Paradigme Cromwell : le courant électrique, rien ne l'arrêtera !

De la BD décalée et parfois trash, au punk spaghetti musical de "La bonne, la brute et le truand", Didier Cromwell : un artiste au courant "éclectique".
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Lors de l'entretien du 15 septembre 2010, Didier Cromwell, s'avère un artiste aussi décalé et entier que sa bibliographie. Amoureux de littérature et de dessin, les années ne lui ont jamais fait oublier l'une de ses premières passions : la musique. Alors que faire des choix est par définition l'art d'apprendre à renoncer, Didier Cromwell prouve qu'on peut choisir de "ne pas choisir"...

Défouloir musicale : l’heure de la brut e !

Depuis 2002, alors qu'il continue à travailler en parallèle à l'écriture de sa série Anita Bomba (T5), l’illustrateur, troque régulièrement ses crayons contre une guitare et un micro au sein du groupe "La bonne, la brute et le truand" ( à découvrir sur leur page Myspace ). Magma explosif, au son saturé, les textes et la musique sentent la sueur et la spontanéité. Ne cherchez pas, le trio s’inspire des groupes issus de la scène garage tels que les MC5, les Stooges ou encore les Ramones.

Très loin de sa formation classique débutée enfant par le violoncelle, pour lequel il garde une affection toute particulière, Didier Cromwell s’attaque - au côté de Lionel Charbonnier (batteur des « Washington Dead Cats » et « Alerte Rouge ») et de Taga (guitariste et chanteuse) - à la « pure provocation » d'un genre autoproclamé "punk spaghetti".

L'énergie électrique : ni alternatif, ni compromis

« J’aime cette forme de "provocation à l’anglaise ", l’improvisation presque totale, l’humour burlesque des textes et la musique qui nait d’un " yaourt " quasi spontané " reconnaît Didier Cromwell. Il vit cette aventure comme « un formidable défouloir artistique ». Ce "yaourt" à tout de même fermenté pour donner naissance à un album " Rien ne m'arrêtera " sorti dans les bacs en 2007.

Naviguant entre l'esprit western décalé d'un Sergio Leone musical dont il se réclame, le trio tire sur toutes les ambulances. Sans pitié, pour le " Punk chien " sodomite ou le " Babyliss " du coiffeur, le groupe ne se prive pas au passage de revisiter, à sa façon, des titres emblématiques des Sonics ( Strychnine ) et de Motorhead ( Bomber ). Voici ce qu'en disait, à la sortie de l'album, le site Destination Rock .

Défouloir graphique : quand musique et BD ne font qu'un

Mais cette énergie (presque violente) ne se cantonne pas qu'à la scène. Cette vraie passion pour la musique, loin d’être anecdotique, prend régulièrement la forme du 9e art. Pour preuve ses participations à plusieurs collectifs BD sur le thème de la musique :

  • "50 years around the rock”, Collectif, collection BD Rock, n° 1, Editions Nocturne 2004.
  • "Gainsbourg, Volutes 2, Melody et Marilou", 2006.
  • "Thiéfaine – Alligators 427", 2007.
  • "La Bonne, la brute et le truand : rien ne m’arrêtera", Editions Nocturne 2008.

Retour à la case BD : L'heure du Mohican

Mais alors comment, dans une carrière aussi atypique, « Le dernier des Mohicans » atterrit-il sur sa table à dessin ? Tout commence il y a quatre ans (en 2006) avec l’appel téléphonique de Clothilde Vu, qui contacte Didier Cromwell pour lui demander conseil pour préparer le dossier de présentation d’une nouvelle collection, destinée à l’éditeur Soleil Productions.

Le projet dans le fond s’apparente à bons nombres de collections en vogue chez les éditeurs du 9è art : adapter des classiques de la littérature au format BD (genre largement occupé par la collection "Ex-Libris" Chez Delcourt, "Littérature en BD" chez Petit à Petit, "Comédia" qui s’attaque aux classiques du Théâtre chez Vents d’Ouest, "Univers d’auteurs" qui propose aussi quelques adaptations chez Casterman, ou encore "Adaptation littéraire" chez Emmanuel Proust,…).

L'heure du truand : la fièvre graphique

Mais « faire de simple copier-coller des textes classiques » n’intéresse pas Didier, jusqu’à ce que son interlocutrice cite le format et le ton qu’elle souhaite donner à sa collection. Les mots " format comic ", " adaptation libre " et " Le dernier des Mohicans " placés côte à côte dans la même phrase, auront le pouvoir de réveiller en l’illustrateur un flot d’images, de sensations et de souvenirs.

Il ne sait pas encore, à ce moment là, que la toile se referme petit à petit sur le "Truand" musical. La bande dessinée le capture au laso et le tiendra dans une fièvre graphique pendant les trois années qui suivront...

"Le paradigme Cromwell", lire le dossier complet :

1er partie : La longueur égale à la distance parcourue

2eme partie : La masse de l'expérience

3eme partie : Le temps une constante variable

4eme partie : Le courant électrique, rien de l'arrêtera !

5eme partie : La température égale au tempérament

6eme partie : La quantité de matière du rêve à la réalité

7eme partie : L'intensité lumineuse de l'ombre

Lire la Chronique : "le dernier des Mohicans" de Cromwell et Catmalou (Soleil Productions - 2010)

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