Le Judaïsme au quotidien : prières, alimentation, symboles

Véritable « façon de vivre », le Judaïsme s'appuie sur le respect des Mitzvot, la prière, les objets symboliques, kippa, menora, la casherout... Décryptage
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La foi, dans le Judaïsme, s’inscrit dans les actes avant de s’inscrire dans les croyances, et se définit par la notion de persévérance. Il s’agit de respecter les rites et un ensemble de pratiques au jour le jour, et d’adopter des règles de vie qui confortent l’appartenance à la communauté : manger casher, obéir aux Commandements, les Mitzvot, prier, seul ou à la synagogue…

La possession et l'usage régulier de certains objets, accessoires du vêtement ou de la maison, kippa ou menora par exemple, est hautement symbolique et chargée de significations. Retour sur ces pratiques quotidiennes qui accompagnent l’engagement religieux.

Les Mitzvot, la prière, l’office

Les Commandements, ou Mitzvot, sont au nombre de 613. Les plus connus sont ceux reçus par Moïse dans le Sinaï, communément appelés les « 10 Commandements » : « Je suis l’Eternel ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte…. », « Tu n’auras pas d’autre dieu devant Moi… », « Tu n’invoqueras pas le nom de l’Eternel en vain… », « Honore ton père et ta mère… ». Mais il en existe 603 autres, répartis entre obligations (248) et interdits (365).

Parmi les obligations : croire en Dieu, aimer Dieu, étudier la Torah, aller à la synagogue, dire la bénédiction après les repas, se reposer le jour du Shabbat, jeûner durant Kippour, pratiquer la charité…

Parmi les interdits : vénérer d’autres Dieux, pénétrer dans le sanctuaire en n’étant pas en bonne santé, consommer un animal impur, éviter l’aumône, consommer des produits fermentés durant la Pâque…

Lorsque la vie humaine est en jeu, on est dispensé des Mitzvot : sauver sa vie ou celle d’autrui est plus important!

La prière permet de se relier à la « Présence Universelle ». Associée aux bénédictions régulières, elle doit être effectuée en pleine conscience, dans une « intention juste », et non de façon automatique. Dans le cadre communautaire, elle comprend toujours et à minima :

- le Shema, qui comprend 3 passages de la Torah, et ses bénédictions

- l’Amidah ou principale prière de l’office, et ses 19 bénédictions

- la lecture de la Torah

- l’Aleinou qui affirme l’unicité de Dieu

- le Kaddish, prière en araméen qui exprime une louange à Dieu, et en appelle à l’instauration de son royaume sur terre.

La purification (la « Taharah »), est partie intégrante de la pratique du Judaïsme au quotidien : issue des prescriptions bibliques, elle impose d’être soi-même pur pour participer aux rites. L’eau apporte cette purification : les communautés juives disposent souvent d’un « mikvé », un bain rituel comprenant de l’eau de pluie, dans lequel peuvent s’immerger les femmes, notamment après leurs menstruations, et les futurs mariés avant la cérémonie de mariage. Il s’agit d’une purification spirituelle, également observée par certains avant le Shabbat .

La Casherout, ou les lois alimentaires du Judaïsme

L'alimentation cacher est un ensemble de lois alimentaires très complexes pour un profane, et parfois même pour les membres de la communauté juive… parmi les principales lois de la Casherout, on peut noter, concernant les animaux, l’obligation de consommer uniquement un ruminant au sabot fendu, ou un poisson possédant écailles et nageoires, et les produits issus de ces animaux, garants de pureté.

Les animaux doivent être abattus par une personne habilitée qui évitera de les faire souffrir inutilement car la vie est sacrée. La viande doit être cachérisée, c’est-à-dire débarrassée de toute trace de sang, lavée et séchée. Viande et produits laitiers ne seront pas consommés au cours du même repas.

La Casherout s’étend aux ustensiles et à la vaisselle, et même à tout ce qui entre en contact avec ce qui est consommé par la bouche. Il s’agit d’une véritable discipline alimentaire, qui permet à la fois de distinguer un groupe ethnique d’un autre, et de démontrer l’importance du libre arbitre dans les choix de vie et les comportements.

Les objets du quotidien : kippa, menora, mezouzah, tefillin…

La garde-robe n’est pas liée à la Loi mais aux coutumes : porter un caftan et un chapeau noir, ou encore une étoile de David au cou est donc un libre choix. En revanche, le port de la kippa, signe de respect, est très important : certains la portent en permanence, d’autres, seulement durant les prières.

Il est écrit dans les « Nombres » (l’un des 5 « livres de Moïse », ou Pentateuque), que les Juifs doivent porter des franges (tzitzit), pour penser à Dieu et aux Commandements. C’est la raison pour laquelle le Talith, châle de prière, est garni de franges.

Les Tefillin sont des petites boîtes de cuir contenant des passages de la Torah. Elles se fixent à la tête et aux bras, à l’aide de lanières de cuir. En portant les Tefillin, on offre à Dieu ses pensées et ses actions.

La mezouzah est un étui contenant un parchemin manuscrit, comprenant des extraits de la Torah, dont le Shema. Elle se place généralement à la porte d’entrée : on la touche en franchissant le seuil, puis on embrasse ses doigts en signe de respect.

La menora est un symbole très ancien, rattaché au Temple de Jérusalem. Ce chandelier à 7 branches est allumé le vendredi soir, lors du Shabbat.

A lire aussi : Fêtes juives dans le calendrier hébraïque - 1ère partie

Fêtes juives dans le calendrier hébraïque - 2e partie

Sources : le Judaïsme pour les Nuls - FIRST Editions

Wikipedia

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