Légendes et mythes du Nord-Pas-de-Calais

Depuis les invasions barbares au Moyen-Âge, les cités du Nord se sont construites autour de personnages légendaires, tel le Reuze de Dunkerque, célébré lors du carnaval.
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Terre de passage et d'invasions, le Nord-Pas-de-Calais est indissociable de ses géants, personnages mythiques qui paradent dans leurs villes à l'occasion du carnaval . Mais la région fourmille aussi de récits issus du Moyen-Âge, des croisades, et de son évangélisation dans des temps bien plus anciens.


Petite histoire des géants du Nord, protecteurs des cités

Les Géants existent…dans le Nord Pas-de-Calais. Ils sont des êtres humains à part entière, prennent femmes et enfants, siègent aux portes des conseils municipaux, sortent au moins une fois l’an lors de fêtes mémorables où la foule les acclame.

Un grand nombre, sur les 300 existants, est lié à la fondation d'une cité ou à un événement de son histoire. Ils font partie du quotidien des habitants, sont les symboles du Carnaval, entraînent la foule en liesse dans la danse, et portent des noms : le Gayant, Barbari le Seringueux, P’tit Frère, Gargantua, Henri le Douanier, Reuze papa, Reuze maman et le monstre Bouzouc, souvenir d’un crocodile ramené des Croisades…

D’autres éléments les accompagnent dans leurs sorties, qui peuvent être uniques dans l’année, mais aussi multiples : les chevaux-jupons, les diables, les Hommes de feuilles, éléments liés au folklore local.

Le géant est baptisé, cérémonie qui donne prétexte, une fois de plus, à une liesse populaire. Autres géants et humains se partagent la fonction de parrains et marraines.

Le géant se marie, on publie même les bans !

Géants de processions ou de cortèges, ces personnages uniques sont intimement liés aux légendes locales, aux métiers, à des personnages réels ou imaginaires.

Ainsi le Reuze de Dunkerque, un géant venu de Scandinavie qui aurait commencé par terroriser les villes du Nord, ripaillant avec ses camarades, abusant des filles et mangeant les petits enfants. S’étant mortellement blessé par accident, il fut sauvé par Saint-Eloi qui s’enferma avec lui plusieurs jours et le métamorphosa en un véritable agneau. Le Reuze avait gardé sa taille colossale mais se prit d’amitié pour les gens du pays qu’il avait tant tourmentés. Il se maria, et consacra sa vie à bâtir des remparts pour protéger la ville, à utiliser sa force et son discours pour prévenir les habitants de multiples fléaux. On le regretta tant à sa mort qu’on construisit un mannequin à son effigie. Et c’est ainsi que chaque année au moment du carnaval, Dunkerque fête son légendaire géant.

La légende de la dentelle

Pays de la dentelle de Calais, le Nord en détient aussi sa légende : Jauque, une jeune paysanne, aurait rencontré la fée du lin qui serait venue à son aide une nuit où elle s’était perdue dans la forêt, en lui délivrant le secret de la dentelle. La pluie se serait mise à tomber, puis aurait givré le long des arbres, formant de longs fils de cristal que la jeune fille aurait tenté de reproduire avec sa quenouille et des fils du lin cultivé par ses parents. Parvenue à ses fins, elle aurait couru montrer son œuvre, un napperon, au couvent et au château voisins. Ainsi seraient nés les points de cloître et le point monastique, le point à l’aiguille et le doux filet, puis plus tard, le point de Malines, la guipure et la dentelle aux fuseaux.

Les Cucurbitades, fêtes de la courge et de la sorcellerie…

En 1679, l’un des derniers procès en sorcellerie de France envoyait au bûcher Péronne Goguillon et 4 autres femmes, dont sa propre fille.

C’était à Marchiennes, petite localité du Nord.

Chaque premier dimanche d’octobre depuis 1991, l’Office de tourisme organise les Cucurbitades, fêtes de la courge et de la sorcellerie, sur les vestiges de l’ancienne abbaye du VIIe siècle, détruite lors de la Révolution.

Ce jour là, les sorcières sont de retour, pour le plus grand plaisir des 30 000 spectateurs, réunis pour recevoir pièces de chocolat et d’or et admirer le travail des artisans.

Potirons, giraumons, pâtissons et potimarrons réunissent près de 400 variétés de courges que l’on peut acheter au grand marché des cucurbitacées.

Spectacles de rue, fêtes poétiques et culturelles ponctuent la journée. A la nuit tombée, le bûcher s’embrase.

Sainte Saturnine

Sainte Saturnine est la protectrice du bétail : elle aurait fui le déshonneur qu’aurait voulu lui infliger un prétendant éconduit. Pour se venger, il lui aurait tranché la tête d’un coup d’épée, mais se serait noyé peu après avec sa monture, englouti par une source dont les eaux sont depuis réputées bienfaisantes. On en enduit encore le museau des bêtes que l’on veut protéger de la maladie.

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