Ebla, la première civilisation sémitique de l'histoire

Quelques décennies avant le royaume d'Akkad, la cité d'Ebla se développe en Syrie et devient la première culture sémitique de l'histoire

Située dans l’actuelle Syrie, sur le Tell Mardih, à environ 55-60 km au sud d’Alep, la cité-Etat d’Ebla profita de sa situation dans une région propice à l’installation humaine. En effet, plusieurs cours d’eau et une terre riche pour l’agriculture sont disponibles dans la plaine où se dressait la ville.

Chronologie du site d'Ebla

Le premier établissement humain sur le Tell Mardih date du IVe millénaire av. n. ère. Puis, c’est dès 3000 que le développement urbain du site eut lieu.

Entre 2350 et 2250 av. n. ère, ce fut l’apogée de l’histoire d’Ebla. Pendant cette période, elle étendit son hégémonie sur la Syrie du nord-ouest. Elle entretint aussi des relations diplomatiques suivies avec la cité de Mari, sur l’Euphrate et celle de Kish, une cité sumérienne). Une attaque de la ville par Akkad détruisit Ebla vers 2250 av. n. ère et mit fin à ce rayonnement.

La cité fut ensuite reconstruite, puis une deuxième destruction semble s’être produite au XXIe s. av. n. ère, mais sa cause et ses auteurs sont inconnus. Au cours des siècles qui suivirent, Ebla devint vassale du royaume de Yamhad, dont la capitale était Alep.

Une troisième destruction est survenue lors de l’occupation hittite de la région, vers 1650-1600 av. n. ère. Ebla ne se remit pas totalement de ce nouveau désastre. Seule une zone très réduite du site continua à être habitée, jusqu’à l’époque byzantine.

Les palais et les archives

Le complexe palatial le plus ancien (Palais G) que l’archéologie a pu identifier à Ebla date de la période de rayonnement de la ville sur toute la Syrie du nord-ouest (2350-2250 av. n. ère). Il s’agit à ce jour du plus ancien palais découvert en Syrie.

Un autre palais était consacré au prince héritier (Palais occidental, Palais Q). Il fut partiellement construit sur la nécropole royale de la cité, qui avait été utilisée entre le XIXe et le XVIIe s. av. n. ère.

Près de 17 000 tablettes inscrites en cunéiformes furent découvertes, entre 1974 et 1978, dans la zone administrative du palais, par les archéologues de l’université de Rome, qui fouillaient le site depuis 1964. Ces archives datent du IIIe millénaire av. n. ère. La langue utilisée pour la rédaction de ces tablettes est un dialecte sémitique du groupe occidental, propre à ce site et qui fut baptisé Eblaïte .

Autres monuments d’Ebla : rempart et temples

Le rempart, dont la base avait une largeur de 40 m, était percé de quatre portes monumentales. Des tours complétaient cet édifice défensif. Il est daté de la même époque que le palais.

Deux temples d’Ishtar ont été identifiés par les fouilleurs. L’un se trouvait sur l’acropole au centre de la cité, tandis que l’autre, le plus vaste, était édifié au nord ouest de la ville.

Près de la nécropole royale, un sanctuaire était dédié à Reshep, le dieu archer, et un autre au culte des ancêtres. En effet, lorsqu’un roi d’Ebla mourrait, il était divinisé et un culte, accompagné de dons d’offrandes, lui était rendu.

La religion éblaïte était influencée à la fois par celle de Mésopotamie et par celle de Levant, comme en témoignent les divinités qui étaient honorées.

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