Mesilim, l'un des plus anciens rois historiques de Sumer

Les plus anciens rois sumériens dont les noms sont conservés étaient de souverains mythiques. Mesilim fut l'un des premiers rois historiques de Kish
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C’est vers 2550 av. n. ère, que Mesilim (Mesalim) était le monarque de la cité sumérienne de Kish, connue aujourd’hui sous les noms de Tell Uheimir et Tell Ingharra, en Irak. Ce site était voisin de Babylone. Pendant la période des dynasties archaïques, au IIIe millénaire av. n. ère, Kish semble avoir été une cité symboliquement importante pour les Sumériens, qui la considéraient comme la première ville à avoir reçu la royauté de la part des dieux, après que les anciennes cités aient été détruites par le Déluge .

A cette époque, les rois de Kish avaient étendu leur autorité sur d’autres villes du sud de la région, formant ainsi un royaume dont Kish était la capitale. Pour cette raison, Mesilim arbitra une dispute entre son vassal, le roi de Lagash, et le roi d’Umma à propos d’une frontière. Il régla le problème en érigeant une stèle à la limite des deux états. Il aurait aussi entrepris la construction du temple du dieu Ningirsu à Girsu (royaume de Lagash).

Mesilim et l’archéologie

Une masse sculptée portant son nom a été mise au jour à Tello, par la mission d’E. de Sarzec. Elle est conservée au Louvre. Ce type d’arme servait au combat, mais était aussi un emblème du pouvoir. L’exemplaire exhumé sur le site de l’antique Girsu (Tello) était un objet votif. Il avait été consacré par Mesilim à Ningirsu, la divinité tutélaire de Girsu. Son nom apparait aussi sur un fragment de bol en calcaire.

L’existence historique de Mesilim est donc attestée par l’épigraphie, bien que ce roi n’apparaisse pas dans les tablettes de la liste royale sumérienne reprenant les noms des rois de Kish, répartis en trois dynasties.

Son palais a peut-être été découvert lors des fouilles menées à Kish par une mission conjointe de l’université d’Oxford et du Field Museum of Natural History de Chicago, entre 1923 et 1932. Il se dressait sur la rive orientale de l’ancien cours de l’Euphrate (le lit du fleuve s’est déplacé au fil des millénaires).

Comme le voulait la pratique architecturale dans cette région, le palais avait été édifié en briques d’argiles. Il se composait de deux corps de bâtiments, divisés chacun en plusieurs salles de tailles variables.

Bibliographie

LUCKENBILL (D. D.), "Two inscriptions of Mesilim", king of Kish, dans American Journal of Semitic languages and literatures , t. 30/3, 1914, p. 219-223.

ROUX (G.), La Mésopotamie , Paris, 1995.

SCHMÖKEL (H.), Sumer et la civilisation sumérienne , Paris, 1964.

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