La première dynastie d'Ur (Sumer) : Mesannepada et sa succession

Cette Iere dynastie aurait été fondée vers 2560 av. n. ère par Mesannepada, qui transforma la petite cité d'Ur en capitale d'un royaume
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Mesannepada a probablement régné environ quarante ans (bien que la liste royale sumérienne lui en attibue quatre-vingt). Il portait à la fois les titres de roi de Kish et de roi d’Ur, comme ce fut le cas de son père avant lui. Par contre cette double royauté ne sembla pas avoir été attribuée à son fils A-annepada.

Le règne de Mesannepada

Mesannepada serait le fils de Meskalamdu, roi de Kish et d’Ur, dont le nom est connu par la nécropole royale d’Ur. Peut-être faudrait-il alors considérer celui-ci comme fondateur de la dynastie?

Lorsqu’il prit le pouvoir, la cité d’Ur (aujourd’hui Tell Muqayyar) occupait une superficie plus petite que les principales cités sumériennes de l’époque (Lagash ou Uruk par exemple). Mais elle disposait d’un avantage considérable, car elle avait un port fluvial sur l’Euphrate. Grâce à cela, Mesannepada développa le commerce maritime avec le golfe arabo-persique, rendant sa cité très prospère.

Ur devint alors la capitale d’un royaume sumérien, incluant la ville de Nippur (Niffer). Mesannepada y fit construire une partie du temple d’Enlil, dieu principal du panthéon sumérien et de la cité de Nippur.

La succession de Mesannepada

A la mort de Mesannepada, son fils A-annepada lui succéda, en tant que roi d’Ur, selon les inscriptions. Il serait le bâtisseur du temple de déesse Ninhursag, considérée comme la mère des dieux, à Obeid, une cité voisine d’Ur, qui faisait partie de son royaume. Les informations sur son règne sont rares et il reste donc obscur pour les historiens modernes.

La liste royale sumérienne cite Meskiagnuna, comme successeur de Mesannepada. Elle lui attribue un règne de trente-six ans. Cependant, il faut parfois se méfier des informations fournies par cette liste, qui a été rédigée très longtemps après les faits, et favoriser la documentation historique, telle que les inscriptions contemporaines de cette dynastie.

La documentation épigraphique fournit encore le nom d’un autre roi de la Ière dynastie d’Ur : Ur-pabilsag. La nécropole royale porte à notre connaissance, outre le nom de Meskalamdu, celui d’un roi nommé Akalamdu et celui d’une reine appelée Pu-abi.

Quant à la liste royale sumérienne, elle ne cite pas les rois connus par l’archéologie, mais elle donne les noms de deux autres souverains : Elulu, à qui elle attribue vingt-cinq ans de règne, et Balulu, qui serait resté trente-six ans sur le trône.

Ces informations très lacunaires témoignent de la difficulté que représente les essais de reconstitution historique pour ces royaumes de la période des dynasties archaïques. Les données se limitent souvent à des noms de personnages, sans autres détails sur les événements qui ont eu lieu sous leur règne, sauf occasionnellement leur dévotion à une divinité à travers les constructions et restaurations de temples qu’ils ont pu mener et commémorer.

Bibliographie

GLASSNER (J.-J.), Ecrire à Sumer, l’invention du cunéiforme , Paris, 2000.

GLASSNER (J.-J.), Chroniques mésopotamiennes , Paris, 1993, p. 137-142.

JACOBSEN (T.), The Sumerian kinglist , Chicago, 1939.

ROUX (G.), La Mésopotamie , Paris, 1995.

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