utilité que marketing. Le salon de l'emballage qui ferme ses portes ce jour propose des solutions alternatives pour que le consommateur ne soit justement pas victime des conditionnements qu'on lui impose.

Investir un peu, économiser beaucoup

On peut aussi choisir de faire un petit effort pour que notre vie quotidienne ne soit plus rythmée par le tout jetable et donc réduire considérablement ses déchets pour un petit investissement financier au départ. Ainsi, utiliser une carafe filtrante pour boire de l'eau du robinet vous dispensera d'acheter de l'eau en bouteille plastique.

Il existe même maintenant des machines pour gazéifier l'eau et donc réaliser soi-même son eau pétillante, voire même des sodas. Vendue avec deux bouteilles et un système de consigne pour recycler les cartouches de gaz, cette machine ne coûte qu'une centaine d'euros et vous permet de supprimer définitivement de vos poubelles toutes les bouteilles en plastique. Sur une année, la réduction du volume de déchets est saisissante.

Faire soi-même ses yoghourts, cela ne demande qu'un petit effort une ou deux fois par semaine suivant la taille de la famille. En moins de deux minutes la préparation est faite et versée dans les pots en verre; la machine coûte au maximum entre 50 et 70 euros. Exit les pots en plastique, la poubelle diminue encore.

Enfin, et c'est en plus très tendance, vous pouvez également vous équiper d'une machine à pain. Il en existe de toutes sortes, tailles et fonctions. Vous n'avez que l'embarras du choix, et cela vous évitera d'acheter brioches et autres viennoiseries emballées dans du plastique. Votre santé aussi en bénéficiera.

En modifiant son comportement, le consommateur peut tout à fait être moteur de changement en amont, car les entreprises chercheront des solutions alternatives aux emballages et aux conditionnement si en les délaissant le consommateur refuse qu'on lui impose.

*L'Agenda 21 est le texte général qui a été élaboré à Rio en 1992 par les Nations Unies, à l'issue de leur sommet. C'est un agenda de mesures pour servir les objectif du Millénaire pour le développement. Le chiffre est à la fois celui du nombre de mesures à adopter et le fait que cet Agenda a été conçu pour le XXIe siècle lorsque les Nations Unies se sont accordées sur leurs intentions.

** Voir aussi l'ouvrage: Plastic Planet, la Face cachée des matières synthétiques, de Werner Boote et Gerhard Pretting, traduction de Dominique Taffin-Jauhaud, éditions Actes Sud, 250 pages, septembre 2010.

Voir aussi http://www.ewwr.eu/fr/

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