La pratique du sport dans le monde étrusque

Pugilat (boxe), lutte, athlétisme ... les Etrusques pratiquaient le sport dans le cadre de compétitions privées ou publiques.

Des compétitions sportives publiques étaient organisées lors des cérémonies religieuses, et des compétitions privées avaient lieu lors des funérailles. Les épreuves les plus anciennes qui ont été représentées dans l’art étrusque sont le pugilat et la lutte, sans doute en raison de l’aspect plus primitif de ces affrontements directs.

La course à pied était aussi courante. Le saut en longueur, le lancé du javelot et le lancé du disque étaient aussi pratiqués, même si les représentations sont moins nombreuses.

Le goût des Etrusques pour ces sports leur est probablement venu de leurs contacts avec les Grecs installés dans le sud de l’Italie.

Athlétisme

L’épreuve de course à pied était très souvent représentée. Outre la course classique, inspirée du monde grec, les Etrusques semblent avoir mis au point une variante: la course d’obstacles, qui consistait à courir en enjambant des vases. Une représentation de ce type de compétition figure sur une base conservée à Palerme, mais provenant de Chiusi.

Il existe peu de représentations de saut en longueur, mais cette épreuve était pratiquée. Un fragment de peinture de la tombe della Ciaia y faisait référence.

Des lanceurs de disque sont représentés dans la tombe des Biges de Tarquinia, mais ne sont pas en position de lancé. Sans doute s’agit-il des préparatifs de la compétition.

Une statue en bronze d’un athlète, conservée au Louvre, devait représenté un lanceur de javelot. L’objet tenu dans la main droite du personnage a disparu, mais la position du bras suggère qu’il s’agissait d’un javelot.

Lutte et pugilat

La lutte était représentait selon deux schémas différents. Soit les deux lutteurs étaient penchés en avant, jambes écartées, les têtes se touchant presque et ils se saisissaient mutuellement les avant-bras au niveau des poignets; soit l’un des adversaires était représenté en train de soulever l’autre au-dessus de son épaule. Les représentations les plus fréquentent appartiennent à la première catégorie.

Le pugilat, c’est-à-dire la boxe, est aussi très couramment représenté. Par exemple, il apparait sur une olla (sorte de vase) en bucchero sottile provenant de Véies. Ce vase est aujourd’hui perdu, mais il a heureusement été dessiné en 1839 par S. Campanari. Il avait été daté du dernier tiers du VIIe s. av. n. ère. Il était très important pour les archéologues, car les représentations de compétitions sportives sont très rares dans la décoration de céramique du VIIe s. av. n. ère. La scène illustrait deux pugilistes avec les poings levés très haut et l’objet-récompense entre les deux combattants.

Des pugilistes (deux groupes) et des lutteurs (un groupe) apparaissent sur la décoration du Lébès Barone (vase en bronze) provenant Capoue et conservé au British Museum. Cette œuvre date du Ve s. av. n. ère.

Un arbitre est souvent représenté accompagnant les scènes de compétitions. La récompense destinée au vainqueur faisait aussi souvent partie de la scène représentée. Il pouvait s’agir d’un chaudron sur trépied ou d’un vase par exemple. Les compétitions pouvaient se dérouler en musique, en général au son d’une flûte.

La tombe des Biges et la tombe des Olympiades

Deux tombes de la nécropole de Tarquinia, la tombe des Biges (début Ve s. av. n. ère) et la tombe des Olympiades (deuxième moitié VIe s. av. n. ère), fournissent plusieurs représentations de ces différentes compétitions.

Dans la tombe des Biges, les tribunes de spectateurs sont également représentées.

Bibliographie

BONAMICI (M.), I buccheri con figurazioni graffite , Florence, 1974.

CAMPANARI (S.), Descrizione dei vasi rinvenuti nelle escavazioni fatte nell’Isola Farnese , Rome, 1839.

JANNOT (J.-R.), Les Reliefs archaïques de Chiusi , Rome, 1984.

THUILLIER (J.-P.), "La Frise gravée du lébès Barone de Capoue", dans L'Italie Préromaine et la Rome Républicaine, Mélanges offerts à Jacques Heurgon , Rome, 1976, p. 981-990.

THUILLIER (J.-P.), Les Jeux athlétiques dans la civilisation étrusque , Rome, 1985.

THUILLIER (J.-P.) s. dir., Spectacles sportifs et scéniques dans le monde étrusco-italique , Colloque de Rome 1991, Rome, 1993.

WARDEN (P. G.), An Etruscan bronze group , dans American journal of archaeology , t. 86/2, 1982, p. 233-238.

Sur le même sujet