Les paradis perses : des jardins royaux

Dans chaque satrapie, les Perses entretenaient des jardins connus sous le nom de Paradaida, dans lesquels l'empereur chassait et se détendait.
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L’empereur perse voyageait beaucoup à travers son vaste empire, qui s’étendait de la Méditerranée à l’Inde. Pour lui permettre de s’adonner à ses loisirs au cours de ses déplacements, chaque satrape (gouverneur de province) avait l’obligation d’entretenir un paradis dans la capitale de sa satrapie.

Les Paradis perses

Ces vastes jardins étaient à la fois des lieux d’agrément, de détente et des terrains de chasse dans lesquels vivaient des centaines ou des milliers de fauves et du gibier. Ils comprenaient des plantations, des terres cultivées, des jardins d’agrément, des vergers. Littéralement, en vieux perse, le terme Paradaida signifiait «ayant une clôture de tous les côtés». Les arbres fournissaient une réserve de bois de construction.

L’image du roi jardinier était aussi importante dans l’idéologie du pouvoir, que celle du roi chasseur. En effet, les occupations agricoles et les obligations guerrières apparaissaient comme les plus nécessaires à la prospérité de l’empire.

Le paradis verdoyant, en opposition avec l’aridité des terres qui l’entourait, permet au roi de souligner sa capacité à faire prospérer un territoire qui apparait au départ comme défavorable ou hostile. Le choix de l’emplacement d’un paradis dépendait de l’accès à l’eau, indispensable pour les cultures. Ainsi, il y avait toujours de l’eau dans les paradis (une source, une rivière, etc.).

La végétation et les jardins étaient déjà important dans l’idéologie assyrienne, au cours des siècles qui ont précédé le contrôle des mêmes territoires par les Perses.

La chasse, loisir royal

Le loisir principal du roi perse était sans doute la chasse, exercice dans lequel il pouvait montrer sa puissance, son courage et son habileté. La chasse était également considérée comme une excellente préparation à la guerre.

Au cours d’une partie de chasse, le roi des rois était entouré de sa garde rapprochée, qui devait protéger sa vie, mais la coutume voulait que le roi soit le premier à tuer un animal. Des peines sévères, allant jusqu’à l’exil ou la peine de mort, pouvaient être prononcées à l’encontre de ceux qui n’avaient pas respecté cette règle.

Les animaux chassés étaient d’une grande diversité, allant des lions et autres félins au gibier (bœufs sauvages, lapins, cerfs, sangliers, etc.), en passant par les oiseaux.

Documentation descriptive sur les Paradis perses

Les sources littéraires antiques traitant de la Perse sont nombreuses à mentionner ces paradis (par exemple Xénophon, Arrien, Plutarque), mais elles ne sont pas les seuls témoignages dont disposent l’historien ou l’archéologue pour tenter de restituer ces espaces.

Les documents administratifs perses peuvent compléter ces informations littéraires. Par exemple, P. Briant (p. 457) mentionne une tablette sur laquelle est inscrit un inventaire d’arbres fruitiers (6166 arbres, peut-être sous forme de semences) tels que des cognassiers, poiriers, pommiers, dattiers, mûriers, etc., destinés à trois paradis de la région de Persépolis.

Pour l’époque assyrienne, les représentations de ces jardins sous forme de bas-reliefs existent aussi. Ils sont issus des décorations des palais royaux.

Bibliographie

P. BRIANT, Histoire de l’empire perse, de Cyrus à Alexandre , Paris, 1991.

P. HUYSE, La Perse antique , Paris, 2005 ( Guide Belles Lettres des civilisations ).

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