Bulla Regia : une ville antique de Tunisie

Bulla Regia a joué un rôle important dans la romanisation de sa région dans le nord-ouest de la Tunisie, après la conquête de l'Afrique par César.

Bulla Regia est une cité située dans l’ouest de la Tunisie actuelle, au pied du djebel R’bia. Elle était incluse dans la province romaine d’Afrique Proconsulaire et se trouvait sur l’itinéraire reliant Carthage à Hippone.

La ville royale numide

Elle a successivement appartenu au domaine punique, à partir du IIIe s. av. n. ère, puis au royaume numide Massyle, lorsque Massinissa s’en empara vers le milieu du IIe s. av. n. ère. Elle est devenue résidence royale de la dynastie numide, comme en témoigne le qualificatif Regia , associé à son nom. Dans un paysage où les villages sont majoritaires, la ville de Bulla Regia devait occuper une place assez importante.

Bulla Regia, cité romaine

C’est après la victoire de César à Thapsus (46 av. n. ère), face aux partisans de Pompée, avec qui le roi numide Juba Ier s’était allié, que Bulla Regia entra dans les possessions romaines ( Africa Nova ).

Sous l’influence des élites locales, la ville et ses habitants se romanisèrent progressivement, adoptant le latin, modifiant leur nom pour un patronyme romain, etc.

C’est sans doute à l’époque de Vespasien, que la cité obtint le statut de municipe. Ensuite, sous le règne d’Hadrien, elle devint colonie romaine honoraire, sous le nom de Colonia Aelia Hadriana Augusta Bulla Regia , comme en témoigne l’épigraphie. Les habitants qui n’avaient pas encore reçu la citoyenneté romaine, la reçurent à cette occasion.

Bulla Regia fut l’une des cités d’Afrique qui fournit le plus de sénateurs à Rome au cours de son histoire, attestant ainsi de sa parfaite intégration à l’empire et à la civilisation romaine.

En 399, Augustin, évêque d’Hippone, prononça un sermon à Bulla Regia, dans lequel il condamna le comportement de la population de la cité, qui fréquentait encore assidûment le théâtre, au contraire de ceux de Simitthus (Chemtou) qui y avaient renoncé, comme cela était préconisé par le christianisme.

Bibliographie

A. BESCHAOUCH, R. HANOUNE, Y. THEBERT, Les Ruines de Bulla Regia , Rome, 1977 ( Coll. École française de Rome , t. 28).

M. CHAOUALI, Bulla Regia, Bulla la royale, The royal Bulla , Tunis, 2010.

C. MAHY, "Inscriptions dédiées à Septime Sévère et à sa famille à Bulla Regia (Tunisie)", dans Volumen , n°5-6, 2011, p. 53-84.

A. MERLIN, "Lettre sur les fouilles de Bulla Regia", dans Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres , t. 50, 1906, p. 547-563.

P. QUONIAM, "Fouilles récentes à Bulla Regia (Tunisie)", dans Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres , t. 96, 1952, p. 460-472.

Y. THEBERT, "Bulla Regia", dans E. LIPINSKI, Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique , Turnhout, 1992, p. 81-82.

Y. THEBERT, "La Romanisation d’une cité importante d’Afrique: Bulla Regia", dans Mélanges de l’école française de Rome, t. 85, n°1, 1973, p. 247-312.

Sur le même sujet