Enki, dieu sumérien de la sagesse et de l'Abzu

Enki, l'une des divinités majeures du panthéon sumérien, est très présent dans la littérature religieuse et mythologique sumérienne
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De la création de l’homme au récit du déluge, en passant par l’épisode de la transmission des langues aux peuples de la terre, Enki apparait dans de nombreux récits mythologiques majeurs de la littérature sumérienne.

Attributions d’Enki

Enki régnait comme dieu tutélaire de la cité d’Eridu. En tant que l’un des dieux majeurs du panthéon sumérien, ses attributions étaient multiples. Il était le dieu de l’Océan (dieu de l’Abzu: océan qui entourait la terre selon la conception antique du monde, correspondant à Océanos chez les Grecs et les Romains). Il était également le maître des sources et des eaux douces.

Enki était aussi le dieu de la sagesse. Il passait pour être le plus intelligent des dieux. En ce qui concerne sa place au sein des dieux, il était celui qui appliquait les lois promulguées par Enlil, le dieu suprême.

La création de l’humanité

C’est à Enki que les Sumériens attribuaient la création de l’humanité. Le premier homme aurait été modelé dans l’argile. Ce fut Adapa, créé comme le «modèle des hommes». Il était prêtre à Eridu et sa fonction était de pourvoir son maître et créateur en nourriture.

Ensuite, il a aussi assigné un nom à chacune des cinq cités «centre du culte» fondées dans le pays de Sumer: Eridu, Badtibira, Larak, Sippar et Šuruppak, et les a assignées à leurs divinités tutélaires.

« Quand la sublime tiare et le trône royal furent descendus du ciel,

Il (Enki) accomplit les rites et les sublimes lois divines…

Il fonda les 5 cités dans des … lieux consacrés;

Il prononça leur noms, et en fit les centres du culte.

La première de ce cités, Eridu, il la donna au dieu Nudimmud, le Chef;

La deuxième, Bad-tibira, il la donna au dieu …

La troisième, Larak, il la donna au dieu Edurbilhursag ;

La quatrième, Sippar, il la donna au dieu Utu, le Héros ;

La cinquième, Shuruppak, il la donna au dieu-Sud »

Le déluge

Enki, qui avait créé les hommes, fut contrarié par la décision de l’assemblée des dieux, de «détruire la semence du genre humain», par un déluge . Il entra alors en contact avec le très pieux roi Ziousudra (Utanapishtim en akkadien). Il lui donna des instructions pour échapper au déluge en construisant un gigantesque navire, et ainsi sauver l’espèce humaine, mais aussi des plantes et des animaux, de la destruction voulue par les dieux.

L’épisode de «la tour de Babel»

En tant qu’inventeur et protecteur des techniques, des sciences et des arts, c’est Enki qui aurait donné leurs langues aux différents peuples de la terre selon le mythe, qui a inspiré l’épisode biblique de la tour de Babel.

«En ce temps-là, il n’y avait ni serpent, ni scorpion, ni hyène, ni lion, ni chien, ni loup, ni peur, ni crainte, l’être humain ne connaissait pas d’adversaire!

En ce temps-là les pays de Šubur et de Hamazi, dont les langues sont en harmonie, Sumer, la grande montagne aux qualités éminentes, Akkad, la montagne parfaite, le pays d’Amurru, qui repose dans des pâtures, les peuples sujets, dans le monde entier, pouvaient s’adresser à Enlil en une seule langue!

En ce temps-là, en vue de la joute seigneuriale, la joute princière, la joute royale, Enki, en vue de la joute seigneuriale, la joute princière, la joute royale, Enki, le seigneur de l’abondance, dont la parole est droite, l’intelligent seigneur, l’avisé dans le pays, l’expert parmi les dieux, en leur bouche il rendit discordantes les langues, autant qu’il en instituait, or la langue de l’humanité est véritablement une!»

Enki et Ninhursag à Dilmun ou l’épisode du «Jardin d’Eden»

C’est dans le cadre de l’île paradisiaque de Dilmun , que l’on retrouve Enki et la déesse Ninhursag, la mère des dieux. Les deux divinités s’unirent pour donner naissance aux plantes qui peuplent le paradis terrestre de Dilmun. Mais Enki voulut connaître le goût de ces plantes et par ce geste, déclencha la colère de Ninhursag, qui le maudit. Enki tomba alors malade et dépérit, jusqu’au moment où Ninhursag décida de le sauver en créant les remèdes à ses maux.

Bibliographie

GLASSNER (J.-J.), Ecrire à Sumer, l’invention du cunéiforme , Paris, 2000.

KRAMER (S. N.), The Sumerian Delug Myth: Reviewed and revised , dans Anatolian Studies , t. 33, 1983, p. 115-121.

KRAMER (S. N.), L’histoire commence à Sumer , Paris, 1994.

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