Augmentations 2012 : ce qui attend les Français

Augmentation des tarifs de transport, assurances, dépenses de santé, TVA à 7 %, indexation des allocations sur la croissance. En 2012, l'addition sera salée
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Avec le début d’année et les bons vœux, arrivent aussi les nouvelles désagréables : 2012 devrait voir s’alourdir certaines de nos factures et réduire un peu plus notre pouvoir d'achat. Voici ce à quoi il faut s’attendre à partir du 1er janvier.

Augmentation des tarifs SNCF, assurances, dépenses de santé

- Transports : avec l’augmentation de la TVA de 5,5 à 7 %, récemment validée par le Conseil Constitutionnel, la SNCF annonce une hausse de 3,2 % sur ses tarifs 2012.

A prévoir : l’augmentation en conséquence des tarifs de transports de marchandises, qui devrait logiquement impacter la grande distribution et notamment les produits qui voyagent par le train. La RATP quant à elle, majore ses tarifs de 1,5 %. Les tarifs des péages autoroutiers devraient augmenter de 2,5 % au 1er février.

- Assurances : l’automobile, l’habitation et les dépenses de santé coûteront plus cher en 2012. En cause pour les habitations : les catastrophes naturelles et les cambriolages en augmentation, qui nous vaudront une surtaxe de 5 %.

Pour les véhicules, il faudra compter de 3 à 7 % d’augmentation des tarifs d’assurance, en raison du coût croissant des pièces détachées, et des dommages corporels.

Côté santé, l’explosion du déremboursement de nombreux médicaments et la hausse des taxes sur les mutuelles aura un effet direct sur leurs tarifs, qui devraient augmenter de 7 %.

Monsieur Caniard, président de la Mutualité française se dit « inquiet pour l’accès aux soins » : de plus en plus de Français vont être amenés à limiter, à différer, voire à renoncer aux soins qui leur seront prescrits. Depuis 3 ans, « 10,4 % de taxes supplémentaires pèsent sur les complémentaires ».

La liste s’allonge avec le secteur du bâtiment dont la TVA passe aussi à 7 %. Conséquence : suppressions d’emplois, diminution d’activité… un défi pour les artisans qui devront juguler la tentation de répercuter de façon exponentielle cette hausse sur leurs devis, sous peine de perdre des clients.

Sont concernés par l’augmentation de la TVA : la restauration, l’hôtellerie, les aides à domicile, les services à la personne, les livres.

Le fuel domestique devrait aussi augmenter en 2012, et par effet boule de neige, les charges locatives.

Gaz et électricité : + 2,9 % pour l’électricité répartis sur l’ensemble de l’année, 4,4 % sur le gaz, dès le 1er janvier.

L'occasion peut-être de s'intéresser de plus près aux énergies renouvelables : quelques équipements judicieusement choisis pour la maison peuvent donner lieu à des économies importantes, sans oublier les réductions d'impôts.

Tabac, boissons sucrées : Après une augmentation de 6 % sur le tabac au 17 octobre 2011, la hausse 2012 portera sur un nouveau + 6 %. La nouvelle taxe sur les sodas contenant édulcorants ou sucres ajoutés fera aussi grimper l’addition au supermarché.

Immobilier : une nouvelle taxe attend les propriétaires de chambres de bonne de moins de 14m2 : ils seront taxés si leur surface est louée plus de 30 à 45 euros le m2 par mois. Cette taxe vient réguler les nombreux abus pratiqués par des propriétaires peu scrupuleux qui profitent de l’explosion de la demande pour surtaxer leurs locataires potentiels, souvent précaires ou étudiants, en particulier dans les grandes villes.

Scellier, plus-values et Prêt à Taux Zéro seront revus : la réduction d’impôt sur le revenu du « Scellier » passe de 22 % à seulement 13 %. Les plus-values sur la cession de biens immobiliers (hors résidence principale) seront davantage taxées. Le Prêt à Taux zéro sera fonction des conditions de ressources, et réservé aux logements neufs.

Salaires, impôts, retraites… pas de quoi se réjouir !

- Salaires : peu de choses à espérer du côté des entreprises privées. Les cadres seront augmentés au compte-gouttes et l’augmentation des salaires au-dessus du SMIC sera laissé à la libre appréciation des entreprises. Attention aux indemnités de rupture de contrat (licenciement ou rupture à l’amiable), qui seront soumises à cotisations sociales au-delà de 72 700 euros.

- Impôts : 15 milliards de hausses d’impôts en 2012 pour les particuliers et les entreprises. Les seuils d’entrée et de sortie des tranches d’imposition ne suivront pas l’inflation. Conséquence : + 2,1 % d’augmentation sur l’impôt sur le revenu, l’ISF et les droits de succession. Une taxe exceptionnelle portant sur le revenu fiscal de référence sera appliquée aux très hauts revenus : 3 % sur ceux compris entre 250 000 et 500 000 euros, 4 % au-delà.

A prévoir aussi : 15 % de coût de rabot sur les niches fiscales.

- CSG : jusqu’en 2011, 97 % des salaires étaient soumis à la CSG et au CRDS. 98 % d’entre eux seront désormais concernés en 2012.

- Retraites : les rentes au-delà de 24 000 euros mensuels se voient attribuer une nouvelle tranche à 21 %, qui s’ajoute à celles en vigueur, à 7 et 14 %. En revanche, les pensions devraient globalement être revalorisées de 2 %, au 1er avril 2012, de même que l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées).

La TVA sociale

Créée en 1954 et payée par tous les consommateurs sur les produits qu'ils achètent, la TVA est actuellement à 3 niveaux : 19,6 %, 5,5 % pour l'alimentation, l'hôtellerie et la restauration, 2,1 % pour les médicaments. 45 % des recettes de l'Etat provient de cette taxe, alors que les impôts ne représentent que 20 %.

Le principe de la TVA sociale est d'augmenter le taux de TVA sur les biens de consommation payés par tous, pour diminuer les charges payées par les entreprises pour financer la protection sociale.

En d'autres termes, la protection sociale serait financée par les consommateurs.

- Avantages pour les entreprises : plus de compétitivité, taxes sur les entreprises plus faibles en France qui devraient freiner la délocalisation et favoriser l'embauche.

I- nconvénients pour le consommateur : une taxe injuste car payée par tous au même niveau, quelque soit le salaire, et le risque d'une diminution de la consommation, d'une baisse de la production, d'une augmentation du chômage.

La hausse annoncée : +1,6 %, qui portera l'actuel taux à 19,6, à 21,2 %.

Revalorisation du SMIC, du RSA et des allocations familiales, maigre consolation ?

Pour démarrer la nouvelle année sans avoir le moral en berne et positiver quelque peu, focalisons sur :

  • l’augmentation du SMIC : 1398,37 euros mensuels bruts, soit un taux horaire de 9,22 euros dès le 1er janvier ;
  • celles du RSA (+1,7 %), qui passera à 474,93 euros pour une personne seule, et à 712,40 euros pour un couple, et des allocations familiales, désormais indexées sur la croissance et non plus sur l’inflation : revalorisation prévue de 1 % (au lieu des 2,3 % attendus) sur les prestations (coût de l’opération : 270 millions d’euros par point, sur le budget de la Sécurité Sociale). A noter : cette revalorisation des prestations familiales prendra effet le 1er avril, et non le 1er janvier. Les allocations logement seront augmentées également de 1 %.
Sources

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