Carnet de Mode : le premier My Major Company de la mode

Alors qu'un nouveau concours vient préparer l'ouverture du site Carnetdemode.com, prévue au 15 janvier 2011, zoom sur ce projet communautaire attractif.

Jadis essentiellement œuvres d’artisans, aujourd’hui sous l’emprise des industriels, les créations de mode sont désormais indissociables du marketing et de la publicité. Pourtant, surtout en temps de crise, les consommateurs veulent avant tout être beaux pour gagner en confiance et plaire davantage. Pour cela, ils préfèrent faire des folies qu’opter pour une pièce sans personnalité, produit du mass market .

A une époque où il faut sortir du lot pour survivre, les sociétés sont contraintes à évoluer en se focalisant sur les attentes de leurs clients. Pour tenter de traverser la crise et y survivre, les créateurs doivent s’ancrer dans l’air du temps. Le phénomène de « masstige », association d’une marque de prestige à une grande enseigne (Jean-Paul Gaultier avec la Redoute ou Karl Lagerfeld et Sonia Rykiel avec H&M), se développe et les grandes griffes bradent leurs prix à l’aide d’Internet. Ainsi, le « luxe » devient plus accessible et moins « bling-bling ».

Carnet de Mode surfe sur cette mouvance et répond aux attentes des internautes en leur proposant des prix tout doux sur des pièces uniques de jeunes créateurs ainsi promus.

Carnet de Mode : mode d’emploi

My Major Company, le label communautaire musical qui a permis aux internautes de miser sur des chanteurs, a été la première plateforme de crowdsourcing en France. Mais s’il s’en inspire, Carnet de Mode, proche de l’américain Fashion Stake , est le premier portail communautaire de l’Hexagone dédié aux jeunes créateurs.

Derrière lui, Arbia Smiti, chef de produit et acheteuse, fan de Christian Lacroix marquée par l’engouement suscité par son dernier défilé. « Si on pouvait faire quelque chose, tous l’aider… » : ces propos d'une jeune fille en larmes à la télévision la décident à lancer ce projet pour soutenir les jeunes créateurs qui peinent à percer. Elle est rejointe par l'agence de Stylisme FROG Agency et quatre communicantes : Elise Bonaventura, Camille Demenez, Ada De Lita et Marthe Charles.

Son objectif ? Interrogée par Suite101.fr, la fondatrice va droit au but : « Démocratiser la mode et le luxe sans toucher à la qualité ». Carnet de Mode est un système de financement communautaire qui permet la production de collections. A la mi-janvier, son site dévoilera à une cible essentiellement féminine les modèles réalisés par quatre jeunes créateurs. « Dans un premier temps, notre site sera concentré sur le prêt à porter féminin mais, à raison d’un nouveau créateur à découvrir par semaine, nous espérons élargir notre offre», ajoute-t-elle.

Les pièces précommandées cent fois par les inscrits seront produites et mises en vente sur l’e-boutique de Carnetdemode.com. Les membres de la plateforme qui avaient craqué pour ces créations en permettant leur succès bénéficieront alors d’un retour sur investissement.

Carnet de Mode : une opportunité pour les jeunes créateurs

Grâce à Carnet de Mode, les créateurs plébiscités par les internautes verront leurs collections financées et leurs modèles confectionnés Made in France. En réduisant les trop nombreux intermédiaires qui augmentent le prix de vente et diminuent les profits, ils gagneront du temps, de l’argent et… peut-être des clients. D’autant qu’ils pourront dialoguer avec ces derniers pour mieux répondre à leurs désidératas.

Plus d'une vingtaine de créateurs souhaitent déjà participer à l’aventure. Qui seront les heureux élus ? Il faudra attendre début 2011 pour le savoir. D’ici là, seuls les plus talentueux seront retenus. Leur dénominateur commun ? Des modèles uniques pointus et de luxe en harmonie avec le positionnement du site.

« Belle de Jour », un premier concours participatif

Parmi les quatre premiers chanceux jeunes créateurs qui ouvriront le bal en présentant leurs pièces à l’ouverture du site, le gagnant du Concours « Belle de Jour » lancé le 10 novembre 2010. Ses participants auront jusqu’au 15 décembre pour présenter le croquis de leur Robe du Jour 2010.

Avant l’ouverture intégrale du site, les internautes désireux de participer à l’aventure sont ainsi directement impliqués dans le projet puisqu’ils doivent voter pour leur coup de cœur. Ils désigneront ainsi dix finalistes qui présenteront un prototype devant un jury de professionnels de la mode qui choisira le lauréat.

« Be part of fashion », le slogan explicite de Carnet de Mode

Si les créateurs peuvent profiter du site pour trouver un financement et acquérir de la visibilité, ce sont les fashionistas et autres fan de mode qui feront leur succès. Et avouons-le, même s’il n’est pas au rendez-vous, les amateurs de mode pourront faire du shopping sans se bousculer en s’offrant des créations originales à prix réduits tout en s’amusant à parier sur les créateurs de demain. En outre, comme l’indique le slogan « Be part of fashion » : la force de ce concept est de permettre un dialogue créateurs/acheteurs en offrant à ces derniers le pouvoir d’influencer la mode de demain !

Innovant et ludique, ce projet l’est incontestablement. Mais il est un peu tôt pour parier sur lui. « Si après un mois, 40 % des pièces sont vendues, ce sera déjà une réussite », nous confie Arbia Smiti. Ambitieux cet objectif semble réalisable. Au fond, forte d’une campagne de marketing efficace et de promesses attractives, cette agence qui veut se spécialiser dans le lancement de nouveaux créateurs a un grand atout pour réussir. Elle colle à une société en demande perpétuelle d’interactivité, alimentée par la télé-réalité et les réseaux-sociaux, en voulant faire de ses membres les acteurs et les juges de podiums qu’auparavant ils ne faisaient qu’admirer.

Reste à savoir si le talent sera au rendez-vous pour faire de ce projet une réussite et non pas le simple écho d’un phénomène de mode… Car même le réussi My Major Company n’a depuis 2007 ouvert les portes du succès qu’à Grégoire et Joyce Jonathan.

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