La civilisation de l'Indus, au Pakistan

Un foyer de civilisation urbaine datant du IIIe mill. av. n. ère, dans la vallée de l'Indus, a livré les traces d'une écriture encore indéchiffrée.
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En 1856, quelques cachets couverts d’une écriture alors inconnue furent découverts lors de la construction d’une voie de chemin de fer à proximité d’Harappa au Pakistan. Dans les années 1920, des fouilles à Harappa et Mohenjo-Daro menèrent à la découverte d’une nouvelle civilisation dans la vallée de l’Indus.

La civilisation de l’Indus parmi les civilisations de l’Antiquité

La civilisation de l’Indus vécut entre 2500 et 1800 av. n. ère environ. Au cours de son histoire, elle commerça avec la Mésopotamie et la civilisation sumérienne, mais aussi l’Iran, l’Arabie et l’Afghanistan. Il semble qu’elle ait eu accès aux mines de Lapis Lazuli du Badakhshan (Afghanistan).

Un sceau-cylindre akkadien représente ce qui paraît être une ambassade et son interprète. Le personnage étranger est originaire de Meluhha. Cette dénomination apparait aussi dans d’autres documents sumériens et akkadiens, dont une inscription commémorative de Sargon II, et est sans doute le nom donné par les Mésopotamiens à la civilisation de l’Indus. Les marchands de cette contrée exotique fournissaient à la Mésopotamie du bois dur, des animaux rares, des esclaves, de l’or, de la cornaline et autres pierres précieuses, des objets en ivoire, etc.

Dans l’état actuel des recherches, il ne semble pas que des produits d’origine mésopotamienne aient été découverts dans la vallée de l’Indus.

Mohenjo-Daro

Cette ville est la mieux conservée des centres urbains de la civilisation de l’Indus. Elle est donc d’une valeur inestimables pour les archéologues qui étudient l’histoire antique de cette région.

La construction des édifices se faisait principalement en brique crue. La cité de Mohenjo-Daro présente des installations hydrauliques remarquables. Sept cent puits y ont été recensés, alimentant chacun en moyenne trois habitations. Des égouts publics permettaient aussi l’évacuation des eaux usées des maisons.

L’écriture de l’Indus

Plusieurs milliers de cachets/sceaux en stéatite vitrifiée (par cuisson à basse température) ou en pierre, portant des caractères d’une écriture encore indéchiffrée et des représentations animalières probablement sacrées, ont été découverts par les archéologues. Les signes de cette écriture ont aussi été trouvés sur des poteries et des amulettes.

Toutes ces inscriptions sont très courtes, ne dépassant pas quelques signes; il pourrait s’agir dans un certain nombre de cas de noms propres. De plus, aucune bilingue n’a encore été découverte, ce qui complique l’analyse et l’étude, ainsi que l’identification de la langue qu’elle note.

En ce qui concerne la langue inscrite grâce à cette écriture de l’Indus, l’hypothèse la plus convaincante est le dravidien, mais elle ne fait pas encore l’unanimité parmi les chercheurs.

Cette écriture semble compter environ quatre cents signes pictographiques, qui pourraient avoir une valeur idéographique.

La fin de la civilisation de l’Indus

Au début du IIe millénaire av. n. ère, les villes de la civilisation de l’Indus disparaissent et une autre culture semble se développer dans la région. Cette nouvelle civilisation cultive le riz, le millet et le sorgho, contrairement à la période précédente, où l’agriculture était composée de blé et d’orge. C’est lors de cette période de changements, vers 1800 av. n. ère, qu’apparaissent aussi, dans la vallée de l’Indus, le cheval, le chameau de Bactriane et l’âne.

Pour compléter cet article :

Civilisations antiques du Pakistan , Bruxelles, 1989.

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