Manque de personnel qualifié dans les kindergarten allemands

Le manque de personnel qualifié en Allemagne, problème bien connu du secteur des sciences et techniques, s'étend à celui des services sociaux.

Pénurie de personnel qualifié en Allemagne

Alors qu’on ne parle plus en Europe que de crise économique et de chômage, l’Allemagne se bat contre le manque de personnel qualifié. Le sujet n’est cependant pas nouveau et suscite constamment de nouveaux débats politiques, portant en grande partie sur l’ampleur du problème qui toucherait essentiellement le secteur des sciences et techniques. Le gouvernement allemand a mis en place un ensemble de mesures pour y faire face, de la diminution des obstacles administratifs et bureaucratiques pour la main d’œuvre étrangère qualifiée souhaitant s’installer en Allemagne, en passant par des projets de sensibilisation des écoliers allemands aux carrières scientifiques, jusqu’à la mise en œuvre par les entreprises de politiques de soutien aux familles des employés, afin d’attirer plus de personnel qualifié.

Un phénomène qui s’étend aux services sociaux

Depuis peu néanmoins, le phénomène semble s’étendre à d’autres secteurs. Selon le magazine allemand Spiegel , Le Ministère et l’Agence allemande pour l’emploi viennent d’annoncer un plan visant à former les chômeurs de longue durée au métier d’éducateur de jeunes enfants dans diverses structures d’accueil telles que les crèches ou kindergarten , structures proches des écoles maternelles françaises , ainsi qu’à celui d’assistant de vie pour personnes âgées. Ces secteurs sont en effet fortement affectés par le manque de personnel et pourraient bénéficier de cette mesure de reconversion des personnes sans emploi. Les deux institutions estiment à 5000 le nombre de chômeurs potentiellement concernés par cette politique. Les 10 000 employées de « Schlecker » licenciées suite à la faillite de l’entreprise commerciale allemande de produits cosmétiques et parapharmaceutiques en auraient le profil type.

Des mesures contestées

Ce projet n’est cependant pas sans éveiller des critiques, notamment auprès des professionnels de la petite enfance et d’assistance aux personnes âgées. Ils attirent entre autre l’attention sur le manque de qualifications de cette main d’œuvre inactive, que ne pourrait compenser le plan de reconversion : il ne suffit pas d’aimer les enfants pour devenir éducateur de jeunes enfants. Les responsabilités qu’implique le métier englobent à la fois la préservation du bien-être de l’enfant et son développement intellectuel et psychologique, des fonctions à grandes responsabilités qui nécessitent une formation appropriée et des compétences spécifiques. Les chercheurs dénoncent déjà depuis plusieurs années en Allemagne un niveau de formation insuffisant chez les personnes recrutées pour ces postes. Ils comparent la situation avec le modèle danois où la plupart des éducateurs et éducatrices possèdent un diplôme universitaire.

Des politiques de recrutement tournées vers l’étranger

Ces critiques mettent donc en avant la complexité du problème auquel doivent faire face nos voisins allemands. La main d’œuvre qualifiée est difficilement interchangeable d’un secteur à l’autre. La situation démographique en Allemagne va continuer à pousser les acteurs économiques à recruter à l’étranger. Un conseil donc aux ingénieurs, informaticiens, et désormais aux professionnels de la petite enfance et du soutien aux personnes âgées : apprenez l’allemand, cela pourrait vous offrir des perspectives de carrière outre-rhin !

Sur le même sujet