Intoxication alimentaire: les magasins discount sont-ils fiables?

Après une nouvelle intoxication à la bactérie Escherichia Coli dans le Nord,faut-il faire confiance aux hard-discounters? Quels contrôles pour nos aliments?
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Des steaks hachés seraient à l’origine d’une nouvelle intoxication à une nouvelle souche de la bactérie Escherichia Coli dans le Nord de la France, impliquant 7 enfants souffrant du syndrome hémolytique urémique (SHU), débuté par des symptômes identiques : diarrhées parfois sanglantes, douleurs abdominales, vomissements.

Au-delà des atteintes rénales, cette contamination pourrait entraîner des atteints neurologiques pour l’un d’entre eux. Les steaks hachés consommés provenaient tous d’un magasin hard-discount. Ce type d’enseigne est-il vraiment sans danger pour la santé ?

D’où provenaient les steaks incriminés ?

Les steaks de la marque Country consommés par les enfants atteints proviennent de l’entre prise SEB basée à Saint-Dizier, qui les a fabriqués et commercialisés pour LIDL le 11 mai.

90 % des lots suspects ont été distribués sur le Nord de la France. Par précaution, les lots ont tous été retirés de la vente.

Les stea ks hachés ont été fabriqués à partir de viandes provenant d’Italie, d’Allemagne et des Pays-Bas. La bactérie se retrouve dans les intestins des bovins : elle aurait pu contaminer la viande lors de la manipulation des carcasses en provenance des abattoirs. Aucune inquiétude toutefois sur les règles d’hygiène et de contrôle dans ces structures, qui y sont très strictes : avant abattage, l’état de santé des animaux vivants est contrôlé. Idem après abattage, animal par animal, pour chaque carcasse, par les services vétérinaires.

Qu’est-ce qu’un magasin hard-discount ?

Nés en 1948 en Allemagne avec ALDI, les magasins hard-discount ont essaimé dans les autres pays d’Europe à la fin des années 80. Leur principe repose sur une maîtrise des coûts de fonctionnement : présentation basique en cartons d’usine, choix limité, magasins à loyer faible sans décoration, pas de service aux clients, taux de marque bas par rapport aux autres magasins.

Le coût de fabrication faible a une répercussion immédiate sur les prix. De fait, 70 % des Français victimes de la baisse du pouvoir d’achat fréquentent ce type de magasins. Ils consomment majoritairement des plats cuisinés, dont le résultat gustatif est obtenu à l’aide d’arômes artificiels à base de molécules chimiques. Ces produits sont strictement contrôlés et soumis à des tests draconiens.

Qui contrôle la qualité de nos aliments ?

OGM, vache folle, Listeria, Escherichia Coli… s’alimenter sainement et sans risque devient compliqué pour le consommateur. Toutefois, il faut savoir que le nombre d’accidents alimentaires s’est fortement réduit ces dernières années, passant de plusieurs milliers à une centaine par an. Les contrôles accrus des produits alimentaires sont rigoureux et s’effectuent à plusieurs niveaux , notamment par des auto-contrôles effectués par les professionnels, rendus obligatoires par la loi de mai 1998, conçus par le Codex Alimentarius (série de normes internationales mises au point par l’OMS et la FAO).

Les entreprises ne satisfaisant pas à ces contrôles s’exposent à des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la fermeture de l’établissement.

La sécurité alimentaire est une préoccupation majeure des pouvoirs publics (Direction Générale de l’Alimentation notamment), et des professionnels de l’agro-alimentaire.

Les services vétérinaires agissent sur le territoire national et sur les produits importés, en prévention des maladies animales transmissibles à l’homme.

Les services de protection des végétaux s’assurent de leur état sanitaire et exercent des contrôles stricts aux frontières.

Les laboratoires d’analyse agréés par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation réalisent analyses et contrôles, et sont à même d’engager des procédures pénales.

Enfin, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ( ANSES ) dispose d’un champ de compétences qui la place en tête des structures de sécurité sanitaire en Europe.

Les magasins hard-discount sont-ils fiables pour la santé du consommateur ?

Les discounters sont soumis aux mêmes règles de contrôle que n’importe quel type de magasin alimentaire. Si les doutes subsistent dans l’esprit du consommateur lequel, logiquement, a bien conscience que « tirer sur les marges » induit un appel à matières premières de moindre qualité, ces dernières sont tout autant contrôlées, et ce, à toutes les étapes de leur transformation.

Pas d’inquiétude donc, ni de paranoïa au regard de ces magasins qui respectent les règles et sont soumis aux mêmes contrôles que leurs concurrents.

Par ailleurs, de nouvelles intoxications signalées les derniers jours de juin dans la région de Bordeaux, sans lien apparent avec un approvisionnement des personnes touchées, des adultes cette fois, en magasins hard-discount, renforcent le constat. Les magasins hard-discount ne sont pas plus à risque pour la santé que n'importe quelle autre structure de vente, de l'hypermarché au détaillant.

Les règles d’hygiène indispensables pour garantir sa sécurité alimentaire

Un rappel pour qui en douterait encore : le lavage des mains est primordial avant toute préparation culinaire, avant de passer à table, au retour à la maison, après un passage aux toilettes.

Les légumes et fruits doivent être soigneusement lavés ainsi que les plans de travail, entre chaque manipulation des primeurs et des denrées animales.

Les aliments doivent être conservés impérativement au froid, et consommés rapidement après leur préparation. Une vigilance particulière doit être apportée à la viande hachée qui se détériore vite et est donc considérée comme un aliment à risque pour les personnes fragiles, enfants et personnes âgées. Pour ces catégories de population, la viande doit être cuite à cœur. Rappel : la bactérie Escherichia Coli est détruite à une température supérieure à 65°.

Attention au poisson qui, contrairement à certaines idées reçues, ne se conserve pas et doit être consommé le jour de son achat.

Apprendre à décrypter les étiquettes doit devenir un réflexe pour le consommateur : elles sont une mine d’information pour comprendre la composition de nos aliments. Entre mentions obligatoires et facultatives, faites le point sur vos connaissances et complétez vos lacunes sur le site Doctissimo par exemple, qui vous informe de façon exhaustive sur tout ce que vous devez savoir avant d’acheter.

Enfin, et s’il était besoin de le rappeler : la chaîne du froid doit être respectée. Ne jamais recongeler un produit dégelé, protéger les denrées périssables en les mettant au réfrigérateur dans des contenants appropriés dès le retour du marché, primeurs lavés et séchés au préalable. Consommer rapidement les produits déjà cuisinés.

Plus d’infos :

www.sante.gouv.fr : info ministère sur les aspects sanitaires au numéro Indigo suivant :

0820 03 33 33

Numéro vert société LIDL : 0800 00 54 35

Numéro vert société SEB : 0800 802 511

Sources : ministère de la Santé, Wikipedia

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