Le Maabed d'Amrit (Liban) : un sanctuaire phénicien

Ce temple du nord de la Phénicie, organisé autour d'un bassin, d'un portique et d'un naos, était dédié au dieu phénicien Melqart
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Dans l’Antiquité, Amrit faisait partie des territoires continentaux de la cité d’Arados, dont le cœur se trouvait sur l’île d’Arwad.

L’édifice cultuel principal date de l’époque perse (fin VIe s. av. n. ère), mais il fut probablement élevé sur l’emplacement d’un petit sanctuaire antérieur. Il était dédié au dieu Melqart . Eshmoun et Imhotep furent honorés aussi dans ce temple, comme en témoignent des dédicaces et des statuettes représentant un personnage portant la double couronne de Haute et de Basse Egypte ont été identifiées à Imhotep.

L’ensemble architectural et sa décoration

L’ensemble architectural était organisé autour d’un grand bassin de plan presque carré (46,7 x 38,5 m) et d’une profondeur variant entre 3 m et 3,5 m. Un portique encadrait le bassin sur ses côtés sud, est et ouest. Il était soutenu par des colonnes de base carrée de 3 m de hauteur. Il était couronné de merlons, inspirés de l’architecture mésopotamienne.

Au nord, le bassin s’ouvrait sur une rivière. L’entrée du bassin était encadrée de deux tours.

Pendant la période qui a suivi sa construction, le temple a été peuplé de statues qui représentaient Héraclès-Melqart ou des fidèles portant ou non des offrandes. Mais vers le milieu du IVe s. av. n. ère, ces statues furent enlevées, après que le temple ait probablement été profané.

Le naos de l’îlot central

Au centre du bassin, un naos s’élève sur un îlot. Le socle est taillé dans la roche qui forme le sol du bassin. L’architecture est une combinaison d’influences égyptiennes et mésopotamiennes. Il n’est pas possible de déterminer si le naos restait vide ou s’il abritait une statue.

L’importance de l’eau

Comme dans le temple d’Eshmoun de Sidon , qui comptait plusieurs bassins, l’eau jouait un rôle important dans le culte qui était rendu dans le temple d’Amrit. Le lieu de culte devait avoir une fonction thérapeutique.

De nombreux fragments de jarres, de petites fioles, de cruchettes, d’amphores rhodiennes furent retrouvés dans le bassin et témoignent de l’utilisation de l’eau du bassin par les fidèles.

L’eau devait être utilisée à la fois pour être bue et pour faire des ablutions. Il est aussi possible que les fidèles s’y baignaient. L’incubation était peut-être également pratiquée, c’est-à-dire que le fidèle s’endormait à proximité de l’eau et faisait des songes, que les prêtres interprétaient ensuite.

La fin du sanctuaire

Le temple fut détruit par les multiples secousses sismiques qui touchèrent la région au cours de la seconde moitié du IIe s. av. n. ère. Cependant, malgré l’effondrement de l’édifice, le lieu est resté sacré et il fut encore fréquenté jusqu’à l’avènement du christianisme.

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