Gadir, une ville phénicienne dans le sud de l'Espagne

Gadir (Cadix) fut fondée par les Phéniciens au sud-ouest de l'Espagne pour établir des relations commerciales avec le peuple de Tartessos.
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Durant l’Antiquité, Gadir était constituée de trois îles, qui sont aujourd’hui rattachées à la terre ferme pour former la péninsule de Cadix.

Selon la légende, la cité aurait été fondée par les Phéniciens vers 1100 av. n. ère. Cependant, les plus anciens vestiges archéologiques connus aujourd'hui, ne sont pas antérieurs au VIIIe s. av. n. ère.

L’agglomération urbaine se trouvait sur la petite île au nord, appelée Erytheia par les auteurs anciens. Les nécropoles de l’époque punique (VIe s. av. n. ère) ont été découvertes. Elles étaient au nombre de deux. L’une d’entre elle contenait un sarcophage anthropoïde en marbre. La nécropole archaïque datant des débuts de la présence phénicienne à Gadir, na pas, quant à elle, encore été retrouvée.

Le mythe de fondation

Selon Strabon (III, 5, 5), trois essais furent nécessaires avant que les colons phéniciens trouvent le site propice à la fondation de cette nouvelle ville.

«Sur la fondation de Gadira, voici la tradition qui a cours dans le pays. Un ancien oracle ayant ordonné aux Tyriens d'aller fonder un établissement aux Colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar), une première expédition partit à la découverte des points indiqués : parvenus au détroit de Calpé, les marins qui la composaient prirent pour les extrémités mêmes de la terre habitée et pour le terme des courses d'Hercule les deux promontoires qui forment le détroit, et, se persuadant que c'étaient là les Colonnes dont avait parlé l'oracle, ils jetèrent l'ancre en deçà du détroit, là où s'élève aujourd'hui la ville des Exitans, et offrirent sur ce point de la côte un sacrifice au dieu, mais, les victimes ne s'étant pas trouvées propices, ils durent regagner Tyr. Une seconde expédition, envoyée peu de temps après, dépassa le détroit de 1500 stades environ, et, ayant atteint sur la côte d'Ibérie et près de la ville d'Onoba une île consacrée à Hercule, se crut arrivée là au but désigné par l'oracle ; elle offrit alors un sacrifice au dieu, mais, comme cette fois encore les victimes furent trouvées contraires, l'expédition s'en retourna. Une troisième enfin partit, qui fonda l'établissement de Gadira et bâtit le temple dans la partie orientale de l'île en même temps que la ville dans la partie occidentale.» Strabon, III, 5, 5.

Le temple de Melqart

Au sud de la plus grande des îles, s’élevait le temple de Melqart. Il s’agissait de l’un des sanctuaires les plus renommés, que les Phéniciens avaient élevés à la divinité principale de Tyr, la cité colonisatrice. A Lixus , au Maroc, s'élevait un autre de ces temples de Melqart célèbres durant l'Antiquité.

Selon la description de Philostrate ( Vie d’Apollonios de Tyane , V, 5), le sanctuaire aurait abrité un olivier sacré, ainsi que deux stèles ou autels, comme c’était également le cas dans le temple de Melqart à Tyr, en Phénicie (Liban).

En outre, il y avait un autel en marbre couvert de bas-reliefs, dont certains représentaient les douze travaux d’Hercule. Cet autel a probablement été ajouté plus tardivement dans le sanctuaire, peut-être à l’époque romaine. Par contre, il n’y avait aucune statue cultuelle ou représentation figurée du dieu.

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