La saga BioShock

Zoom sur la saga vidéoludique BioShock. En peu de temps, ces FPS originaux se sont imposés dans un secteur où la concurrence est très rude. Décryptage.

Descendants des System Shock et Deus Ex , BioShock et sa suite (respectivement sortis en 2007 et 2010 sur PC, Xbox 360 et PS3) sont des FPS (First Person Shooter) incluant des éléments de RPG. Loin des univers éculés de la seconde guerre mondiale ou de la S-F de bas étage qui ont fait leur temps dans ce secteur, BioShock , à défaut de révolutionner le genre, mise sur une ambiance unique qui lui procure une forte identité. Zoom sur une saga à succès, dont le troisième opus est déjà en développement.

Une histoire envoûtante

BioShock , c'est d'abord une histoire qui s'intègre harmonieusement dans le jeu. Son créateur, Ken Levine affirme dans une interview accordée au site IGN : " J'ai lu des bouquins de Ayn Rand et George Orwell et tout un tas d'œuvres utopiques et dystopiques du XXe siècle que j'ai réellement trouvées fascinantes. " Dans les grandes lignes, nous sommes en 1960, et Jack (le personnage incarné par le joueur), est le seul survivant d'un crash aérien. L'avion s'étant abîmé en mer, il nage jusqu'à un phare. A l'intérieur, il découvre une bathysphère au sein de laquelle il va s'engouffrer dans les profondeurs de la ville déchue de Rapture. Autrefois, c'était le meilleur des mondes... où la science n'était pas muselée par les questions d'éthique, où les artistes ne craignaient pas les censeurs. Aujourd'hui c'est un enfer situé 20 000 lieues sous les mers...

Un environnement steampunk sublime et hostile

La cité sous-marine baigne dans un environnement art déco délicieusement vintage , mais agrémenté d'éléments de S-F : on peut rattacher l'esthétique du jeu au mouvement steampunk , néologisme souvent traduit par "futur à vapeur", désignant un monde uchronique dans lequel les machines de l'ère pré-industrielle côtoient les technologies dernier-cri, réelles ou fictives. Aussi beaux qu'effrayants, les lieux recèlent de pièges et d'ennemis : des caméras vous scrutent à la manière d'un Big Brother , des tourelles de défense vous attendent au détour de couloirs sombres et poisseux. Pire, les habitants de la ville sont devenus fous ! Appelés Chrosômes, gavés d'Adam (une substance constituée de cellules souches instables, qui procure d'importants pouvoirs, mais qui entraîne des déformations physiques et mentales à trop haute dose), ils vous attaqueront sans relâche. De différentes natures (grosse brute, armé, explosif, Houdini, plafonnier), ils ne vous poseront toutefois pas autant de problèmes que les protecteurs ou Big Daddies . Monstre de métal doté d'un armement dissuasif, chaque Big Daddy escorte sa Petite Soeur (une petite fille qui a pour fonction de récupérer l'Adam), qui est la cible de toutes les convoitises, puisque gorgée de la précieuse substance. Le joueur aura le choix de s'y frotter ou non, de récolter ou de sauver les Petites Soeurs selon sa soif de pouvoir...

Un gameplay innovant, mélange de plusieurs genres

Les FPS ont évolué depuis l'ancêtre Doom , et BioShock synthétise ces évolutions en matière de gameplay . En effet, outre le côté FPS basique (avancer, tirer), le jeu combine deux types d'armes complémentaires : les armes basiques (pistolet, mitraillette, fusil à pompe...) et les plasmides (des sorts que l'on peut jeter sur les ennemis : feu, glace, foudre, nuée d'insectes...) Ensuite, c'est au joueur d'utiliser au mieux les deux systèmes en les associant. Par exemple, congeler le Chrosôme avant de le faire exploser d'un coup de fusil à pompe, ou bien utiliser la foudre si les ennemis ont les pieds dans l'eau... En outre, le jeu se dote d'un système d'évolution du personnage lorgnant vers le RPG. On doit fouiller les cadavres pour trouver des objets et de l'argent, et surtout faire des choix cornéliens : améliorer telle arme à la place de telle autre, gérer les bonus que l'on collecte car les emplacements sont limités, choisir les plasmides nous paraissant les plus appropriés car là aussi, la place est restreinte. On retrouve également ces choix dans l'histoire elle-même. Selon votre décision de sauver ou non les Petites Soeurs, la fin du jeu sera différente. Un principe courant dans les S urvival Horror de type Resident Evil ou Silent Hill . Beaucoup moins dans un FPS.

BioShock 2 ou 1.5 ?

Fort de son succès, BioShock a droit à sa suite en 2010. Retour à Rapture dix ans après les événements du premier opus, mais cette fois-ci dans la peau d'un Big Daddy à la recherche de sa Petite Soeur. Le jeu utilise le même moteur graphique que son prédécesseur, donc pas beaucoup d'innovations sur le plan technique. De même, les environnements paraissent un peu trop similaires à BioShock 1 , ou est-ce l'effet de surprise qui ne joue plus ? Niveau gameplay , celui-ci a été affiné en permettant d'utiliser simultanément plasmides et armes, et il est jouissif de bénéficier de la force tranquille d'un Protecteur (de la foreuse en particulier). Mais il ne faut pas pour autant se croire en sécurité dans l'armure métallique : les déplacements sont plus lents, et les Chrosômes pullulent plus que jamais, sans compter sur la nouvelle terreur, la Big Sister , bijou de technologie associant la puissance de feu d'un Protecteur à une rapidité hors-pair.

Aussi long que le premier, bénéficiant de la même ambiance, doté d'un mode multijoueurs tout à fait correct, on pourrait toutefois reprocher à l'excellent élève BioShock 2 un côté trop appliqué, qui ne cherche pas trop à se mouiller, car il se contente la plupart du temps de se reposer sur les acquis de son aîné.

BioShock 3 Infinite : un nouveau départ

Le prochain BioShock coupe avec ses prédécesseurs, ne l'appelez plus BioShock 3 mais BioShock Infinite . Exit Rapture, on prend désormais de l'altitude avec la ville de Columbia, perchée au dessus des nuages à l'aide d'une imposante machinerie. Construite par les américains pour prouver leur supériorité sur le reste du monde au début du XXe siècle, elle a échappé à tout contrôle depuis une dizaine d'années. C'est en 1912 que le joueur incarnera un détective chargé par un mystérieux commanditaire de ramener sur la terre ferme une femme prisonnière de cette cité des nuages. Un commanditaire qui connait l'emplacement de Columbia...

Les premières images semblent prometteuses, on reconnait d'emblée l'empreinte graphique BioShock, l'aspect dystopique, le courant steampunk déjà mentionné plus haut. Niveau gameplay , si l'on ne prévoit pas de grands bouleversements (les plasmides seront toujours de la partie), les environnements ouverts, inédits dans un BioShock , devraient tout de même apporter leur lot d'innovations. Fort du savoir-faire indéniable des développeurs d' Irrational Games , on peut déjà parier sur un futur hit.

Sortie prévue en 2012 sur PC, Xbox 360 et PS3.

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