Le foie de Plaisance et l'art étrusque de la divination

Les Etrusques étaient réputés pour interpréter la volonté des dieux par la lecture des entrailles des animaux.
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Le foie de Plaisance a été retrouvé en 1878, dans la campagne, près de Plaisance, en Italie. C’est une maquette en bronze d’un foie de brebis, destinée à l’étude de la divination, discipline enseignée aux haruspices.

Les haruspices étrusques

Ces prêtres étrusques avaient une grande renommée dans l’Italie préromaine, y compris dans la future capitale de l’empire, Rome, qui a été étrusque pendant une partie de son histoire. Ils appartenaient à quelques familles qui composaient l’aristocratie étrusque. La maîtrise de la science divinatoire, par la lecture et l’interprétation des entrailles des animaux sacrifiés, et en particulier du foie, imposait la connaissance des livres sacrés, qui se transmettaient de père en fils.

Les inscriptions du foie de Plaisance et son utilisation

Pour les Etrusques, le foie était le siège de la vie. Cette croyance rendait l'organe particulièrement important, et son examen (hépatoscopie) semblait le moyen idéal de connaître la volonté des dieux.

Grâce aux inscriptions qui figurent sur le foie en bronze de Plaisance, les chercheurs modernes ont découvert des informations importantes pour tenter de comprendre la religion et les croyances étrusques.

Une des deux faces était divisée en une quarantaine de cases. Parmi elles, seize étaient réparties le long de la bordure et représentaient les différentes parties du ciel. Il y avait huit régions heureuses à l’est de l’axe nord-sud et huit régions négatives à l’ouest de cet axe. Les autres cases contenaient des noms de divinités (exemples: Lasl, Fuflus, Selva, Satres, Cilen, Mar, Tlusc, Herc, Leta, etc.).

L’autre face est divisée en deux parties. Elle porte le nom du soleil ( usils ) sur le lobe gauche et le nom de la lune ( tivr ) sur le lobe droit.

Le foie symbolisait donc l’univers; et chaque divinité est chargée d'une partie de cet univers. Ainsi, si une partie du foie de l’animal sacrifié présentait une anomalie, l’haruspice savait quel dieu envoyait aux hommes un avertissement. Et grâce à la consultation des livres sacrés qui complétait les observations, le prêtre pouvait préciser le type d’avertissement qui était envoyé et quels étaient les rituels à entreprendre pour apaiser la divinité et tenter de conjurer le sort.

Les livres sacrés

Des fragments de livres sacrés étrusques sont connus, mais la méconnaissance de la langue de ce peuple, qui n’est apparentée à aucun groupe linguistique connu, rend actuellement très complexe leur compréhension détaillée. Le meilleur exemple de cette littérature religieuse étrusque est le liber linteus (livre en lin) réutilisé postérieurement pour fabriquer les bandelettes de la momie de Zagreb.

Le foie en argile de Falerii Veteres (Civita Castellana)

Le foie de Plaisance n’est pas le seul exemple connu de reproduction de cet organe chez les Etrusques. Une autre représentation de foie, en argile cette fois, provenant de Falerii Veteres, est conservée à la Villa Giula, à Rome. Elle date du IIIe s. av. n. ère. Moins célèbre que le foie de Plaisance, il ne comporte aucune inscription. Cependant, son utilisation par les haruspices étrusques devait être semblable à celle du foie de Plaisance, c'est-à-dire un outil de formation à la divination.

Bibliographie

Caesarodunum , Acte de la Table ronde "La Divination dans le monde étrusco-italique", Tours, 1985.

ROBERT (J.-N.), Les Etrusques , Paris, 2004.

THUILLIER (J.-P.), Les Etrusques, histoire d’un peuple , Paris, 2003.

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