Bientôt une charte déontologique pour les journalistes ?

Jean-François Mancel, député UMP a déposé une proposition de loi visant à créér une charte déontologique pour les journalistes.

En réaction à un sondage sur la confiance accordée aux médias, Jean-François Mancel, député UMP de la 2e circonscription de l’Oise, propose la création d’un Conseil national de déontologie journalistique. Le sondage TNS Sofres, publié le 8 février dernier, mettait en avant une baisse (6 points de moins qu’en 2010) de la confiance des Français envers les journalistes.

Le résultat du sondage

Les Français font moins confiance aux médias que l'an dernier. La radio reste le média le plus fiable selon eux, avec encore 57% des Français qui lui font confiance, soit 3 points de moins qu'en 2010. Pour la presse écrite, seul un Français sur deux lui accorde une réelle attention. 49% selon le sondage, soit 6 points en moins.

Quant à la télévision, elle perd deux points avec 46% de confiance accordée. Enfin, internet est très exploité mais c'est seulement un tiers des Français qui lui accorde du crédit. Avec 35%, le pourcentage reste inchangé. Tout en sachant que ce média est utilisé majoritairement par les 18-25 ans.

Jean-François Mancel devant l'Assemblée

Jean-François Mancel a déclaré devant l’Assemblée nationale, le 13 juillet dernier : “Aujourd’hui, il apparaît nécessaire que le législateur intervienne afin d’instituer un organisme d’autorégulation des médias adossé à un code de déontologie reconnu par toute la profession."

Les raisons de cette proposition de loi? Des excès dans lesquels les journalistes tomberaient de plus en plus en raison de la surenchère médiatique, selon le député. Mais aussi pour empêcher des atteintes au secret défense, à la dignité et au respect de la personne…

Et dans le passé ?

La question d’un code déontologique des médias mis en place par l’État n’est pas nouvelle. En 2009, l’Elysée avait missionné Brunot Frappat, ancien président du directoire de Bayard-Presse, pour constituer un comité de 11 personnes afin de rédiger un code déontologique. Deux ans après, c’est un échec: le texte ayant été rejeté, d’une part par les syndicats de journalistes, et de l’autre par les représentants des éditeurs.

Nos voisins européens

En Grande-Bretagne, en Allemagne ou encore en Italie, des conseils de presse existent déjà. Sur cet exemple, Jean-François Mancel préconise un Conseil national composé de 21 membres (dont 7 représentants des éditeurs de presse, 7 représentants des journalistes et 7 représentants de la société civile) chargés d’établir un code de la déontologie journalistique et d’en assurer le respect.

Réactions

Le projet de loi connait de vives réactions notamment du côté des journalistes. Ainsi, Olivier Da Lage, journaliste à Radio France Internationale (RFI), écrit sur son blog qu’il s’agit d’"une volonté de mise sous tutelle". L’initiative du député est interprétée comme une volonté de créer un conseil de l’ordre de la profession.

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