L'écriture braille, de Louis Braille aux synthèses vocales

Invention majeure de l'accessibilité de la lecture aux non-voyants, le système braille est aujourd'hui la base des nouvelles techniques de transcription.
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L’écriture braille tient son nom de celui que l’on considère comme son inventeur, Louis Braille, mais saviez-vous que ce principe d’écriture existait déjà avant lui ? En quelle année est né le braille ? Quelles sont les techniques modernes qui se basent sur cette invention pour rendre la lecture de livres ou de sites Internet accessible aux non-voyants ? Les réponses.

Louis Braille, aveugle à 5 ans

L’écriture braille est marquée par le nom de Louis Braille, Français né en 1809, et devenu aveugle à 5 ans suite à un accident avec une serpette dans l’atelier de son père. Connu pour son invention du système d’écriture pour aveugles, il meurt en 1852.

De la sonographie à l’écriture braille

En 1819, Louis Braille entre à l’école pour aveugle, fondée par Valentin Haüy et découvre la sonographie, un système d’écriture phonétique inventé par le capitaine d'artillerie Charles Barbier de la Serre pour que ses soldats puissent communiquer la nuit.

La sonographie consiste en une écriture phonétique de points saillants. Braille trouve le principe pas assez aboutit, et trop complexe (pas d’orthographe mais du phonétique, pas de ponctuation ni de chiffres). Il propose une écriture alphabétique de 64 combinaisons (de 6 points), alors que la sonographie repose sur un système à 12 points, permettant d’écrire les lettres de l’alphabet, les lettres accentuées, les chiffres et la musique.

En 1824, l’alphabet de Louis Braille, qui n’a alors que 15 ans, est achevé. Mais il faudra attendre 1847 pour que des essais d’impression soient réalisés. On expérimente diverses méthodes, car le braille ne peut s’imprimer comme n’importe quel texte.

Principe de l’écriture braille

L’alphabet braille est composé de lettres formées par 1 à 6 points, composées dans des cellules de deux colonnes. Pour les chiffres, il faut savoir qu’il existe deux systèmes. Celui de Braille et celui dit d’Antoine. Le système de Braille est le plus ancien : il s’agit de placer un préfixe devant le signe, pour indiquer qu’il faut le lire en tant que chiffre. Tous les signes suivants seront interprétés par le lecteur comme des chiffres, jusqu’à ce qu’il arrive à un espace.

Le système d’Antoine, simplement constitué d’un préfixe numérique (marqué par le point 6), est celui qui est recommandé de nos jours.

Malgré ce qu’on pourrait penser, l’écriture braille n’est pas universelle, au même titre que la langue des signes (les Français par exemple utilisent la LSF, langue des signes française). Chaque langue parlée est retranscrite par son propre système braille, le français étant basé sur l’alphabet latin (ainsi que les autres langues latines). On trouve donc un braille japonais, cyrillique…

Écriture braille : les techniques d’impression au fil du temps

Il existe plusieurs systèmes d’impression du braille, mais tous ont en commun l’utilisation d’un papier épais, indispensable pour marquer le relief des points et le conserver des années.

Première technique d’impression : la tablette braille, qui fonctionne sur le principe d’un poinçon qui vient creuser le papier pour y marquer les points. Difficulté du système : le braille se lisant en relief et non en creux, il est nécessaire d’écrire en miroir, pour que le creux du poinçon se lise en relief, on commence donc par les signes à droite de la ligne.

En 1951, David Abraham invente la machine à écrire Perkins (produite à partir de 1951), qui permet de ne plus utiliser le principe du miroir. Elle est composée de 6 touches pour les 6 points et d’une touche pour l’espace.

Ultime invention qui facilitera l’impression du système braille : l’embosseuse. Elle est connue également pour donner les titres en relief sur la couverture des grands best-sellers. Avec l’embosseuse, on peut marquer directement le relief sur la feuille de papier.

Aujourd’hui, il existe des transcripteurs automatiques en braille. Un logiciel lit le texte dit « noir » et le traduit. Il suffit ensuite d’imprimer cette traduction à l’aide d’une embosseuse. La lecture est également facilitée par les logiciels de synthèse vocale et la plage braille, une sorte de clavier tactile qui reproduit le toucher du texte lu.

Le braille reste donc aujourd'hui le moyen d'accessibilité aux livres pour aveugles et non-voyants .

Journée mondiale du braille

Chaque année, le 4 janvier est marqué comme Journée mondiale du braille.

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