Tumulus monumentaux de l'Algérie numide

Le Médracen et le Kbour-er-Roumia sont des tombeaux royaux numides de forme circulaire qui se trouvent à Boumia et Tipasa, en Algérie
21 Août

Ces mausolées monumentaux étaient destinés à glorifier le roi et la dynastie régnante à travers des tombeaux inspirés de l’architecture des royaumes hellénistiques. Il était important pour les souverains numides (et maurétaniens) de s’intégrer à cet hellénisme de Méditerranée orientale , malgré le caractère périphérique de leur royaume, afin de compter sur la scène internationale de leur temps.

Le Médracen

Bien que Gabriel Camp ait proposé une datation haute (fin IVe-début IIIe s. av. n. ère), le Médracen date plus probablement de la première moitié IIe s. av. n. ère. Il pourrait être le tombeau de Massinissa ou peut-être celui de son père Gaïa.

Sa forme est celle d’un tambour cylindrique surmonté de gradins. Il mesure 59 m de diamètre. Sa hauteur totale est de 19 m. A la base, le tambour repose sur un soubassement à deux degrés ( krepis ). Le tambour est également décoré avec 60 colonnes doriques engagées.

Au sommet du cône à degrés, se trouve une plateforme de 11,4 m de diamètre, qui était sans doute destinée à accueillir une composition verticale qui pourrait avoir été un groupe sculpté ou un pyramidion.

Sur le tambour, apparaissent trois fausse-portes à architraves égyptiennes, ainsi qu’une véritable entrée, donnant accès à une galerie intérieure droite créée dans la structure bâtie du monument et permettant d’atteindre la chambre sépulcrale au centre du monument. Le plafond de cette galerie était composé de poutres de cèdre, dont 17 exemplaires ont été conservés.

Le « tombeau de la chrétienne » ou Kbour-er-Roumia

Ce monument est daté de la fin IIe s. ou du début Ier s. av. n. ère, correspondant peut-être à l’époque du roi maurétanien Bocchus Ier, qui contrôlait alors une partie la Numidie.

Le tumulus s’élève sur une hauteur de 32,4 m. Il est installé sur un soubassement carré de plus de 63 m de côté, ainsi que sur une krepis circulaire à trois degrés. Le tambour est décoré de 60 colonnes ioniques engagées et de quatre fausse-portes.

Comme dans le cas du Médracen, la plateforme sommitale devait soutenir un couronnement (groupe sculpté ou pyramidion).

Une galerie intérieure, au parcours circulaire, a été creusée en contrebas du monument, pour donner accès à la chambre sépulcrale, qui se trouve au centre de la structure.

Les références architecturales hellénisantes sont bien présentes, mais par rapport au Médracen, toute référence égyptisante a disparu.

Autres mausolées

Outre ces deux monuments cylindriques, d’autres tombeaux numides hellénisants existent et ont été étudiés. Ils appartiennent à une autre catégorie architecturale, appelée monuments-tours. C’est par exemple le cas du mausolée libyco-punique de Dougga (Tunisie), du Souma du Khroub (à proximité de Constantine/Cirta, Algérie) ou encore du monument de de Siga (Takembrit, Algérie).

Bibliographie complémentaire

BOUCHENAKI (M.), Récents travaux dans le domaine libyco-punique en Algérie , dans Rivista di studi Fenici , vol. 1, 1973, p. 217-224.

COARELLI (F.) THÉBERT (Y.), Architecture funéraire et pouvoir: réflexions sur l’hellénisme numide , dans Mélanges de l’École Française de Rome, t. 100, 1988, p. 761-818.

CAMPS (G.), Nouvelles observations sur l’architecture et l’âge du Medracen, mausolée royal de Numidie , dans Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , t. 117, 1973, p. 470-517.

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