Septime Sévère et Byzance : entre conflit et restaurations

Byzance fut rasée par l'empereur Septime Sévère à la fin du IIe s. ap. J.-C., qui entreprit ensuite de la reconstruire.

La petite ville grecque du détroit du Bosphore fut fondée au VIIe s. av. n. ère. Selon la légende, c’est un certain Byzas de Megara qui y établit une colonie. L’acropole se trouvait sur la colline aujourd’hui occupée par le palais ottoman de Topkapi, la mosquée Bleue et l’église Sainte-Sophie. La cité occupait une position stratégique pour le commerce.

La guerre civile de la fin du IIe s. ap. J.-C.

Byzance fut détruite, parce qu’au cours de la guerre civile qui fut déclenchée à la mort de l’éphémère empereur Pertinax (193), par laquelle Septime Sévère arriva au pouvoir, la petite cité du Bosphore avait choisit de prendre le parti du gouverneur de Syrie, Pescennius Niger, le rival de Septime Sévère.

Byzance fut assiégée de 193 à 195. Quand la ville tomba après ces deux ans de siège, l’empereur africain prévoyait de combattre un autre rival, Clodius Albinus, en Gaule et voulut donc s’assurer qu’il ne restait plus de foyer d’opposants en Orient. Il fit donc exécuter ceux qui avaient soutenu Niger, et pour punir la cité, il la priva de ses droits politiques, il rasa ses murailles, qui l’avaient protégée pendant la rébellion, et détruisit une partie de ses monuments. Il imposa en outre un tribut aux survivants et confisqua leurs biens.

Par ce comportement inflexible, il comptait donner un exemple aux autres cités qui auraient eu l’intention de s’opposer à lui.

Les constructions du règne de Septime Sévère

Septime Sévère élabora ensuite un programme urbanistique pour la reconstruction de Byzance. Il agrandit la ville au sud-ouest de l’ancienne acropole. Le projet incluait l’hippodrome, une rue à colonnade, une basilique, un forum entouré de portiques ou stoas sur ses quatre côtés, et des thermes connus sous le nom de thermes de Zeuxippos.

Lors de la mort de l’empereur en 211, l’hippodrome et les thermes n’étaient pas encore achevés. Ses fils et héritiers, Caracalla et Geta, trop occupé par leurs querelles fratricides, abandonnèrent le projet, laissant ces édifices incomplets, alors qu’ils auraient dû créer un nouveau pôle d’attraction pour la population byzantine et changer l’apparence de la cité.

L’hippodrome et les thermes furent seulement terminés au IVe s., en tant que parties du complexe monumental construit par Constantin lorsque la ville fut choisie comme nouvelle capitale de l’empire romain.

Bibliographie

BASSETT (S.), The urban image of late antique Constantinople , Cambridge, 2004.

BIRLEY (A.), Septimius Severus, the African Emperor , Londres, New York, 1999.

DAGUET-GAGEY (A.), Septime Sévère, Rome, l’Afrique, l’Orient , Paris, 2000.

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