La place de l'hippodrome d'Istanbul, en Turquie

Les obélisques et la colonne serpentine sont trois des derniers témoins des collections d'art qui peuplaient Constantinople pendant l'Antiquité tardive.
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La construction de l’hippodrome d'Istanbul a été commencée par l’empereur Septime Sévère, à la fin du IIe s. ap. J.-C. , et terminée sous le règne de Constantin le Grand, au IVe s .

Les nombreuses sculptures et monuments qui décoraient la capitale de l’empire romain d’Orient, puis de l’empire Byzantin, ont subit de nombreuses destructions, dont les deux plus importantes furent le sac de la ville lors du passage de la quatrième croisade, en 1204, et la prise de Constantinople par les Ottomans, en 1453.

Malgré les dégâts immenses que ces deux événements tragiques ont causés, l’emplacement du cirque/hippodrome n’a jamais été oublié par l’histoire grâce à deux monuments qui ont survécu et qui se trouvent toujours aujourd’hui sur la place qu’occupait jadis le monument: la colonne serpentine et l’obélisque de Théodose.

La décoration de l'hippodrome dans l'Antiquité tardive

Autrefois, il devait y avoir pas moins de vingt-cinq sculptures et monuments antiques qui ornaient cet édifice de spectacle. La plupart y avaient été amenés pendant le règne de Constantin, plusieurs autres y ont été placés au court du règne de Théodose et de celui de son fils, Arcadius. Il s’agissait de trophées militaires, de sculptures d’animaux réels ou mythiques tels que des sphinx, de divinités païennes, de héros devant servir d’exemple aux compétiteurs du cirque, etc.

La colonne serpentine

Cette colonne faisait partie d’un tripode qui se trouvait précédemment dans le sanctuaire d’Apollon, à Delphes. Il avait été dédié au dieu par les Grecs après la victoire qu’ils avaient remportée sur les Perses lors de la bataille de Platée, en 479 av. notre ère.

Ce monument représentait pour eux le triomphe de la civilisation sur le barbarisme. Le fait d’amener ce tripode à Constantinople devait signifier que la "Nouvelle Rome" devenait la nouvelle protectrice de ces valeurs.

L’obélisque de Théodose

Ce monument en granit rose provient de Karnak, l’antique Thèbes, en Egypte. Il a été réalisé sous le règne de Thoutmosis III (XVIIIe dynastie, XVe s. av. notre ère).

Depuis qu’un obélisque héliopolitain avait été placé dans le Circus Maximus de Rome à l’époque d’Auguste, ce type de monument était devenu une caractéristique à part entière des cirques romains. Pourtant, l’hippodrome de Constantinople ne possédait pas encore d’obélisque au moment de l’accession au trône de Théodose (379). Celui-ci entreprit donc d’en dresser un.

Il fit réaliser un socle en marbre décoré de bas-reliefs représentant l’hippodrome et l’installation de l’obélisque. Il était destiné à servir de base au monument, commémorant ainsi l’œuvre de l’empereur Théodose.

L’obélisque muré

Ce second obélisque a été construit pour être le pendant de l’obélisque thébain de Théodose. En effet, le déplacement d’un obélisque est un travail titanesque, qui ne fut pas reproduit une seconde fois pour la décoration de l’hippodrome de Constantinople.

Cependant, pour que le cirque se rapproche de son modèle de Rome, la construction de l’obélisque muré fut ordonnée au IVe s., mais il n’y a pas de certitude quant à l’empereur qui donna cette directive. Il s'agit probablement de Théodose ou de son fils Arcadius.

Monument moderne: la fontaine de l’empereur Guillaume II

Cette fontaine fut offerte à Istanbul par l’empereur allemand Guillaume II lors d’une visite officielle qu’il réalisa en 1901.

La fontaine, surélevée de quelques marches, est abritée par un petit édifice dont le toit est soutenu par des colonnes et dont le plafond a été décoré avec une mosaïque dorée.

Bibliographie

BASSETT (S.), The urban image of late antique Constantinople , Cambridge, 2004.

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